Notre arrivée à Penang

Nous sommes le matin du 30 décembre 2014, et le ciel est intensément bleu. Il fait un soleil radieux, la journée s’annonce bien. Nous jetons un oeil au tableau de la cuisine où Anson a noté – à notre attention – les lignes de bus susceptibles de nous intéresser pour aller d’un point à un autre sur l’île. Par exemple, le bus 102 peut nous emmener à la plage, et la station est à deux pas du Le’Mon Stay (nom de la villa où nous séjournons). Après une brève concertation, tous les quatre sommes d’accord pour découvrir la plage principale de l’île à Batu Feringghi. Nous nous dépêchons alors de nous organiser : l’un prend la salle de bain, pendant que l’autre prépare le sac, et vice-versa. Nous nous donnons rendez-vous en bas dans l’entrée. Une fois tout le monde prêt, nous partons gaiement vers la station de bus. Après une attente relativement longue, Erwin nous prévient que le bus 102 arrive. Nous nous levons, soulagés, et faisons tous les trois signe de la main pour être bien vus du chauffeur. Le bus arrive, ne semble pas ralentir et passe devant nous sans s’arrêter. On peut dire que ça commence bien ! Thierry vérifie sur son portable à quelle heure passera le prochain, et a priori il faudra encore attendre un quart d’heure. Je ne sais plus qui exactement a demandé pourquoi le bus 102 ne s’est pas arrêté, mais en tous cas, je me rappelle de la réponse : Quand le bus est plein, qu’il n’y a plus de places, il ne s’arrête pas pour prendre d’autres personnes. A méditer. Théophile rouspète un peu et demande à prendre un taxi. D’un côté, il n’a pas tort, si jamais le prochain bus 102 est plein, on peut encore attendre longtemps comme ça ! batuC’est donc en taxi que nous partons à la plage. Le chauffeur indien nous dit qu’il existe une autre plage plus sauvage, la Monkey Beach, et que pour l’atteindre il faut marcher une heure (en vérité c’est plutôt deux) à travers le parc national ou prendre un bateau. On se dit tous les quatre que ça peut faire l’objet d’une belle balade dans les prochains jours.

DSCN6310On arrive à Batu Feringghi, le taxi nous dépose devant la plage. Le sable est blond, la mer est verte comme la Seine, et pas émeraude comme dans le sud de la Thaïlande. Des jeunes en scooter des mers se prennent pour des champions et croisent des bateaux hors-bord tirant des parachutes ascensionnels. On longe un peu la plage et nous installons un peu à l’écart des autres touristes. Théophile n’attend pas une minute pour se jeter à l’eau.

IMG_1217 DSCN6304 IMG_1208 IMG_1214Nous passons ainsi un après-midi relaxant à profiter du soleil qui commençait sérieusement à nous manquer. En me promenant sur la plage, je constate avec dégoût que les hôtels environnants évacuent leurs eaux usées dans la mer. Je comprends soudain pourquoi peu de personnes s’y baignent. De retour, je raconte ce que j’ai découvert à Erwin et Thierry qui regardent la mer trouble d’un air pensif. Seul, Théophile continue à « s’éclater » dans l’eau et n’a que faire de mes conseils. Nous ne sommes pas emballés par cette plage. Une chose est claire : on ne vient pas à Penang pour sa plage. DSCN6300 DSCN6306En fin de journée, nous apercevons une gargote et nous y installons les pieds dans le sable pour y boire un verre. Un homme d’origine afghane nous tend des menus, mais nous ne savons pas encore si nous allons y dîner. Nous profitons du beau coucher de soleil et sommes heureux d’être là, tous les quatre.

DSCN6332 DSCN6334 DSCN6355 IMG_1218 IMG_1222 IMG_1224Alors que nous nous décidons finalement à y dîner, une série d’événements va nous pousser à changer de table et à aller à l’abri sur la terrasse. Tout commence avec Théophile qui renverse le verre de lassi que Erwin venait de commander, puis c’est à mon tour de recevoir une espèce de « chutney » sur le bras – probablement une chauve-souris ? Moi qui pensais être la seule, voilà que Erwin se lève en disant : moi aussi j’ai un truc sur le crâne ! Heureusement, sous la terrasse abritée, nous pouvons nous nettoyer au lavabo crasseux destiné à la clientèle. La commande des plats est également épique : Erwin demande une assiette de calamars frits. Le serveur visiblement contrarié lui montre sur le menu l’image de l’assiette de fruits de mer et poisson. Erwin lui répond qu’il préfère avoir l’assiette de calamars. Le serveur lui dit d’accord mais… lui remontre l’assiette de fruits de mer. Patience… patience… De notre côté, ce n’est pas mieux. Théophile et moi demandons des nans au fromage et à l’ail. Le serveur à nouveau semble contrarié par notre choix. Il nous dit que normalement les nans se mangent avec le curry de légumes ou de viande. Nous insistons en disant que nous n’avons pas très faim, et que cela fera l’affaire. Nous nous regardons tous les quatre car le serveur répète à nouveau qu’on devrait prendre un curry… D’ailleurs, je pense que si Thierry en a pris un avec son nan, c’est pour éviter que le serveur nous fasse un caca nerveux. On refait quand même le point avec lui. La commande est lancée… Ouf ! Nos nans arrivent tout chauds… très appétissants, le curry de Thierry est également en route. Et la cerise sur le gâteau est à nouveau pour Erwin : le serveur pose devant lui une grande et belle assiette de … fruits de mer et de poisson ! (Il faut dire que cette assiette est à 75 ringgits, soit presque 20 euros.)

Et puis, il faut rentrer. Cette fois, nous tenterons le bus. Nous trouvons la station en traversant le night market, il faut dire qu’elle se trouve entre deux stands ! Cette fois, le bus 102 s’arrête et nous avons de la place. Théophile nous invite à aller sur la grande banquette du fond. Nous reprenons la route et sommes bien placés – suffisamment en hauteur – pour voir comment le bus prend ses virages. Impressionnant. DSCN6359IMG_1244Enfin, nous arrivons à George Town, mais par contre le bus ne prend pas la même artère qu’à l’aller, car la route est à sens unique. Avant qu’il ne soit trop tard, Erwin se lance à la pêche aux informations auprès du chauffeur. Ce dernier lui dit qu’il nous préviendra quand nous devrons descendre. Sympa.

Le signal est donné, c’est à notre tour de descendre. Nous ne reconnaissons pas tout à fait notre quartier. Erwin, carte en main, croit savoir que c’est par là… On le suit, mais plus on avance, plus on se perd. Nous sommes dans un quartier résidentiel où règne le silence. Il faut dire qu’il est déjà tard. Nous ne croisons personne à qui nous pouvons demander notre chemin. Et puis, soudain, j’aperçois un vieux monsieur torse nu. Il semble effrayé que nous nous dirigions vers lui. Il fait non avec les deux mains. Mais nous insistons parce que nous n’avons pas d’autre choix. Il fait une nuit d’encre et tout le monde dort. Sauf nous. C’est alors que nous comprenons pourquoi il s’écartait de nous. Il se met à parler tellement FORT que nous sursautons. Il est SOURD, complètement sourd… Thierry et Erwin l’entourent avec la carte, il faut que nous retrouvions notre chemin. Il regarde avec attention la carte et s’exclame quand il reconnaît le nom de la rue qu’on lui demande. Ses explications ont le mérite d’être claires et audibles. Grâce à ce vieux monsieur, nous ne tarderons pas à rentrer, car finalement nous n’étions pas si loin… Nous avions juste pris le mauvais côté. Notre première journée à Penang était un grand moment d’aventure. J’ai hâte d’être demain… DSCN6361 DSCN6362

4 Thoughts on “Notre arrivée à Penang

  1. Patrice on janvier 7, 2015 at 1:37 said:

    Olalala le coucher de soleil !!!

  2. Quelle aventure ! Lol. Bisous

  3. Patrice on janvier 7, 2015 at 6:07 said:

    Bon et bien je viens finalement de lire l’intégralité et ça valait la lecture :)
    Sacré journée oui vous vous en rappèlerez :)

  4. Et pour payer la facture nous avons quasiment sorti tous nos derniers ringgits de nos poches, il en resté juste assez d’argent pour le bus, prendre un taxi n’était plus possible.

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