Dissertation de philosophie

Auteur : Valérie Robert

Cette dissertation rédigée par mes soins est donnée ici à titre d’exemple.
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Thème : L’art ne s’adresse-t-il qu’à nos sens ?

Si l’on se fie à son étymologie grecque, tecknè, le mot art renvoie à l’idée d’une technique, d’un apprentissage acquis grâce au savoir-faire d’un maître. Ainsi, des peintres illustres, tels que Raphaël ou Léonard de Vinci, ont été initiés dans des ateliers pour apprendre les bases de ce qui deviendra leur art. En dehors de cet aspect technique, on sait également que l’œuvre d’art, qu’elle soit peinture, sculpture, musique ou danse, naît de l’inspiration profonde de l’artiste. Sans imagination et sans créativité, l’art ne peut exister. On remarque également que si certains artistes sont préoccupés par le côté esthétique de leur art, d’autres, au contraire, semblent s’y désintéresser délibérément. C’est grâce à nos sens, notamment la vue, l’ouïe et le toucher, que nous pouvons percevoir l’art. Face à certaines œuvres, des émotions plus ou moins intenses viennent alimenter notre sensibilité : sensations de bien-être, de tristesse, d’angoisse ou même dégoût. On peut alors se demander si l’art, dans sa diversité ou sa richesse, ne s’adresse uniquement qu’à nos sens ? Nous tenterons de répondre à cette question en essayant de comprendre comment l’art éveille nos sens, puis nous verrons aussi qu’une œuvre d’art peut stimuler nos facultés intellectuelles et favoriser l’évasion ou l’imagination.

   Les sens nous ouvrent la porte des sensations et nous permettent ainsi d’apprécier les créations artistiques. Sans eux, nous serions incapables de faire la différence entre un objet quelconque – un caillou – et une œuvre d’art – une sculpture. Grâce à nos sens, nous pouvons porter, de façon naïve, un jugement esthétique sur ce qui nous paraît beau ou laid. Face à une œuvre d’art, nous sommes capables de nous émouvoir et d’éprouver du plaisir ou, au contraire, ressentir un malaise ou du dégoût. Par exemple, devant l’œuvre d’Edvard Munch, Le Cri, nos sens sont en éveil : le ciel rouge sang attire l’œil, tandis que le personnage central du tableau, qui ressemble à un fantôme ondulant à la bouche déformée par le cri, capte l’attention du spectateur. Cette toile, par son mystère et ses couleurs, happe le spectateur qui ne reste pas insensible et se laisse envahir par une émotion.  

    N’importe quelle personne – qu’elle soit cultivée ou pas –  peut s’émouvoir devant une œuvre d’art ou prendre plaisir à écouter une musique. Chacun interprète à sa manière, sans réfléchir et sans chercher à aller plus loin, l’objet de son plaisir. L’œuvre provoque la spontanéité de l’émotion, dans le sens où tout le monde est capable d’éprouver des sensations face à une œuvre. Schopenhauer affirmait que « L’art est contemplation des choses, indépendante du principe de raison ». Par ailleurs, Kant pense que « le beau est ce qui plaît universellement sans concept ». En d’autre termes, l’œuvre serait accessible dans l’immédiat, et le plaisir qu’elle procure serait intérieur et il ne pourrait ni s’extérioriser, ni se communiquer. Il est vrai qu’on peut trouver une œuvre belle, sans qu’il y ait un quelconque intérêt. A l’écoute d’une musique, nos sens peuvent être flattés au point de ressentir un plaisir spontané ou un émerveillement. A ce moment-là, on peut se dire que cette musique est belle et agréable. En émettant un jugement purement esthétique, on est donc forcément dans le subjectivité et l’universalité.

   Mais doit-on toujours assimiler le beau à l’agréable ? Aussi curieux que cela puisse paraître, il nous arrive d’apprécier des œuvres dramatiques représentant des scènes violentes ou angoissantes. Le Requiem de Mozart, l’ultime œuvre de l’artiste, est à la base une messe mortuaire. Et pourtant, elle figure parmi ses plus célèbres chefs-d’œuvre. Comment une musique qui nous renvoie une image de la mort peut-elle susciter autant d’admiration ? Cette question nous conduits à penser que le beau n’est pas forcément la représentation d’une belle chose, mais, par contre, qu’il est une belle représentation de cette chose. Le poème Le tonneau de la haine de Charles Baudelaire traite de l’inassouvissement de la haine des Hommes. Si le sujet est déprimant, on ne peut que reconnaître la beauté du texte.

 

   Comment une œuvre d’art peut-elle stimuler nos facultés intellectuelles ? Il semblerait que nous soyons tous dépendants de notre éducation, de notre milieu social, et que nos goûts changent en fonction de notre milieu. Même si nous n’en sommes pas conscients, notre sensibilité est « éduquée ». Nous avons la faculté de juger une œuvre d’art et notre satisfaction est complètement désintéressée car, tout simplement, la beauté que l’œuvre dégage n’a pas d’utilité. D’ailleurs, ceux qui aiment l’art abstrait se désintéressent du contenu de l’œuvre, c’est la forme ou la façon dont elle a été mise en forme qui touche le spectateur. On retrouve dans les œuvres l’esprit du créateur, et ce pourquoi les œuvres d’art nous émeuvent et nous emmènent parfois bien loin dans notre imagination. Devant la perfection d’une œuvre, les émotions humaines sont parfois très surprenantes, car elles peuvent nous submerger : vertiges, suffocations, hallucinations, perte du sens de l’orientation, évanouissements, tristesse… Pour comprendre les messages que nous transmettent les œuvres d’art, nous devons apprendre à ne pas laisser nous envahir par nos émotions.    

   Comment peut-on expliquer qu’une œuvre aussi magnifique qu’est la statue géante de David et qui s’offre à la vue de millions de personnes provoque un mal étrange chez des spectateurs en émoi par tant de splendeur ou de magnificence ? Est-il possible de perdre la raison devant une œuvre d’art ? Même si l’œuvre d’art, chez la plupart des grands artistes, est pure création, il semble qu’elle soit porteuse d’un message ou d’une interprétation sur le monde. En effet, certaines œuvres, plus que d’autres, nous interpellent et nous poussent vers la réflexion. Souvent, il nous faut restituer l’œuvre dans son époque pour mieux la comprendre. Si nous reprenons l’exemple du Requiem de Mozart, nous comprenons mieux l’œuvre dès l’instant où nous savons que l’artiste l’a créée dans un certain contexte historique et social (il était endetté, très malade, abandonné par ses amis…). L’art est donc lié de façon intime à l’histoire de son créateur. L’art véhicule des messages en s’inspirant d’une multitude de thèmes et de symboles. Le créateur ne cherche pas à imiter le monde extérieur, il trouve son inspiration dans son époque et met en forme sa propre vision du monde. Pour comprendre l’art, l’Homme doit alors mettre son intelligence au service de ses connaissances historiques. En étudiant l’étude des œuvres dans l’histoire, nous découvrons les conditions dans lesquelles l’artiste a créé son œuvre et nous comprenons alors le message qu’il a voulu véhiculer en choisissant tel thème ou tel sujet de représentation.

   Le bagage culturel permet de mieux évaluer et interpréter une œuvre d’art. Les connaissances modifient l’attention que nous portons à l’œuvre. En effet, si l’on est initié et qu’on connait l’histoire de tel artiste, on est plus attentif à certains points ou détails de l’œuvre. Tout dépend de son entraînement visuel ou auditif (pour la musique). Nous voulons en savoir davantage sur le sens de l’œuvre, nous ne nous contentons plus de la visualiser de façon naïve. Preuve est que, dans les musées ou expositions, beaucoup de personnes s’intéressent aux titres des œuvres et aux annotations s’y référant.

    Il semble indéniable que l’art s’adresse à nos sens (essentiellement la vue et l’ouïe), mais il va bien au-delà en jouant avec notre sensibilité et notre imagination. Les œuvres, quelles qu’elles soient, ont une signification esthétique même si elles ne sont pas créées pour procurer du plaisir. L’art sous ces différentes formes véhicule des informations (peinture, poème, chanson) auxquelles les Hommes accèdent s’ils s’en donnent les moyens intellectuels. Nos émotions pimentent notre vie et nous permettent de rentrer en communication avec les autres. Grâce à elles, nous pouvons partager avec les autres et échanger nos avis respectifs sur l’art.

2 réflexions au sujet de « Dissertation de philosophie »

  1. Bonjour, j’ai une dissertation de philosophie à faire sur « L’artiste peut-il favoriser le bien social ? » mais je n’ai aucune idée de quoi faire… Pourriez-vous m’aider ?

    1. Bonjour Matthieu, je ne suis pas une experte en philosophie et je n’ai pas toujours le temps de m’y intéresser malheureusement, mais si tu veux mon avis, tu devrais déjà bien réfléchir sur le terme « le bien social », est-ce qu’il est le contraire de « bien particulier » ? Est-ce qu’il s’oppose au beau social, est-ce qu’il est lié ? Quel est le rôle d’un artiste ? Le bien social, est-ce le patrimoine social ?

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