Notre arrivée à Mount Lavinia

Nous avons réservé un séjour à The villa in Lavinia du 5 au 8 mai. La villa-hôtel est très bien tenue par notre hôte anglais, James, qui veille à ce que nous ne manquions de rien. Notre jolie chambre triple s’ouvre sur une petite terrasse aménagée avec un salon de jardin et deux bains de soleil. Bref, un vrai confort à l’occidental.

DSCN9620DSCN9625La plage n’est qu’à quelques mètres à pied, ce qui est plutôt pratique et agréable. Pour y accéder, nous devons traverser une double voie ferrée (qui n’est pas désaffectée) où des trains passent plusieurs fois par jour, du matin au soir, y compris lorsque la nuit est tombée. La première fois, je vous l’accorde, je me suis sentie un peu angoissée. C’était un mélange de crainte – comme si je faisais quelque chose d’interdit – et de peur – comme si le train aller surgir d’un coup. De l’autre côté de la voie ferrée s’étend la plage, très longue et sale par endroits. Plusieurs restaurants y sont installés. Pour notre premier soir à Mount Lavinia, nous avons mangé les pieds dans le sable.  DSCN9632Je me suis posé la question de savoir pourquoi cette station balnéaire porte le nom de Mount Lavinia. J’ai en effet cherché un mont ou une montagne, mais le relief ici est plutôt inexistant. Et pourtant, à force de chercher, j’ai trouvé. Il est vrai que la colline n’est plus très marquée contrairement à autrefois. Elle est à quelques mètres de moi, en bordure de plage. Un grand hôtel tout blanc, de style colonial, est installé dessus, c’est le Mount Lavinia Hotel.  DSCN9636CaptureAA la fin du XIXème siècle, ce même hôtel n’avait pas tout à fait les mêmes dimensions. Par contre, la colline était bien marquée contrairement à aujourd’hui…CaptureBLe nom de la ville est étroitement lié à cet hôtel, j’ai dû me documenter pour enfin le comprendre. En effet, la ville de Mount Lavinia était initialement connue sous le nom cinghalais de Galkissa. De mes lectures en anglais, je vais essayer de vous retranscrire l’histoire de Mount Lavinia en français. 

Une histoire so romantic !

En 1805, Sir Thomas Maitland arrive en bateau sur l’île de Ceylan (le Sri Lanka aujourd’hui). Il doit y assumer les fonctions de gouverneur britannique. Sir Maitland rêve de construire une grande maison à l’écart de la ville, car le logement qu’on lui a fourni à son arrivée ne lui convient pas du tout. Au cours d’une promenade sur l’île, il découvre l’endroit idéal pour sa maison : un promontoire surplombant la mer dans le village de Galkissa, près de la capitale, Colombo.

En 1806, il fait construire sa nouvelle résidence à son image, une maison digne d’un roi, reflet de son désir de puissance et d’autorité. Il décide d’en faire un lieu agréable où il organisera des fêtes pour se divertir, une façon d’échapper à l’époque aux inévitables pressions de la société anglaise coloniale rigide et fermée.

Lors d’une fête organisée chez lui, Sir Maitland pose les yeux sur une belle danseuse métisse, Lovina Aponsuwa (moitié portugaise, moitié cinghalaise) dont le père dirige la troupe de danseurs. On raconte qu’il fut comme hypnotisé, lorsque la jolie danseuse le fixa de ses grands yeux noisette. Le gouverneur tomba éperdument amoureux de Lovina, car nulle part ailleurs il n’avait vu une telle perfection, une telle beauté et une telle grâce. Lovina et sa troupe de danse devinrent des artistes habitués de la maison. Flattée par des attentions de plus en plus délicates, Lovina succomba  lorsqu’elle apprit que Sir Maitland avait donné le nom de Mount Lavinia à sa maison en son honneur et pour lui prouver son amour. CaptureCSir Maitland et Lovina durent apprendre à s’aimer de façon clandestine, tandis que leur profonde passion l’un pour l’autre fleurissait en secret, loin des yeux désapprobateurs de la société anglaise de Colombo et des impératifs moraux de cette communauté fermée.

La belle danseuse appartenait à la caste la plus basse de la société cinghalaise, la communauté Rodiya, méprisée par les castes supérieures, et vivait dans une maison misérable tout près de la grande maison du gouverneur. On raconte qu’un tunnel secret fut construit afin que les deux amants puissent se rejoindre clandestinement et garder secret leurs rendez-vous galants. L’entrée de ce tunnel était un puits désaffecté près de la résidence du gouverneur, et le passage souterrain conduisait directement aux caves de la maison. Leur romance dura de longues années jusqu’au jour où Sir Maitland, rappelé en Angleterre, fut contraint de quitter Ceylan.

Comme cadeau d’adieu, il acheta pour sa bien-aimée un morceau de terre à Attidiya, un village situé à quelques kilomètres de Galkissa. Bien que le départ du gouverneur devait sceller naturellement la fin de leur histoire d’amour, le nom de Lovina devint légendaire et demeura une source d’inspiration, où comment une jeune femme retint l’attention et conquit le cœur d’un gouverneur britannique distingué de Ceylan. Aujourd’hui, on aime croire que les descendants de Sir Maitland et de Lovina vivent encore dans les environs de Mount Lavinia et que le tunnel secret existe encore. Une façon magnifique de garder vivante la mémoire et l’esprit de la belle danseuse métisse, élevée dans l’imagination populaire de « Lady Lavinia ».

Si vous passez par Mount Lavinia, peut-être aurez-vous la chance d’aller voir la statue de « Lady Lavinia » qui se trouverait encore au milieu d’une fontaine d’eau à l’entrée du Mount Lavinia Hotel.

Pour en savoir plus sur l’histoire de Mount Lavinia, consultez la page Histoire du site du Mount Lavinia Hotel (en anglais).

 

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