Quelque chose a changé

SYNOPSIS : Louis-Régis Dupont Moreau, Président du groupe Tencom, géant de l’énergie et de la téléphonie, a été mis en minorité par le conseil d’administration. Les actionnaires réclament sa démission. Harcelé par les journalistes, il part se mettre au vert dans une auberge tenue par son ex-épouse, Juliette, avec l’aide de son nouveau mari Adrien. Valentine, une amie de Juliette et de Louis-régis, célèbre ses fiançailles avec Paul-Xavier, un jeune cadre dynamique, qui prend plaisir à casser son entourage.

Louis-Régis : Le fiancé de Valentine, ce type est d’trop dans sa vie.

Adrien : Il◡est de trop partout.

Juliette : D’accord maiselle n’aime pas parler de ça, c’est très personnel, donc on s’en mêle pas.

Louis-Régis : Comment ça on s’en mêle pas ?

Adrien : Mais pourquoi on s’en mêle pas ?

Juliette : Qu’est-ce qui vous◡arrive les garçons ?

Adrien : Un coup d’état, on prend le pouvoir.

Louis-Régis : Voilà.

Dans la salle du restaurant, on apporte le gâteau de fiançailles sur lequel figurent les prénoms Valentine et Paul-Xavier. Les convives assis à table s’exclament joyeusement (Aaaah…) et applaudissent.

Paul-Xavier : J’espère qu’il n’y a pas d’amandes.

Juliette : Un petit peu quand même.

Paul-Xavier (se tournant vers Valentine) : Ah c’est pas possible, tu sais très bien que je déteste ça !

Mère de Paul-Xavier : Moi aussi ! Et puis c’est vulgaire l’amande.

Louis-Régis : Et si je vous parlais du champagne qui se mariera parfaitement avec ces notes d’amande.

Paul-Xavier : Quoi, le champagne encore ? Il réalise qu’il a déjà vu Louis-Régis. Mais je sais où je vous◡ai déjà vu, dans◡un super restau, vous◡avez pas toujours été ici.

Louis-Régis : Ben, les choses changent dans la vie.

Paul-Xavier (moqueur) : Ah ouais, c’est un peu… la dégringolade quand même.

Louis-Régis acquiesce.

Paul-Xavier : Bon, et ce champagne alors, qu’est-ce que vousallez nous servir ?

Louis-Régis : Alors, j’ai choisi un champagne distingué, qui a de la personnalité, et beaucoup de finesse, justement.

Paul-Xavier : Comment ça justement ?

Louis-Régis : Le contraire de vous. Justement. Compte tenu de la haute opinion que vous◡avez de vous-même, je comprends que ce soit une révélation. Ne vous◡inquiétez pas, je me suis◡aperçu aujourd’hui que j’étais probablement dans votre cas, à ceci près tout de même qu’aujourd’hui, justement, quelque chose a changé ma vie. Bon, c’est pour vous dire que ça peut durer. Et je crains qu’en ce qui vous concerne, ce soit parti pour… Autour de cette table, certains vous trouvent dynamique, combatif, entreprenant, audacieux, et d’autres, euh… vous jugent suffisant, prétentieux, ridicule. Et bien les◡uns et les◡autres se trompent, ce que vous◡êtes est tellement plus simple. Avec les mots de tous les jours, comme dans le langage châtié, on vous désigne du même nom. Vous◡êtes un con. D’une espère rare, je l’reconnais. Catégorie suprême, celle qui cumule le con malgré lui et le con satisfait de l’être. Il◡y a longtemps que je n’avais pas rencontré un mélange aussi réussi. Toutes mes félicitations. Être con, euh, n’est pas vraiment gênant en soi, non, l’ennui c’est que les cons se sentent souvent obligés de le faire savoir. C’est l’usage intensif de la connerie qui est pénible. Alors vous, vous◡êtes du genre sans modération. Toujours volontaire, pas de répit, vous devez même assurer des permanences. Oui, vous savez, toutes les matières premières finiront par s’épuiser. Pour la connerie, aucun risque. Vous◡êtes là ! Vous. Et beaucoup d’autres. Votre force, c’est le nombre. Le vrai problème dans la chasse◡aux cons, c’est qu’il◡y a trop de gibier. D’ailleurs, c’est pour ça que j’y ai renoncé. Vous devriez en faire autant, heu, renoncer à vos fiançailles, je veux dire, non pas parce que tout le monde fait semblant d’y croire, mais parce que vous◡êtes◡indigne de Valentine. 

Prononcer correctement le français grâce à la phonétique !