Archives de l’Institut National de l’Audiovisuel

Les adieux d’Yves Saint Laurent

L’élégance, ce fut le maître mot d’Yves Saint Laurent en 40 ans de création, et c’est◡avec la même élégance que le plus grand couturier français a annoncé son départ ce matin. Quelques mots sincères et beaucoup d’émotion pour celui qui a toujours défendu une certaine◡idée de la femme sans céder justement aux toutes dernières modes. 

L’arrivée discrète du maître des lieux dans sa chère maison de couture. Là où depuis 40 ans s’est fabriquée la légende. Mais ce matin, les cœurs sont serrés, l’émotion palpable. Costume noir prémonitoire, Monsieur Saint Laurent dit◡au revoir.

YSL : « J’ai choisi aujourd’hui de dire◡adieu à ce métier que j’ai tant◡aimé. C’est◡aussi à ces fantômes d’esthétique que je dis adieu. Je les connais depuis mon◡enfance et c’est pour les retrouver que j’ai choisi ce merveilleux métier. »

Quelques lignes lues avec pudeur et dignité pour dire cette vie pleine de la joie de créer, pleine d’angoisses d’un génie tourmenté, inquiet, tout◡entier au service de la beauté.  Un texte pour dire merci aux fidèles◡ateliers, à la famille, à Pierre Bergé, le pygmalion, l’ami de toujours, celui avec qui l’histoire de la maison se devait de s’achever, comme◡elle avait commencé.

Pierre Bergé : « Il a pris sa décision, seul, calmement, et je trouve que ça demande le respect d’abord, et que ça atténue beaucoup beaucoup la tristesse, beaucoup. Vous savez, c’est◡un petit chef-d’œuvre là, ça a été commencé il y a 40 ans et ça se termine sans bavure. »

YSL : « J’ai conscience d’avoir fait progresser la mode de mon temps et d’avoir permis aux femmes d’accéder à un univers jusque-là interdit. »

Luxe, calme et volupté, la haute couture ou l’art du sur-mesure pour des clientes fortunées *prêtes◡à payer très cher le prix de l’exclusivité. Saint Laurent s’en va, une maison disparaît avec tout le savoir-faire des ateliers. *[prèta]

« Moi je suis assez bouleversé quand même parce que je n’y croyais, je ne voulais pas y croire, je ne voulais pas croire qu’un◡artiste aussi génial cesse de créer, en fait. »

« C’est comme◡un père, comme j’sais pas dire… oui c’est vrai je suis triste◡aussi pour lui… presque plus pour lui que pour tout le monde. »

Journaliste Figaro : « S’il s’en va aujourd’hui, c’est parce qu’il a ce sentiment de n’être plus à sa place dans un monde qu’il ne comprend pas. »

Car la mode appartient désormais aux financiers. En 1999, François Pinaud rachetait la maison Saint Laurent et en confiait le prêt-à-porter à un Texan, Tom Ford. Pour YSL, il fallait◡accepter que son nom, sa griffe soient désormais aussi la signature d’un◡autre. Ce prince de l’élégance a préféré s’éclipser.

Journaliste de Libération : « C’est un geste chaleureux et doux, on◡a l’impression qu’il referme doucement la porte, voilà. »

Monsieur Saint Laurent jette le dé, seul couturier à avoir◡ouvert et fermé sa maison de son plein gré en toute liberté.


La psychanalyse de l’enfant

Derrière le monde charmant de l’enfance que nous voyons peuplé de féerie et de rêve apparaît souvent un◡univers plus complexe et plus dramatique.

Pourquoi Philippe toujours taciturne ne se mêle-t-il pas aux jeux de ses camarades. Pourquoi Martine rayonnante de santé est-elle sans raison paresseuse et irascible ? 

La psychanalyse va nous◡aider à répondre à ces questions qui restaient pourtant, de parents, sans réponses. Car si l’adulte trouve une◡aide◡efficace auprès du psychanalyste en lui racontant ses◡angoisses et ses◡obsessions, ce n’est qu’à travers les jeux et les dessins de l’enfant que le psychologue pourra déceler les troubles qui déforment son comportement. Un dessin naïf peut◡exprimer tant de drames. Au centre du lycée Claude Bernard et dans les dispensaires de la Seine, des médecins s’efforcent de résoudre ces problèmes.

Dans le village qu’on lui fait construire, Martine éparpille les maisons, aucune rue ne relie entre◡elles, symptômes d’isolement et d’abandon, ce diagnostic est confirmé quand◡on demande à Martine de représenter sa famille, elle ne dessine que trois bateaux. Or elle◡a un frère et une sœur. Martine s’est donc refusée inconsciemment à admettre leurs présences entre◡elle et ses parents.

Le faux-calme Philippe n’a que 8 ans et déjà il modèle d’instinct des revolvers. Guignol lui permet d’extérioriser sa révolte contre l’autorité. Le gendarme se fait rosser… le gendarme ou un professeur ou un père peut-être. Et ce dessin dans lequel il se fait aussi grand que son père indique un sentiment d’agressivité contre l’école et contre l’autorité paternelle. Sentiment confirmé par l’inversion voulue des lettres. Mais bientôt grâce à l’aide de leurs◡aînés, ces◡enfants retrouveront le calme et la joie. Martine acceptera son petit frère et sa petite sœur et reliera même leur barque à la flottille familiale.

Philippe retrouvera avec ses petits compagnons son rire et sa gaieté. Tout cela parce qu’un jour des psychologues se sont penchés sur les secrets des enfants et nous◡auront aidés à mieux les connaître.