En arrivant au Sri Lanka, nous ne savions pas que nous étions à l’aube de la nouvelle année, l’Avuruddha. De la terrasse de notre bungalow (guesthouse Dilara Resort), nous entendons des bruits de pétards dans le quartier. Sajee nous explique que les pétards, les feux d’artifice et les feux de Bengale sont traditionnellement utilisés pour fêter la nouvelle année. Avec un grand sourire, elle nous invite à la suivre chez Achala qui habite à quelques mètres dans la même rue. Achala nous accueille les bras ouverts et nous propose des mets sucrés spécialement préparés pour la fête. Je profite de l’occasion pour lui poser des questions sur le Nouvel An. J’apprends donc qu’il est fêté entre le 12 et le 15 avril et qu’il correspond à la nouvelle année cinghalaise et tamoule : Aluth Avurudda (en cinghalais, de religion bouddhiste) ou le Puthandu (en Tamoul, de religion hindouïste). Pendant cette période, les deux communautés partagent les mêmes coutumes et traditions ancestrales. Lors de cette grande fête nationale, la coutume veut que l’on cuisine une variété de plats traditionnels et que l’on fasse bouillir le lait en le laissant déborder, pour la chance et la prospérité. C’est beau, non ? PHOTO 1 PHOTO 7 PHOTO 9

Le tuk-tuk klaxonne devant la guesthouse pour nous prévenir qu’il faut partir. Nous nous hâtons jusqu’à lui, contents de concrétiser le projet d’aller voir les baleines bleues. Il roule jusqu’au port de pêche, là où nous devons embarquer. Des touristes sont rassemblés sur le quai et attendent leur tour pour monter à bord. Je suis surprise d’en voir autant. Thierry et moi sommes perplexes : comment peuvent-ils être aussi sûrs de voir des baleines ? Nous savons que l’Océan Indien abrite une faune incroyable, mais comment font-ils pour repérer les baleines ? Les questions se bousculent dans ma tête, et apparemment pas que dans la mienne, car Thierry me souffle à l’oreille : « Au pire, nous faisons une balade en mer ». Restons positifs. DSCN9064IMG_5054Sur le bateau, l’équipage distribue des gilets de sauvetage que tout le monde enfile sans mot dire. Quand je pense que la baleine est le plus gros mammifère de la planète, je me dis que ce bateau de pêche reconverti en bateau de tourisme ne doit pas peser lourd à côté de l’animal… Alors que je me pose mille questions, un homme de l’équipage passe parmi les passagers pour distribuer du gâteau aux épices (un gâteau tout simplement délicieux, un peu l’équivalent du pain d’épices que l’on trouve partout en France, mais fait maison). IMG_5078Alors que je savoure ma dernière bouchée, je note une effervescence parmi les passagers. Le bateau qui voguait tranquillement commence à prendre de la vitesse. Des dauphins sont en vue, et les trois quarts des touristes quittent leur siège pour se ruer au même endroit. Tous s’ignorent, se piétinent, se bousculent, c’est à celui qui fera le plus beau film ou la plus belle photo. Derrière nous, j’aperçois deux autres bateaux identiques, remplis de touristes, qui arrivent à pleine vitesse. A partir de ce moment, la soi-disant observation se transforme en traque à l’animal. J’ai l’impression d’être dans un safari ou dans une course poursuite, le charme est complètement rompu. Je pense aux animaux traqués, affolés et obligés de fuir les bateaux qui les approchent trop près. IMG_5099Lorsque la première baleine apparaît, il nous est très difficile de l’apercevoir à cause de la montagne d’individus (malpolis) qui se vautrent l’un sur l’autre pour être les premiers à voir LA baleine. Heureusement pour nous, les cétacés nagent rapidement et nous pouvons nous aussi les observer de notre côté. IMG_5104 IMG_5118 IMG_5119 IMG_5122Les trois bateaux d’observation repartent moteurs hurlants dès qu’ils aperçoivent un « bout » d’animal. C’est très spécial ! Je suis mitigée entre l’expérience inoubliable de voir les baleines bleues et la façon dont ça se passe vraiment. Mais existe-t-il une autre façon d’observer les baleines ? IMG_5113IMG_5114IMG_5116IMG_5118IMG_5120IMG_5138IMG_5106Sur le retour, le capitaine décide d’arrêter son bateau en pleine mer pour permettre à ceux qui le souhaitent de plonger dans l’océan. Puis des membres de l’équipage se mettent à tambouriner sur les parois du bateaux sous les yeux amusés des passagers. Nous rentrons au port de Mirissa dans une ambiance très joyeuse, comme je les aime. IMG_5144 IMG_5163 IMG_5168 IMG_5170 IMG_5174 J’ai cherché sur le net de quand datait l’observation des baleines à Mirissa, et il se trouve que c’est devenu une attraction touristique depuis 2006, suite à la découverte par les scientifiques du chemin migratoire des baleines bleues qui longent les côtes méridionales du Sri Lanka. Mirissa est ainsi reconnue comme l’un des meilleurs spots d’observation des baleines bleues au monde.

« Thalassa » – French documentary about Sri Lanka…

Dans ce document, vous pouvez suivre la journaliste sur un bateau d’observation à Mirissa. En réalité, cela n’est pas aussi idyllique, malheureusement.

 Planète Océan [FR] Yann Arthus-Bertrand – le film Full HD

 

C’est en rentrant d’une promenade sur la plage que je découvre par hasard les jolis dessins des enfants d’Amed (Bali). Dans la lumière tamisée du soir, filles et garçons alignent dans le sable des petites pierres les unes à côté des autres, de façon à former le plan d’une maison. Comme ils n’ont ni papier ni crayons de couleur, ils dessinent leurs rêves dans le sable à l’aide de petits cailloux. Tout est magnifiquement pensé, les cloisons et même les meubles. Quel joli spectacle que de voir des enfants passionnés par leur jeu, c’est à peine s’ils remarquent ma présence tant ils sont concentrés à créer leur monde.

IMG_4923Assise un peu à l’écart, je les regarde s’amuser et rire ensemble. Ils finissent par m’inviter « chez eux », et je me sens privilégiée et honorée. Ils m’expliquent que ce petit morceau de brique est un canapé, et que cette « tige » de corail blanc est tout simplement un bonhomme. Je suis si émerveillée devant ces trésors d’imagination que je leur demande l’autorisation de capturer quelques images de leur chef-d’œuvre. Dans leurs yeux malicieux, je lis de la fierté, mais aussi un bonheur absolu, celui qu’offre la richesse d’une imagination fertile, pure et belle.

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CaptureAmed, c’est d’abord une atmosphère. Il y a son volcan qui domine tout le paysage, sa mer bleue marine où voguent les prahus, ses collines de jungle aux pieds desquelles s’étalent les rizières, et puis cette plage, un peu spéciale, qu’on aime ou qu’on déteste, avec ses gros galets cendrés et son sable qui ressemble à du marc de café mouillé. A Amed, c’est un peu le bout du monde que je suis venue chercher. J’aime ça, la solitude parfois. DSCN8920DSCN8934DSCN8984Amed n’a pas vraiment changé depuis 10 ans. Sur la plage, je marche tête baissée pour éviter de me tordre les chevilles. Et puis j’ai mal sous la plante des pieds, mais je résiste. Après les douces rizières, me voilà au milieu d’une terre presque inhospitalière avec ce géant de volcan au nom barbare, Agung, et sa mer chaude qui paraît si froide. Bali est ainsi, Bali est unique, terre de contrastes, île bénie des Dieux, où la force de la nature a sculpté des paysages tourmentés et sereins à la fois.

DSCN8985Entre les prahus, je partage désormais la plage avec les poules et les cochons qui fouillent ensemble les déchets ramenés par les vagues. C’est vrai que la plage est encombrée de toute sorte de choses et personne ici n’a vraiment l’air de s’en soucier. Ni les locaux, ni les touristes. J’aperçois des petits paniers trempés aux offrandes défraîchies. J’hésite à les ramasser pour les sauver des vagues agressives. Et puis, non, je les laisse au milieu des plastiques, des ampoules et des déodorants, et je continue ma route suivie par des chiens sans collier, libres comme l’air. DSCN8924Comme dirait mon ami Patrice, c’est l’heure de la lumière bleue : ce n’est ni le jour, ni la nuit, c’est le bleu. Le soleil est tombé dans le volcan, et les enfants se baignent en slip dans des rires joyeux. Les plus grands chassent le crabe sous les yeux fiers de leur père, tandis que les mamans assises dans le sable regardent leurs filles devenir femme. Comme la vie dure semble paisible. C’est à ne rien y comprendre… Les gens n’ont rien mais ils ont tout. DSCN8868DSCN8862DSCN8865DSCN8875

Thierry et Théophile se passionnent pour le monde sous-marin et ne veulent pas quitter Amed sans avoir tenté le niveau 1 de l’Open Water Diver. CaptureLa SSI (Scuba School International) est une association internationale qui permet de prendre des cours de plongée sous-marine. Les garçons décident de reprendre des cours et de faire 6 plongées pour obtenir le premier niveau de plongeur. Pour l’examen, ils ont besoin de potasser un livre spécialisé. Avec leur carte SSI Open Water, ils pourront plonger un peu partout dans le monde jusqu’à 18 mètres de profondeur. GOPR1143La montre de plongée indique en autres la profondeur (9.9m) et la température de l’eau (30°C).

GOPR1120GOPR1301Théophile (14 ans) s’est rapidement adapté à ce nouvel univers, comme si – en fait – c’était une évidence d’être là.

GOPR1296GOPR1270GOPR1263GOPR1258GOPR1178GOPR1176GOPR1175Bravo Théophile ! Tu as bien mérité ta carte de plongeur ! Félicitations à l’équipe gagnante…

GOPR1167GOPR1166GOPR1306GOPR1307GOPR1311Merci aussi aux instructeurs de Fun Divers Resort, et particulièrement à Valérie et Franck.

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DSCN8858 (2) DSCN8860 (3) DSCN8882 (2)Arrivés avant-hier à l’hôtel Fun Divers Resort d’Amed, nous sommes installés dans un grand bungalow de deux chambres dont une en mezzanine. La plage se trouve à 2 minutes à pied. Comme son nom l’indique, l’hôtel est orienté plongée sous-marine et dispose d’une grande piscine pour les exercices de base avant la plongée en pleine mer. Les instructeurs, très sympathiques, logent aussi sur place. Thierry et Théophile, après avoir pris quelques informations, décident de sauter le pas. Les formateurs Valérie (originaire de Menton) et Franck (Allemagne) les prennent en charge pour le premier cours. C’est au son du coq qu’ils démarrent leur première leçon ! Pour l’ambiance, une toute petite vidéo est disponible ici : Cours de plongée

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Après une heure d’exercices en bassin, un baptême est prévu le lendemain matin. Au programme, une plongée à Tulamben avec la découverte de l’épave du Liberty, un cargo américain torpillé en 1942. Redécouvert dans les années 1980, l’épave est probablement le spot de plongée le plus populaire de l’île. La carcasse du bateau abrite une multitude de poissons, d’hippocampes, de murènes, de coraux, etc. GOPR0998 GOPR1002GOPR1019GOPR1029GOPR1031GOPR1048GOPR1059GOPR1067GOPR1072GOPR1086GOPR1093

Sur la route qui mène à Amed, nous faisons une pause rafraîchissante dans la région de Karangasem. Nous avons prévu de visiter les jardins d’un magnifique Palais d’eau, le Taman Tirta Gangga. A l’entrée, un Balinais se propose de nous guider et de nous donner quelques informations sur le lieu. IMG_4830La construction du palais remonte à 1946 et a été décidée par le raja d’Amlapura. Son nom « Tirta Gangga » signifie « eaux du Gange » en l’honneur de la culture hindouiste. Le Palais a été très endommagé par l’éruption du volcan Agung en 1963, puis plus tard, lors des événements politiques qui ont secoué l’Indonésie, et Bali deux ans après. Depuis, tout a été soigneusement reconstruit à l’identique.

IMG_4832 IMG_4841 IMG_4844 IMG_4845 IMG_4853Les fontaines, les sculptures et les statues ornent magnifiquement ce jardin. De plus, il est possible de se baigner dans le grand bassin.

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IMG_4872La zone autour de Tirta Gangga est remarquable pour ses rizières en terrasses… Et nous, on ne s’en lasse vraiment pas ! IMG_4888

DSCN8746Sur les conseils du personnel de l’hôtel, nous partons ce matin nous balader sur Campuhan Ridge, désigné comme étant la colline « de l’amour » par les Balinais. Il semblerait que les jeunes amoureux aiment s’y promener le matin ou en fin d’après-midi, main dans la main et surtout loin des regards. Ce petit trek d’environ neuf kilomètres aller/retour ne demande pas d’efforts particuliers, sinon celui de prendre de l’eau et une casquette, car le petit chemin bétonné n’est pas toujours ombragé.  DSCN8757 IMG_4779DSCN8763DSCN8749Pour accéder à ce petit havre de paix à partir de Penestanan, il faut traverser le pont qui enjambe la rivière Campuhan, puis prendre à gauche le petit chemin qui mène au temple Pura Gunung Lebah.

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DSCN8739DSCN8742IMG_4777IMG_4778IMG_4781A quelques centaines de mètres du temple, la vue s’élargit sur les vastes collines verdoyantes qui forment l’arrière-pays de cette jolie vallée. Plus loin, les rizières s’étendent à perte de vue. C’est super beau !

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CaptureUbud est connue pour être la capitale culturelle de Bali, et l’on peut facilement pousser la curiosité en allant à Mas, un village traditionnel dédié à la sculpture sur bois, situé à seulement quelques kilomètres. Le plus difficile est de choisir l’endroit où l’on a envie de s’arrêter, car les ateliers ne manquent pas. Thierry et moi choisissons d’y aller un matin en taxi, avant que le soleil ne soit trop dur. Le chauffeur se gare sur le parking d’un grand atelier-boutique. DSCN8699 DSCN8700Quelques touristes sont déjà sur place, c’est sûrement une adresse bien référencée. Comment dénicher « la perle rare » au beau milieu de centaines de statuettes en teck ou autre essence de bois ? Pas facile. De plus, le côté « Too much » de certaines pièces exposées – trop sculptées ou trop sophistiquées – nous confirme dans l’idée que ce n’est pas un endroit pour nous. Nous stoppons net le commerçant « super glue » qui ne nous a pas quittés d’une semelle et sortons pour respirer enfin.

Alors que nous regagnons la voiture, notre regard est attiré par un entrepôt, situé de l’autre côté de la rue. De grands morceaux de bois brut sont exposés à l’entrée. Tout pour nous plaire. Le magasin s’appelle Alit Wood (Jl Raya, Mas, Ubud, Bali).

DSCN8706 DSCN8707Nous craquons littéralement pour des pièces brutes en teck, remplies de petites imperfections. Je laisse le soin à Thierry de choisir les plus belles pièces selon nos critères. Le commerçant, fort discret, ne nous met aucune pression, nous laisse toucher la marchandise et choisir tranquillement. Le taximan nous a rejoints et nous regarde un peu perplexe nous extasier devant des morceaux de bois. DSCN8701DSCN8705DSCN8703DSCN8702Un peu plus tard, nous nous rendons à l’atelier du peintre I ketut Soki à Penestanan qui n’est autre que le père de notre chauffeur de taxi. C’est un monsieur très solaire qui nous reçoit chez lui. IMG_4758

DSCN8719DSCN8720Ce peintre balinais, né en 1946, est un artiste qui expose dans de nombreuses galeries d’art. Son histoire est très belle… Elle a démarré lorsque enfant, il a eu l’opportunité de recevoir des leçons d’art du célèbre artiste Arie Smit, l’un des fondateurs du mouvement « Jeunes Artistes ».


Tout a commencé en 1960, lorsqu’Arie Smit se promène dans les rizières de Penestanan, à Bali. Il fait la rencontre d’un jeune garçon – I Nyoman Cakra – en train de dessiner dans la terre sableuse. Smit l’invite alors dans son atelier et lui donne des crayons et du papier. Comme I Nyoman Cakra ne souhaite pas resté seul, il demande à Smit si son neveu peut l’accompagner ? Son neveu n’est autre que I Ketut Soki en personne. C’est ainsi que les deux jeunes deviendront les premiers élèves de Smit.     DSCN8715Pour voir plus d’œuvres d’art de I Ketut Soki, rendez vous sur son site officiel à l’adresse www.ketutsoki.com

IMG_4754IMG_4752Nous tombons sous le charme d’une peinture naïve, très colorée à l’image de notre voyage. Qui aurait cru ce matin en nous levant que nous allions acheter d’aussi jolies choses ! IMG_4756 IMG_4757

Dans la région d’Ubud à Bali, Théophile et Thierry ont profité d’une sortie rafting pour se rafraîchir un peu… 20150328_133138 20150328_134335Descendre la rivière Ayung est l’occasion de découvrir Bali autrement. La nature luxuriante borde les rives et l’on peut observer de très beaux oiseaux.

GOPR0947Pour accéder à la rivière, il faut descendre énormément de marches qui, en saison des pluies, sont parfois recouvertes de mousse. Donc attention ça glisse ! Mais une fois dans le canoë, tout n’est plus qu’un vilain souvenir. Les jeunes moniteurs aiment blaguer et font les pitres pour détendre l’atmosphère. Par exemple, ils assomment des crocodiles imaginaires en claquant les rames contre la surface de l’eau, ce qui crée une déflagration, en criant « crocodile, crocodile ! ». Dommage qu’ils n’encouragent pas plus à ramer. (Théophile a trouvé que c’était un point négatif. Je le comprends, à son âge, on a envie de se surpasser.)

GOPR0953GOPR0978GOPR0957La descente de la rivière sur 11 kilomètres dure environ deux heures. Les garçons ont adoré, même si tout était très maîtrisé… En d’autres termes, les amateurs de sensations fortes peuvent rester sur leur faim. Vous êtes prévenus :) !

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