Apprendre à gérer son souffle et son énergie

En français, toutes les phrases sont composées de mots phoniques. Le terme « mot phonique » se définit comme un mot qui se dit d’un trait, sans prendre de respiration.

poule-et-oeufSi nous prenons comme exemple « La poule pond un œuf. » Nous devons considérer que le premier mot phonique est « La poule » (mot phonique sujet) et que le deuxième mot phonique est « pond un œuf » (mot phonique du verbe). Dans cette phrase, il y a donc deux mots phoniques.

Entre les mots phoniques français, il faut rythmer sa lecture par de petites pauses qui permettent d’inspirer un peu d’air. De plus, il ne faut pas oublier d’accentuer la dernière syllabe de chaque dernier mot du mot phonique.

La poule / pond un œuf. Ici le slash ( / ) indique qu’il faut reprendre sa respiration à cet endroit précis. Le poul en gras rappelle que l’intonation se fait sur l’avant-dernière syllabe quand le mot se termine par un « e » muet.

Un mot phonique peut s’allonger par l’ajout d’autres mots. Par exemple, (La poule) (pond un œuf) peut devenir (La poule) (pond un œuf tout blanc) ou encore (La petite poule de ma grand-mère) (pond un œuf tout blanc)

La petite poule de ma grand-mère / pond un œuf tout blanc. La phrase est constituée de deux mots phoniques. On doit accentuer l’avant-dernière syllabe du groupe phonique mèr, inspirer au niveau du slash ( / ) et baisser la voix au niveau du point final.

Grâce à la prise de conscience de ce qu’est un mot phonique, vous pouvez réellement apporter une autre mélodie à votre lecture.

Remarque : Pour les phrases commençant par un pronom personnel, la respiration change. Vous ne devrez pas inspirer de l’air entre le pronom personnel et le verbe.
Exemples : « Tu bois du thé ? » ; « Elle arrivera demain par le bus. » ; « On sort ce soir. » Ces trois phrases doivent se prononcer d’un seul coup, sans prendre sa respiration entre les mots et correspondent à trois mots phoniques.

Nicolas : première lecture sans avoir pris connaissance de la leçon (28/11/16)

 

Nicolas : une semaine plus tard, après la leçon, les progrès sont réels ! (05/12/16)

Texte de Jean d’Ormesson
« Qu’ai-je donc fait ? J’ai aimé l’eau, la lumière, le soleil, les matins d’été, les ports, la douceur du soir dans les collines et une foule de détails sans le moindre intérêt comme cet olivier très rond dont je me souviens encore dans la baie de Fethiye ou un escalier bleu et blanc flanqué de deux fontaines dans un village des Pouilles dont j’ai oublié le nom. Je ne regrette ni d’être venu ni de devoir repartir vers quelque chose d’inconnu dont personne, grâce à Dieu, n’a jamais pu rien savoir. J’ai trouvé la vie très belle et assez longue à mon goût. J’ai eu de la chance. Merci. J’ai commis des fautes et des erreurs. Pardon. Pensez à moi de temps en temps. Saluez le monde pour moi quand je ne serai plus là. C’est une drôle de machine à faire verser des larmes de sang et à rendre fou de bonheur. Je me retourne encore une fois sur ce temps perdu et gagné et je me dis, je me trompe peut-être, qu’il m’a donné – comme ça, pour rien, avec beaucoup de grâce et de bonne volonté – ce qu’il y a eu de meilleur de toute éternité : la vie d’un homme parmi les autres. »