Les bizarreries de la langue française

Hôtelier [otəlje], Batelier [batəlje] , Atelier [atəlje], Râtelier [ratəlje], Chapelier [ʃapəlje], Bachelier [baʃəlje] : La règle du -e [ə] (caduque ou muet) est complexe. Lorsque le -e [ə] est précédé de deux consonnes et suivi d’une consonne, alors il devient sonore (on le prononce). A l’inverse, lorsque le -e [ə] se trouve entre une seule consonne, il devient muet. Exception pour les mots dont le -e [ə] est suivi par i mouillé (ou yod) [j], même s’il est entouré d’une seule consonne, alors exceptionnellement il se prononcera.

En résumé :

2 consonnes + e + 1 consonne = On prononce le -e [ə]
1 consonne + e + 1 consonne = On ne prononce pas le -e [ə]
1 consonne + e + 1 consonne avec [j] = On prononce le -e [ə]

Monsieur (Mon/sieur) se prononce [məsjø] : Dans la première syllabe, le « on » fait exceptionnellement le son [ə], et le « r » à la fin du mot est muet. Étymologiquement parlant, « mon » est l’adjectif possessif et « sieur » une forme contractée de « seigneur ».

Femme se prononce [fam]. Le mot vient du latin Femina qui signifie « femelle ». La prononciation de « femme » avec un « a » [fam] viendrait du mot de l’ancien français « fame » pour désigner quelque chose de bonne réputation ou de renommée. Ainsi on faisait appel à des remèdes de bonne « fame » (remède de bonne femme).

Les mots qui commencent par « abs » se prononcent « aps ».
Exemples : absorber [apsɔrbe] ; absence [apsɑ̃s] ; abstrait [apstrε] …
On remarque la même chose pour les mots en « obs » qui vont se transformer en « ops ». Ex. observation [ɔpsεrvasjɔ̃].

On ajoute parfois des « e » [ə] pour des raisons totalement phonologiques. Ex. Un ours brun => Un ours[ə] brun.

Toujours avec le mot « ours » : lorsque ce mot est suivi d’un mot commençant par une voyelle, il faudra faire une liaison en « s » et non en « z » comme on le fait habituellement en français, car le « s » de « ours » est une consonne sonore.
Ex1. J’ai vu unoursendormi [œ̃nursɑ̃dɔrmi] dans une grotte.

Même chose pour le mot « sens » : étant donné que son « s » final se prononce, on fera une liaison en « s » si le mot qui suit commence par une voyelle.
Ex2. Tourner dans le sensinverse des aiguilles d’une montre. [sɑ̃s◡ɛ̃vɛrs]

Acupuncture (A/cu/punc/tu/re) [akypɔ̃ktyr] : en latin de acus (aiguille) et de punctura (piqûre). La troisième syllabe « punc » se prononce « ponc » [pɔ̃k].

Bœuf, œuf, os : Ces trois mots ont une consonne finale qui s’entend uniquement au singulier. Au pluriel, on ne prononce pas la consonne finale.
Bœuf [bɶf], au pluriel : bœufs [bø]
ɶuf
[ɶf], au pluriel : œufs [ø]
Os [ɔs], au pluriel : os [o]

Second, seconde [səgɔ̃], [səgɔ̃d] : Pourquoi la deuxième syllabe « con »  se prononce-t-telle « gon » ? Tout est question d’étymologie. Le terme vient du latin secundus, qui signifie « qui suit ». Jusqu’au XVIIIe siècle, le mot s’écrivait « segond ». Ensuite, la lettre G a été remplacée par un C, pour rendre la graphie conforme à la racine latine. Mais la prononciation n’a pas suivi l’uniformisation de l’orthographe…

Zinc [zε̃g] : On le prononce « Zing ». Encore un « c » qu’on doit prononcer « g ».

Le « p » à l’intérieur des mots « compte » [kɔ̃t], « prompt » [prɔ̃], « sculpture » [skyltyr] ne se prononce pas.

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