Au revoir Kep, rebonjour Phnom Penh

Le 17 décembre, nous quittons le Tara Lodge de Kep en milieu de matinée. Cette fois, c’est un très beau 4×4 Lexus – sans plaque d’immatriculation – qui nous attend devant l’hôtel. Une fois installés, le taxi démarre et prend le chemin de terre ocre qui nous mène à la route bitumée. DSCN5765IMG_0604DSCN5802

Je regarde par la vitre, un cahier sur les genoux, et note mes impressions de voyage. Les paysages de rizières sèches défilent de plus en plus vite. Je me saoule de ces images – que j’aime – comme si je ne devais plus jamais les revoir. Dans les champs de paille, des femmes et des hommes s’activent sans relâche. Ils sont courbés et l’on ne distingue que l’arrondi de leur dos et leur chapeau. Quelques vaches blanches osseuses broutent un maigre gazon, encore vert. DSCN5769

Je repense au livre de Loung Ung que j’ai terminé ce matin, D’abord, ils ont tué mon père. Je me sens encore imprégnée de l’histoire terrifiante qu’a vécue l’auteur – alors qu’elle n’était qu’une enfant – sous le régime tyrannique de Pol Pot au Cambodge. La force du récit autobiographique est telle que j’en ai encore la chair de poule. Depuis que j’ai lu ce livre, je ne regarde plus les Cambodgiens de la même façon. Chaque fois que mon regard croise celui d’une femme ou d’un homme d’une quarantaine d’années, je ne peux m’empêcher de penser qu’elle/il a vécu l’horreur sous les Khmers rouges. (Et que dire des vieilles personnes, au corps fatigué, au regard hagard.) 1975, c’était hier. CaptureDans toutes les mares fleurissent des lotus. Cette magnifique plante sacrée en Asie accroche ses racines dans les fonds boueux, avant que sa tige ne vienne déposer une fleur au-dessus de l’eau. Chose extraordinaire, la fleur « pleure » dès que des impuretés viennent la salir. Ses « larmes »  emportent ainsi la poussière, la laissant toujours belle, pure et immaculée.

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Nous traversons des villages d’où l’on aperçoit de jolies maisons sur pilotis, tantôt en bois brut, tantôt peintes. Certaines me font penser à des chalets scandinaves. DSCN5789

Et puis… nous commençons à croiser des camions. La plupart ont des remorques chargées de gravas. Phnom Penh n’est plus très loin. D’ailleurs, les paysages ont changé, les chantiers ont remplacé les rizières, et des parpaings rouges  sont empilés devant les villas en béton. DSCN5803

Notre chauffeur freine de plus en plus à cause des camions qui se suivent devant nous. L’air est chargé de poussières, à l’extérieur ça doit être irrespirable. La végétation a perdu ses couleurs naturelles, elle semble asphyxiée par la poudre terracotta qui la recouvre. Plus loin apparaissent les premiers panneaux publicitaires, les stations-service et les hangars de marchandises. Il est 11h30, ça fait un peu plus de deux heures que nous roulons. IMG_0608

Phnom Penh, nous voilà. Je me sens prête à affronter de nouveau le trafic dense de la capitale et garde les yeux bien ouverts. Curieusement, plus rien ne m’étonne et la circulation que je qualifiais de « bazar » me laisse dans l’indifférence la plus totale. Ça alors ! IMG_0610IMG_0613

Le 4×4 se gare devant le Away Green Oasis Hotel. Notre chambre familiale est lumineuse, spacieuse et bien décorée, mais la couche de poussière qui voile le sol et les meubles m’exaspère… Marre de la poussière ! DSCN5842

5 Thoughts on “Au revoir Kep, rebonjour Phnom Penh

  1. Coucou Vali. Juste une remarque : au début tu dis que vous quittez Kep en fin de matinée et arrivés à Phnom Penh tu dis qu’il est 11h30 et que ça fait 2 h que vous roulez !! Le temps ne passe donc pas en Asie ou j’ai rien compris !? Lol. 😉 bisous

    • Tu as raison Joan… nous sommes partis à 9h… je vais corriger la phrase. Merci beaucoup de ton oeil avisé !!! je t’embrasse !!! nous partons ce matin pour le nord du Cambodge.

  2. C’est pour voir si on suit ?? Lol

  3. SYLLA Françoise on décembre 22, 2014 at 3:05 said:

    Vali, tu sais que la tige de lotus n’a pas été exploitée pendant des siècles, elle était tout simplement mise au rebut . Un ingénieur français l’exploite depuis plus de dix ans maintenant au Camboge (si tu le peux regarde en replay ou en streaming, l’émission « reportage » de TF1 hier samedi 20 décembre, tout y est bien expliqué).
    La tige de lotus fait entre 20 et 50 centimètres, de cette tige, on extrait des fils que l’on tisse. Il faut 1 mois pour faire 1 mètre de soie de lotus, 1m2 revient à environ 200 euros.

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