Au revoir Gili Meno, bonjour Chiang Mai

DSCN3916C’est notre dernière journée sur Gili Meno. Demain, nous prendrons le bateau local (à moteur) et nous rejoindrons le port de Bangsal au nord-ouest de Lombok. Je n’arrête pas de répéter que le séjour a été trop court (5 nuits), et il me coûte de quitter ce petit paradis. Nous savourons ces instants paisibles et faisons un peu de snorkeling avant de plier bagage. Cet après-midi, la mer roule ses vagues sur le sable et déstabilise les baigneurs qui sortent de l’eau. Je crachote dans mon masque et suit Théophile, mon guide plongeur préféré ! La mer agitée nous donne une moins bonne visibilité que la veille, mais l’eau tiède est si agréable que nous finissons par jouer avec les rouleaux puissants qui nous ramènent sur le sable. Théophile se laisse échouer, prend un coquillage, me montre sa trouvaille et repart de plus belle en plongeant dans les vagues. Saoule d’air et d’eau salée, je remonte la plage et croise « ma » marchande de fruits.

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DSCN4084Nous avons pris l’habitude de lui en acheter, et elle le sait. Quand elle nous donne son prix au kilo, elle nous dit toujours que « c’est une très bonne affaire ». Nous nous doutons bien que ses prix sont gonflés, et Thierry les marchande toujours un peu. C’est un jeu convivial où tout le monde trouve finalement son compte. Manger des fruits frais à l’ombre d’un arbre sur la plage est un souvenir délicieux pour nous trois. Aujourd’hui, il n’y a pas de « mangosteen » [dites MAN/GOUSSE/TINE], voilà deux jours que nous en mangeons et je comprends l’hésitation de Thierry devant le panier de fruits. Nous choisissons finalement une noix de coco qu’elle prépare devant nous. Elle manie la machette avec dextérité et éclate le bois de coco qui vole jusqu’à nous. Il lui faudra à peine 5 minutes pour que le fruit soit prêt à déguster – avec des pailles pour le jus (s’il vous plaît !). Avant qu’elle ne se relève, je lui annonce que nous partons demain et que je suis « a little bit sad ». J’aurais sincèrement bien voulu rester plus longtemps, mais les vols sur Air Asia sont déjà réservés pour Chiang Mai. Elle me dit que je reviendrai probablement un jour. J’acquiesce, et mon regard se perd un peu au loin où j’aperçois la voile gonflée d’un kitesurf qui décolle au-dessus de l’eau. Le vent a dû monter cette nuit, car hier c’était une mer d’huile. Vers 16h30, alors que nous rentrons au bungalow, Thierry nous rappelle qu’il nous invite ce soir dans un superbe hôtel restaurant que nous avons testé le premier soir de notre arrivée, le Karma Reef.

DSCN4106DSCN4112Les plats arrivent, un peu minimalistes, mais si goûteux qu’on ne peut s’empêcher de faire « Mmmm » aux premières bouchées. Nous passons une soirée magnifique, pleine de gaieté.

Le lendemain matin vers 9h, la dame qui s’occupe du sanctuaire des tortues – je pense que c’est la femme de M. Bolong – vient nous saluer sur la terrasse de notre bungalow. Elle serre la main à Thierry et me prend dans ses bras pour m’embrasser. Je ne m’y attendais pas, et je suis touchée par son geste. Elle part, et je suis un peu émue.

DSCN3911Un peu plus tard, alors que nous prenons notre petit-déjeuner, Thierry aperçoit le visage de notre marchande de fruits. Elle s’exclame en souriant et entre dans la cour de la homestay. Elle me demande comment je vais, et je lui dis que je suis triste de quitter Meno. Elle m’étreint elle aussi pour me dire au revoir. Mes yeux picotent, car je me retiens de pleurer. Thierry est un peu gêné – et je le comprends – car ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Il me dit que c’est une journée pleine d’émotions. On ne peut pas si bien dire…

Le Bird park se trouve à 50 m des bungalows, et nous avons encore deux heures devant nous. Théophile et moi sommes motivés pour le visiter. Thierry est, lui, plus réservé, car il pense que c’est un attrape-touristes.


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Nous prenons des tickets et entrons dans ce parc où nous attendent de merveilleux perroquets. Notre guide est très sympathique, et nous apprendra quelques mots d’indonésien pendant tout le parcours. Finalement, Thierry se laisse prendre au jeu et apprécie la visite : « C’est quand on ne s’attend à rien de spécial, qu’on est agréablement surpris ». Pour voir un petit extrait, cliquez sur le lien suivant : Coco le perroquet

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Il est temps de partir. Nous faisons rouler nos valises de 25 kg jusqu’au « port ». Sur la plage, les locaux sont nombreux. Les hommes assis sur le sable nous remarquent à peine. A quelques mètres, un homme qui a perdu la raison hurle des choses à la mer. Certains se moquent de lui, la cigarette pincée entre les lèvres, et se lancent des regards de complicité. On comprend tous les trois que c’est le fou qu’on a croisé quelques jours auparavant. Je le regarde s’énerver et ramasser des coraux qu’il envoie dans les flots. Ce moment est troublant, cet homme face à l’océan parle-t-il à l’invisible ?

IMG_0825 IMG_0834 IMG_0835IMG_0842Des bateaux arrivent. Je ne remarque pas que la mer est houleuse. Des hommes déchargent des bonbonnes d’eau et de gaz. Je me dis que c’est probablement pour les hôtels de l’île. Les deux pirogues sur notre droite sont vides de leurs marchandises. Tous les trois attendons le signal du capitaine, les valises plantées dans le sable. Et puis, d’un coup, ça part dans tous les sens. Un homme a lancé une phrase en Indonésien et tout le monde se précipite pour monter dans les deux pirogues à moteur. Nous essayons de savoir si ce sont des bateaux qui vont à Lombok. On nous dit d’une façon peu aimable qu’il faut qu’on y aille. Les bateaux sont pleins à craquer, pour ne pas dire surchargés. Les passagers sont serrés comme des sardines. L’air est électrique, le capitaine s’impatiente. Je monte difficilement dans un des bateaux aussi blindé que l’autre. La mer agitée le fait tanguer à droite, puis à gauche. Personne ne m’aide à me glisser à l’intérieur, mais moi je suis déjà prête à m’asseoir n’importe où. Thierry parle au capitaine en désignant les pirogues prêtes à partir. Il lui montre qu’il n’y a plus de place dans les bateaux et que nous avons en plus trois grosses valises. Je le vois courir vers le guichet. Théophile se tient prêt des trois valises, son visage en dit long. Thierry revient en me faisant signe de descendre et me dit de monter dans le bateau d’à côté qui va également à Lombok. (On ne l’apprend qu’à ce moment-là, pff !) Je redescends en catastrophe mais soulagée et monte avec Théophile dans le troisième bateau où sont assis une dizaine d’hommes indonésiens, tous du même côté, ce qui fait pencher le bateau à gauche. Nous sommes les seuls touristes. Je doute réellement du professionnalisme de ces capitaines de bateaux qui, à mon avis, se forment sur le tas. Et la gestion et la répartition des voyageurs me laissent perplexe. DSCN4161 DSCN4162DSCN4165Thierry transporte les valises et les hisse sur le bateau. Personne ne le regarde, et ne l’aide encore moins. Théophile et moi faisons le maximum pour réceptionner les valises. Thierry s’assoit sur le banc, le dos en compote, et nous nous rendons compte que le bateau part de travers, avec tout le poids d’un seul côté. Il essaie de faire comprendre aux gens qu’il vaut mieux équilibrer. Il parle dans le vide. Seule, une jeune femme se lève et vient s’assoir en face. On est lasse, on laisse tomber. Deux hommes déroulent les plastiques de protection pour éviter que les vagues n’éclaboussent les passagers et les sacs. La pleine mer est démontée. Je m’accroupis et je m’accroche au bras de Thierry que je serre fort. Quelques vagues bien méchantes font enfin comprendre aux inconscients qu’il faut qu’ils se mettent au milieu ou de l’autre côté. La traversée va durer 30 minutes. Ce sont les plus longues de ma vie. (Et pourtant j’en ai pris des bateaux… mais dans ces conditions, jamais. Je précise aussi que nous étions venus avec le même bateau et que la traversée avait été très agréable.) Théophile est calme et me rassure, sa main sur mon épaule. Je ne lève plus les yeux pour regarder les vagues, j’essaie de me concentrer sur le tangage du bateau et de ne plus résister. J’ai un peu le mal de mer. Certains hommes rient quand les vagues déstabilisent le bateau. On se croirait dans une attraction à sensations fortes. Eux ont probablement l’habitude des traversées « renversantes » ou alors ils sont inconscients. Au choix. On arrive enfin au port de Bangsale à Lombok. Les passagers se précipitent à nouveau pour descendre, et certains nous bousculent comme si nous étions transparents. Après la chaleur humaine du matin, nous nous frottons à son contraire. Un homme m’attrape des mains la valise que je tente de soulever et la hisse sur sa tête. Je pense à ce moment-là qu’il est peut-être différent des autres. Il veut nous aider ? Je le laisse faire et j’ai à peine levé la tête qu’un autre prend la deuxième valise et l’empile sur la première. Le porteur part avec les deux valises, pendant que je patauge sur le bois mouillé, ça glisse. Je sors enfin du bateau et aperçois une pancarte où sont écrits nos prénoms, VALERIE THIERRY THEOPHILE. C’est notre taxi. Son visage souriant parmi cette foule me fait du bien. Je le suis jusqu’à la voiture. Nos valises sont déjà dans le coffre. Et celui que je pensais aimable se tient près du coffre et essaie de soutirer une somme énorme à Thierry pour avoir porté les valises sur 30 mètres. Je n’ai qu’une envie, c’est de quitter cette ambiance qui me pèse. Je monte les pieds crasseux dans la voiture. Tant pis.

Nous prenons la direction de l’aéroport. Une heure trente de route où je retrouve une certaine sérénité. Notre chauffeur est sérieux et zigzague tranquillement sur les routes de montagne. Les rizières s’étalent à perte de vue. Ça me rappelle Bali. Je trouve les paysages magnifiques. Je respire et me détend. J’ai déjà presque oublié l’épisode cauchemardesque de la traversée. Incroyable, non ?

Le taxi nous dépose à l’aéroport de Lombok vers 17h. Nous sommes contents d’être dans les temps.  Nos bagages enregistrés, nous payons une taxe de sortie avant de nous envoler à 19h20 pour Kuala Lumpur.DSCN4166 DSCN4168 DSCN4170 DSCN4172

Peu après notre arrivée au KLIA2 (terminal 2 pour les vols Air Asia), nous récupérons nos valises pour nous diriger au Level 1 où se trouve le CONTAINER et ses fameuses capsules. Nous sommes épuisés et faisons le check-in à moitié endormis. Les capsules pour hommes sont séparées de celles des femmes. Le coin des « males » est au rez-de-chaussée et celui des « females » se trouve à l’étage. Après avoir enfermé nos valises dans des casiers, nous découvrons « nos appartements » et les salles de bains communes. J’apprécie la douche chaude qui me dessale le corps et je sens l’énergie négative de la journée qui s’évapore. Retour à la capsule. Je baisse le store qui fait office de porte. Le matelas est confortable et les draps sont frais. Nous louons 3 capsules pour 6 heures. L’hôtel est un peu bruyant, mais je me sens bien dans l’habitacle qui me fait penser à une cabane ou une caravane. Mes paupières sont lourdes de sommeil et je finis par « sombrer » d’épuisement.

IMG_0844IMG_0846IMG_0848Le lendemain à 6h55, nous décollons à nouveau avec Air Asia. Nous sommes prêts à redécouvrir Chiang Mai, surnommée la Rose du Nord, et son beau festival des Lanternes… Aventure à suivre !DSCN4189

4 Thoughts on “Au revoir Gili Meno, bonjour Chiang Mai

  1. Merveilleux recit Vali ! Encore merci de nous faire vivre vos émotions ….j’étais avec toi sur le bateau et j’avais hâte que ça se termine 😉 Les photos sont très belles et vous êtes tous les 3 rayonnants de bonheur et le teint déjà bien hâlé 😉 bisous. …..

  2. Merci Joan ! C’est clair que je suis passée – en une journée – par toutes les émotions. Pour le bateau, c’était hallucinant ce manque de sécurité et bien sûr pas de gilet de sauvetage… J’ai voulu partager cette expérience de récit pour mettre en garde les familles qui voyagent avec des enfants. Les gili, oui, c’est paradisiaque mais attention rien n’est sécurisé au niveau des bateaux. Quand tu vois que l’autre jour, le capitaine avait redémarré son moteur sans se soucier de l’absence de Thierry et Théophile qui étaient toujours en train de faire du snorkeling. Ce serait impensable en France :) Du coup, les capsules, c’était trop « facile » comme expérience… c’est passé comme une lettre à la Poste. Il faut aussi savoir pour les parents qui partent avec des « jeunes » que l’Indonésie autorise les champignons hallucinogènes (magic mushrooms) et qu’ils sont proposés dans les bars. Bizarrement, l’Indonésie condamne le trafic de drogue… Sinon oui on se protège bcp du soleil qui est brûlant. Et l’on bronze quand même :) Je t’embrasse bien fort et à bientôt pour la page sur Chiang Mai. :)

  3. Guillaume on novembre 5, 2014 at 2:24 said:

    Je trouve que ce sont les plus belles photos de ton blog Vali, la luminosité devait être extraordinaire :-))))

    • Coucou Guillaume, oui la lumière est en effet belle à tous les moments de la journée. La lumière que je préfère reste celle de 16-17H. Bises et merci de nous suivre. 😉

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