Dictée de Bernard Pivot : L’eau

L’eau

A Montpellier s’élancent des jets d’eau, se profilent des fontaines et se devine, non loin, la Méditerranée. En Bourgogne, en Bretagne ou et Provence, l’eau, multiforme, va, coule, court à travers vaux et vallons, s’insinue en méandres alanguis. Les sources susurrent ses notes cristallines. Figée en glaciers éternels, en névés immaculés, elle s’est même muée, l’hiver, en or blanc.

Quoi de plus drôle, l’été, que de barboter dedans, comme se sont plu à le faire tant de bambins, ou de lancer des cailloux dans les mares pour voir les ricochets et les ondoiements des vaguelettes ?

Que de joyeux espiègles y ont fait trempette et s’y sont éclaboussés à qui mieux mieux !

Et vous, les pêcheurs zen, ne vous êtes-vous jamais installés sur des rives paisibles avec cannes et vermisseaux pour taquiner le goujon ?

Immuablement, l’eau envahit les rias et les fjords tant vantés par les tour-opérateurs. Elle alimente les noues, elle anime les marées de vive-eau, draine les alluvions abandonnées.

Sur notre planète terraquée, les fagnes, les bayous et les lochs rappellent sa présence. L’aiguail matinal comme les averses mêlées de grésil réjouissent grenouilles et cagouilles.

Jadis, dans les jarres ocre, des amphores brun-rouge ou des alcarazas pansus, des porteurs livraient ce précieux trésor. Demain, les mesures antipollution et les poètes de l’eau vive sauveront-ils ce joyau de la plus belle eau ?

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