Dessus, dessous, déçu(e), des sous ?

Lorsque les températures sont au-dessus des normales saisonnières, il faut comprendre que les températures sont plus élevées que celles qui étaient prévues.

Au contraire, lorsqu’elles sont en dessous des normales saisonnières, cela signifie qu’elles sont basses par rapport aux températures prévues à la même époque.

Au niveau de la prononciation, deux erreurs sont à éviter. La première est de prononcer [dé] à la place de [deu] ou [2]. La deuxième est de prononcer les sons [u] et [ou] de la même façon.

Un peu de révision, écoutez la différence :

Dessus, au-dessus de… [deu su] ou [2 su]      [o deu su deu] ou [o 2 su 2]

 

Dessous, en dessous de… [deu sou] ou [2 sou]      [o deu sou deu] ou [o 2 sou 2]

 

Si vous avez tendance à prononcer [dé su] à la place de  [deu su] ou [2 su], votre interlocuteur va comprendre « déçu » qui signifie « désenchanté ».

Déçu(e), je suis déçu(e)… [dé su] 

 

Enfin, « sou » est un terme désuet mais ancré dans la langue française. Utilisé pendant plus de 1000 ans, le mot sou est présent dans les expressions françaises. « Les sous » au pluriel signifie l’argent, la monnaie.

Des sous… [dé sou] (Attention à la forme négative, on dira « je n’ai plus de sous ».)

 

Enfin, pour terminer en beauté un texte de Raymond Devos et sa vidéo… 

Actuellement mon immeuble est sans dessus dessous.
Tous les locataires de dessous voudraient habiter au-dessus !
Tout cela parce que le locataire qui est au-dessus est allé raconter par en dessous que l’air que l’on respirait à l’étage au-dessus était meilleur que celui que l’on respirait à l’étage au-dessous !
Alors le locataire qui est en dessous a tendance à envier celui qui est au-dessus et à mépriser celui qui est en dessous.
Moi je suis au-dessus de ça !
Si je méprise celui qui est en dessous, ce n’est parce qu’il est en dessous, c’est parce qu’il convoite l’appartement qui est au-dessus, le mien !
Remarquez, moi je lui céderai bien mon appartement à celui du dessous à condition d’obtenir celui du dessus !
Mais je ne compte pas trop dessus.
D’abord parce que je n’ai pas de sous !
Ensuite, au-dessus de celui qui est dessus, il n’y a plus d’appartement !
Alors le locataire du dessous qui monterait au-dessus obligerait celui du dessus à redescendre en dessous.
Or je sais que celui du dessus n’y tient pas.
D’autant que, comme la femme du dessous est tombée amoureuse de celui du dessus, celui du dessus n’aucun intérêt à ce que le mari de la femme du dessous monte au-dessus !
Alors là-dessus
quelqu’un est-il allé raconter à celui du dessous qu’il avait vu sa femme bras dessus bras dessous avec celui du dessus ?
Toujours est-il que celui du dessous l’a su !
Et un jour que la femme du dessous était allée rejoindre celui du dessus, comme elle retirait ses dessous
et lui, ses dessus
soi-disant parce qu’il avait trop chaud en dessous
je l’ai su parce que d’en dessous,
on entend tout ce qui se passe au-dessus
Bref ! Celui du dessous leur est tombé dessus !
Comme ils étaient tous les deux saouls, ils se sont tapés dessus !
Finalement, c’est celui du dessous qui a eu le dessus.

Raymond Devos (1922-2006)