Texte sur le Niger

Auteur : Valérie Robert

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Le Sahara exerce une incroyable fascination sur les Hommes. Pour de nombreux explorateurs, écrivains, aviateurs, archéologues, ou encore militaires, le désert a toujours été une source inépuisable d’inspiration et de souvenirs. Pourtant, comme l’océan, il peut susciter des craintes, voire des angoisses, mais son pouvoir magnétique est tel que beaucoup ne résistent pas à son appel et se laissent tenter par LA grande aventure. Difficile en effet de ne pas succomber à la tentation, de garder les pieds sur terre, la tête dans les étoiles, dans un lieu aussi enchanteur ! Qui peut rester insensible à la pureté des cordons dunaires et à l’immensité de cette terre brûlée ? Ceux qui vivent l’instant féérique des premières foulées dans le désert n’oublient jamais les sensations éprouvées…

Les meilleures cartes pour le trek

La route des caravanes : cap sur le Niger

Avec une superficie de 1 266 700 km², le Niger est le plus vaste pays d’Afrique de l’Ouest. Entouré par 7 pays (l’Algérie et la Libye au nord, le Bénin et le Nigéria au sud, le Burkina Faso et le Mali à l’ouest, et le Tchad à l’est), ce grand pays sahélien n’a aucun accès à la mer.

Le Niger, couvert aux deux tiers par le Sahara, est une grande terre d’aventures épargnée par le tourisme de masse. Agadez, la capitale de l’Aïr, est connue pour être le point de départ des excursions sahariennes. Les circuits organisés par des guides touaregs proposent aux voyageurs avertis des départs en méharée ou en 4×4 vers les paysages magiques de l’Aïr et du Ténéré.

Le Massif de l’Aïr, situé au nord-ouest du pays entre Arlit et Agadez, offre des paysages grandioses où les montagnes de granit bleu rivalisent de beauté avec les grandes dunes rousses au pied desquelles se cachent des gisements néolithiques remarquables, des gravures rupestres dont les plus anciennes datent de 6000 avant J.-C. Le plus haut sommet du pays, le mont Idoukal-n-Taghès y culmine à plus de 2000 mètres.

 

Timia, mirage ou oasis ?

L’Oasis de Timia, située à 220 kilomètres au nord-est d’Agadez, est le point de chute de nombreuses excursions. Du haut de son plateau, cet écrin de verdure domine les montagnes alentours et offre aux voyageurs cette ressource naturelle si précieuse qu’est l’EAU.

« L’eau qui vaut son poids d’or, l’eau dont la moindre goutte tire du sable l’étincelle verte d’un brin d’herbe… » – Antoine de Saint Exupéry, Terre des Hommes

Les familles touarègues sédentarisées à Timia cultivent une terre bien irriguée grâce à l’oued coulant à proximité. Outre les légumes, on y trouve des fruits (oranges, pamplemousses, grenades…) et des céréales.

 Le Ténéré, le désert des déserts

Incroyablement beau et sauvage, le Ténéré est le plus mythique des déserts. Il s’étend à l’est de l’Aïr sur 400 000 km². Ses hautes dunes caressées par le vent brûlant sont semblables à d’immenses vagues de sable sans cesse renouvelées.

Les excursions dans le Ténéré sont organisées à la découverte de paysages sublimes (grandes dunes de Temet, les rochers Adrar Bous, site de l’Arakao, etc.). Bilma est une oasis réputée pour ses sources d’eau naturelle et ses salines de qualité qui permettent de ravitailler les grandes caravanes en pains de sel, en eau et en dattes. Au nord de la palmeraie, d’autres merveilles attendent le voyageur, comme le Pic Zoumri — un pain de sucre haut de 578 mètres —, la palmeraie de Seguédine et son vieux fort, le plateau du Djado — un îlot de palmiers-dattiers — et les ruines de sa ville fortifiée.

Le mystère de l’arbre du Ténéré

Cet acacia, appelé « Arbre du Ténéré » était le seul arbre de ce désert immense. Vénéré par la population touarègue, il figurait sur de nombreuses cartes géographiques et servait de point de repère aux caravaniers de passage. Tout le monde s’est longtemps demandé comment un tel arbre a pu pousser au cœur de cet univers minéral ? Le mystère a perduré jusqu’en 1973, date à laquelle un conducteur ivre a foncé droit dessus. En effet, après avoir récupéré et mis l’arbre déraciné en lieu sûr (Musée de Niamey), les scientifiques ont creusé à l’endroit précis où se dressait l’acacia et ont découvert à 33 mètres de profondeur le lit d’un fleuve qui autrefois traversait le grand désert du Ténéré. Depuis l’arbre vénéré a été remplacé par une sculpture moderne en métal, œuvre de Josyane et Charles Térésa.

Un décor minéral à la nature inhospitalière

Avant de partir en expédition, le voyageur ne doit pas perdre de vue que le choix du guide est primordial. En effet, une randonnée saharienne ne s’improvise pas, et le voyageur remet en quelque sorte « sa vie entre les mains » de son guide accompagnateur. La vie au milieu des sables ne fait de cadeau à personne : forte amplitude thermique entre le jour et la nuit, fort besoin en eau, perte de tout repère… Chaque année, des personnes inconscientes décident de faire ce périple seules et périssent dramatiquement dans l’immensité du Sahara.

La région de Niamey

Même si la culture touarègue captive et passionne la plupart des voyageurs, le Niger ne se résume pas seulement à ses grandes étendues de sable. Le sud du pays, avec son fleuve et ses paysages de savanes, dégage une atmosphère différente et particulièrement séduisante…

Niamey, la capitale du Niger, s’étend en grande partie le long de la rive nord du fleuve Niger. Ses eaux constituent une ressource précieuse pour la population riveraine vivant majoritairement de la pêche, de l’élevage et de la culture légumière. La région de Niamey reçoit suffisamment de pluies pour développer ses cultures vivrières, ce qui en fait la zone la plus densément peuplée.

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Niamey ne ressemble en rien aux autres mégalopoles africaines : ici, pas de hauts buildings, quelques grandes routes goudronnées, des échoppes de fortune alignées les unes à côté des autres, des marchés aux étals colorés proposant épices, légumes et fruits, viande fraîche ou boucanée… La ville brille par sa grande authenticité.

 Rêverie au bord d’un fleuve mythique…

La terrasse du Grand Hôtel — qui surplombe le Niger — est l’endroit rêvé pour admirer le spectacle du soleil couchant ou observer, dès l’aube, les lavandières battre énergiquement le linge dans les eaux brunâtres du fleuve.

 Richesses artistiques du Niger

L’artisanat est particulièrement bien représenté à Niamey, et dès l’aube, le quartier du Plateau est rythmé par le son des enclumes des bijoutiers touaregs. Ces artisans expérimentés cisèlent des bijoux traditionnels de toute beauté : colliers, bagues, pendants d’oreille, bracelets, mais aussi dagues, boîtes sculptées, croix du Niger… Plus loin, dans les jardins du musée national, les maîtres bronziers s’activent devant leur brasero, mettant en œuvre leur procédé de la cire perdue, une méthode ancestrale qui comprend plusieurs étapes. On commence par modeler une sculpture en cire, puis on l’enrobe d’argile. Une fois la terre séchée, on porte le tout au feu afin que la cire fonde. La cire devenue liquide s’écoule par le manque du moule que l’artisan a prévu au commencement de l’opération. Le bronze est coulé dans le moule vide. Puis, lorsque le métal est solidifié, on casse le moule pour en extraire la sculpture.

 L’atelier associatif du musée de Niamey mérite une visite pour son espace dédié aux artisans qui travaillent avec habilité sous les yeux émerveillés des visiteurs. Ici, on prend son temps pour découvrir et acheter au meilleur prix sculptures en bois d’acajou ou d’ébène, poteries, bronzes, bijoux, boîtes en cuir sculptées, objets en pierre de talc, etc.

 De l’autre côté de la rue, le Centre Culturel Franco-Nigérien Jean Rouch abrite un cinéma et un théâtre à ciel ouvert, ainsi qu’une médiathèque et une grande salle d’expositions où les jeunes artistes locaux peuvent présenter leurs créations. C’est également dans cet agréable espace culturel que se tiennent les plus beaux défilés de mode des jeunes stylistes africains et nigériens. Le plus célèbre d’entre eux, Alphadi continue à faire rêver des milliers de personnes avec ses créations magnifiques, un régal pour les yeux.

La peinture naïve

Niamey, ville culturelle, accueille des peintres talentueux. C’est le cas de Rhissa Ixa et de Seyni Hima, nés tous deux dans la région de Tillabery (à proximité de la frontière qui sépare le Niger du Mali). Le peintre touareg Rhissa Ixa est aujourd’hui considéré comme la figure emblématique de la peinture nigérienne.

Ses peintures naïves représentent des scènes de vie pastorale. C’est d’ailleurs sa toile intitulée « Le marché d’Ayorou » qui le révéla au grand public. Rhissa Ixa reçut en 1967 le deuxième prix du concours « Arts d’Afrique ». Suite à ce classement, le peintre présenta ses œuvres à l’étranger, notamment en France, au Kenya et à Madagascar.

Seyni Hima, né en 1968, semble suivre les traces de son aîné… Autodidacte, cet artiste a exposé à plusieurs reprises en France, à Marseille mais aussi à Pont-Aven.

 A Niamey, il a créé un atelier qui prend en charge une dizaine de jeunes artistes, « pour que l’art soit enfin reconnu à sa juste place au Niger ».

Les dernières girafes d’Afrique de l’Ouest

Au sud-est de Niamey s’étend la région de Kouré, célèbre pour ses étendues de savane et ses girafes. Depuis 1996, l’association ASGN (Association de Sauvegarde des Girafes du Niger) a mis en place une zone de protection afin que ces animaux ne soient plus les victimes des braconniers et que leur habitat soit protégé des projets de déforestation. En 1997, l’association dénombrait environ 150 individus, un succès sachant que 10 ans auparavant on n’en comptait plus qu’une cinquantaine.

Le Parc National du W

Beaucoup plus au sud, sur la route N27 qui mène à La Tapoa, le Parc National du W s’étire sur trois pays : le Niger, le Burkina Faso et le Bénin. Classée par l’Unesco en 1996, la grande réserve se visite de préférence entre octobre et juin — mois de la saison sèche — où il n’est pas rare de voir les animaux s’abreuver au bord des marigots. Plus de 250 espèces d’animaux, dont 4 des « Big Five », évoluent au sein de cette zone sauvage et protégée, de quoi ravir les amoureux d’expériences authentiques.

L’île de Boubon

Au nord-ouest de Niamey, sur la route de Tillabéry, l’île de Boubon mérite un détour pour ses belles poteries en terre cuite décorées et peintes par les femmes du village. Les objets sont confectionnés à partir de l’argile ramassée en bordure du fleuve. Tous les mercredis, l’animation est à son comble avec le marché hebdomadaire qui attire les touristes curieux et les villageois des communes voisines.

Sécurité du voyageur

Il semblerait qu’il existe un réel danger sur la route qui relie Ouagadougou à Niamey. En effet, des bandes armées coupeurs de route sévissent sur plus de 100 km et obligent les voitures à s’arrêter.

Avant de partir, renseignez-vous auprès de l’Ambassade du Niger à Paris :

Section consulaire de l’Ambassade du Niger à Paris
154  rue de Longchamp – 75116 Paris
Tél : 01 45 04 80 60 – Fax : 01 45 04 79 73
Courriel : ambassadeniger@wanadoo.fr

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter le site Conseils aux Voyageurs du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes. Les informations mises à jour quotidiennement vous informent sur les formalités d’entrée dans le pays, les vaccins, les coutumes, et vous donnent de précieux conseils afin de vous éviter des situations délicates, voire dangereuses… On y apprend par exemple qu’il ne faut pas gêner le convoi présidentiel, filmer ou prendre en photo l’aéroport, les ministères et les postes frontière (police)… que l’éclairage public est quasi-inexistant, et qu’il faut mieux éviter de rouler la nuit (voitures, charrettes et mobylettes sans feux…).

L’inexorable avancée du désert

Tout comme ses voisins — le Burkina Faso et le Mali —, le Niger n’est pas épargné par l’inexorable avancée du désert et doit lutter sans relâche contre la désertification de ses terres. Les désordres climatiques qui touchent globalement notre planète rendent le pays encore plus vulnérable face aux sécheresses récurrentes, la performance de son secteur agricole étant largement dépendant de la pluviométrie.

Si vous avez des besoins en rédaction, n’hésitez pas à me contacter à l’adresse : contact@savoirecrire.fr

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