Les Français, sont-ils trop polis ?


Trop de formules de politesse.
Des fois [formule à éviter], même, entre deux étages, dans un ascenseur, tu peux en faire NEUF [9] des formules de politesse, tu sais !
Tu rentres.
« Bonjour… Pardon… Excusez-moi… Pardon ? Quel étage ? Deuxième. Merci. »
T’attends un peu.
« Oups ! Pardon. »
T’arrives. Les portes s’ouvrent.
« Excusez-moi, je veux sortir. C’est à moi de sortir. »
« Ben, oui, je vais vous laisser passer. »
« Ben, merci. »
« Attention… Pardon… Excusez-moi… Bonne journée ! »
« Ben vous aussi ! »
« Merci, au revoir, à bientôt, merci, pardon, oups ! »

Lire un texte à haute voix

La lecture à haute voix est un exercice que je recommande à toutes les personnes qui souhaitent s’exprimer clairement en français.

En lisant à voix haute, on apprend à bien positionner sa langue et ses lèvres, mais aussi à identifier les sons et à comprendre le sens des mots. En apprenant à bien articuler, on améliore sa diction.

En lisant à voix haute, on s’ouvre à l’autre (l’auditeur), et l’on redécouvre le plaisir de la lecture et du partage. La lecture à haute voix met les sens en éveil et demande de l’attention, un effort de concentration et une bonne respiration. En lisant dans sa « tête », l’apprenti lecteur laisse parfois passer des erreurs de lecture, d’où l’intérêt de lire à voix haute pour les corriger.

Lire à voix haute des textes choisis est une expérience enrichissante qui permet de découvrir des auteurs et de beaux textes. Si l’exercice nécessite de la patience pour les débutants, le chemin parcouru reste une expérience unique où chacun découvre le plaisir de rendre un texte intelligible, en maîtrisant des phrases fleuves, en respectant la ponctuation, la musicalité et le sens du texte. 

La langue française par la dictée…

J’ai vécu quelques expériences qui montrent qu’une personne peut très bien connaître une règle de grammaire et ne savoir ni l’appliquer, ni même la reconnaître ! C’est pourquoi je propose aujourd’hui de rompre avec les lois codifiées des livres de grammaire et de commencer un vrai travail à partir de jolis textes. J’aimerais exercer l’intelligence de tous mes élèves non pas avec la matière « morte » des grammaires, mais avec des textes « vivants ». Ma méthode peut sembler un peu à contre-courant de ce que l’on propose actuellement dans les écoles ou les collèges, mais le français n’est-il pas avant tout une langue vivante ? Devons-nous croire absolument que, pour connaître une langue, il faut commencer par étudier consciencieusement toutes les règles grammaticales ? Un livre de grammaire n’est-il pas, après tout, qu’un ensemble d’observations recueillies à partir des meilleures œuvres de la littérature française ?

En choisissant des textes d’auteur, je cherche à mettre les élèves en contact avec la littérature pour que nous retrouvions ensemble le plaisir d’extraire les lois du langage. Comprendre la pensée des grands écrivains, offrir de beaux textes sans banaliser l’enseignement grammatical, telle est la mission que je me donne depuis plusieurs années. 

Je parle essentiellement de grammaire, mais je n’oublie pas l’orthographe. Les dictées qui paraissaient rétrogrades il y a encore quelques années semblent être remises au goût du jour. Par contre, je ne trouve pas d’intérêt dans l’acte mécanique d’apprendre une dictée par coeur. Etudier à l’avance une dictée ne garantit pas à l’enfant inattentif de ne plus faire de fautes, même s’il connaît le texte parfaitement. D’ailleurs, l’expérience montre qu’un mot mal orthographié est mieux ancré dans la mémoire de celui qui l’a écrit que le mot corrigé. Tout simplement, parce que la personne qui a fait l’effort de construire le mot aura beaucoup de mal à enregistrer la correction. Lors de l’effort, elle était active, lors de la correction, elle est passive !

 


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