Au revoir Kuta, bonjour Gili Air !

Nous sommes le 20 octobre, et ce matin, le ciel est couvert sur Kuta. Notre taxi attend devant l’hôtel, nos valises sont à la réception. Je reconnais le chauffeur, c’est le même qui nous a emmenés à Mawun Beach. Depuis cette plage, nous n’avons pas commandé d’autre taxi. Ces derniers jours, nous avons été préoccupés par des petits bobos et le fait que Thierry ne retrouve plus sa carte bancaire. Il pense l’avoir oubliée – il y a quelques jours – en faisant un retrait. C’est possible, en France, on récupère sa carte pour avoir ses billets, et ici, c’est le contraire : on prend ses billets, puis sa carte. Le quartier où se trouve l’ATM est en alerte. Thierry a prévenu les commerçants du coin et l’un deux a scotché un mot avec ses coordonnées sur le mur de son magasin tout près du DAB. Le type qui fait la tournée des distributeurs ne devrait pas louper le message. Hier, on y a cru… Une voiture s’est garée devant l’hôtel, et un employé du Hammer Head est venu toquer à notre porte. Thierry est tout de suite descendu voir le type des ATM avec son passeport, mais malheureusement sur les trois cartes bancaires qu’il avait dans la main, aucune n’était au nom de Thierry. Nous étions un peu dépités, et le personnel de l’hôtel aussi… En ce qui concerne les petits problèmes de santé, Théophile a fait 40° de fièvre le lendemain de la sortie plage. Nous pensons qu’il a peut-être eu un coup de chaud. Nous sommes restés à l’hôtel à la fraîche le temps qu’il récupère. J’étais inquiète et j’ai mal dormi la nuit qui a suivi l’épisode de la fièvre. Du coup, les jours qui ont suivi ont été particulièrement calmes.

Mais aujourd’hui est un autre jour, c’est le grand départ pour Gili Air. Nous sommes prêts et bien reposés. Après avoir salué le personnel de l’hôtel, nous sommes montés en voiture : Théophile et moi derrière, Thierry devant.

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La conduite en Indonésie se fait à gauche, et lorsqu’on double à droite, on doit au préalable klaxonner pour prévenir la personne devant. Notre taximan est un champion du klaxon et il a une conduite très sportive. Je regarde par la vitre le paysage qui défile à toute vitesse. Nous quittons Kuta et sa région aride. On voit quelques cultures de maïs et des terres carbonisées. (Les agriculteurs mettent en effet le feu à leurs champs pour mieux les fertiliser.)

Quelques kilomètres plus loin, notre chauffeur bifurque pour prendre de l’essence. La station-service est moderne et très propre. Au grand étonnement de Thierry, il descend sans couper le moteur de la voiture, paye le pompiste qui fait le plein sans se poser de questions. Thierry hallucine et lui dit en souriant que c’est dangereux, et qu’en France, c’est obligatoire de le faire. Le taximan, pas contrariant du tout, sourit et tourne la clé pour couper le moteur.

Nous nous approchons de la ville de Praya. La végétation change, les premières rizières apparaissent. On voit également plusieurs mosquées en construction. Les hommes sur les chantiers à ciel ouvert portent tous un chapeau pointu. Leur visage est cuit par le soleil. A Praya, la circulation est dense, j’aperçois quelques calèches colorées qui font office de taxi.  Le nôtre emprunte un grand boulevard et se gare devant la banque BTPN. Thierry et lui se sont mis d’accord non pas pour braquer la banque mais pour voir ensemble si la carte perdue de Thierry ne serait pas ici, à tout hasard. Théophile et moi attendons dans la voiture stationnée le long du boulevard où passent des centaines de motos. Le trafic est si intense que la voiture garée devant nous n’arrive pas à s’engager. Un homme apparaît et, sifflet à la bouche, il arrête les motos en plein milieu de la route pour que la voiture puisse s’engager. Je ne perds pas une miette de l’ambiance qui règne ici, très différente de celle de Kuta. Les Indonésiennes sont plus citadines et ont pris soin d’assortir leur voile à leur tenue. De retour, Thierry prend place à l’avant et me dit qu’ils n’ont pas sa carte, mais qu’ils le rappelleront demain s’il y a du nouveau. Le taximan s’installe au volant et ouvre sa vitre pour donner de l’argent à l’homme de tout à l’heure, l’homme au sifflet. Nous quittons Praya et prenons la route de Senggigi, gros village touristique de la côte est.

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Notre taximan semble très motivé pas sa course. Il roule vite, donne des coups de volant, klaxonne. Mon estomac se trouve désormais à la place du cœur. Et mon cœur, je ne sais plus vraiment où il est. Je prends des notes, le cahier sur mes genoux. C’est du chinois ! Illisible. J’ai l’impression de faire un rallye, et le chauffeur – qui dépasse à peine le mètre 60 – appuie comme un dingue sur le champignon. Je regarde à nouveau par la vitre. Thierry me fait la réflexion qu’on voit pas mal de briques rouges comme à Bali. Certaines maisons laissent apparaître en effet des murs de briques, et leurs toits en tuiles brun rouge contrastent avec le ciel couvert. Nous traversons des villages poussiéreux, puis des rizières d’un vert éclatant. On commence à voir la mer, et des prahus sur la plage. Le taxi s’arrête devant un hôtel luxueux de Senggigi, le Kila. Tout près, un chemin mène à un embarcadère. Le chauffeur décharge les valises et nous le suivons. Je remarque que les boutiques qui longent le petit passage vendent des perles, plus précisément des bijoux plus ou moins clinquants. Je me fais la réflexion que cette partie de l’île doit être spécialisée dans la culture des perles. A vérifier. Une fois devant le guichet, nous apprenons que le dernier bateau est parti ce matin, et qu’il faut attendre au moins trois heures le prochain, s’il arrive… Ah ?

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Nous rebroussons chemin, rechargeons les valises et remontons dans la voiture de rallye. Direction plus au nord. La route n’est plus plate du tout, nous grimpons des collines que nous redescendons plusieurs kilomètres plus loin. La vue est belle, on découvre que certaines plages ont du sable noir. Nous roulons une trentaine de minutes et nous nous garons devant un café qui s’appelle le SAMBA. Le taximan nous dit qu’ils peuvent nous faire la traversée. Thierry descend et négocie un peu le prix (400000 roupies). Il me demande mon avis. Je demande à voir le bateau. Il est là amarré sur la plage. Blanc et violet. Je retrouve le sourire, et je sens aussi que mon estomac a également retrouvé sa place. Nous nous installons à une table, il est plus de 14H et nous sommes partis à 11H. Nous buvons un soda avant de prendre la mer. En face, on voit les trois Gilis.

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Dans le bateau (équipé d’un moteur de 200 chevaux), je me sens super heureuse. Je prends des photos de Lombok qui s’éloigne. Je me demande à quoi ressemble Gili Air. La traversée est rapide, presque trop, environ 15mn, peut-être moins. J’aperçois la bande jaune de sable et l’eau bleu turquoise. Ça y est, on arrive.

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Je lance mes tongs sur le sable sec et descend du bateau. L’île est super mignonne avec ses petites calèches colorées et ses bars décorés avec goût. Je sens que je vais m’y plaire ! On loue deux calèches, parce que nous sommes trois avec une grosse valise chacun.

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Théophile et moi montons dans une avec une valise, et Thierry suit derrière avec les deux valises restantes (en calèche bien sûr !). Sur le chemin, Théophile se cogne la tête sur la barre transversale de la charrette. Il se tient la tête dans les mains, un peu sonné. Décidément, il n’a pas de chance ces derniers temps. Le cocher arrête son cheval devant notre maison d’hôtes. Nous découvrons alors que nous sommes au milieu d’une famille qui loue quelques bungalows dans sa cour. Il y a des poules partout. Le sol est boueux, car ils ont arrosé. J’ai envie de dire : Bienvenue à la ferme ! Je souris car tout m’amuse. Le propriétaire des lieux est très aimable. Il nous ouvre les deux bungalows réservés à notre attention. C’est simple, et cela nous ira très bien. Ce soir, je sens que je vais bien dormir. Si je ne me lève pas trop tard, j’irai prendre mes premiers clichés.

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One Thought on “Au revoir Kuta, bonjour Gili Air !

  1. Vite la suite Vali !! Je prends de plus en plus goût à ton roman d’aventure !!
    Bon séjour à Gilli Air. Bisous

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