La langue française par la dictée…

J’ai vécu quelques expériences qui montrent qu’une personne peut très bien connaître une règle de grammaire et ne savoir ni l’appliquer, ni même la reconnaître ! C’est pourquoi je propose aujourd’hui de rompre avec les lois codifiées des livres de grammaire et de commencer un vrai travail à partir de jolis textes. J’aimerais exercer l’intelligence de tous mes élèves non pas avec la matière « morte » des grammaires, mais avec des textes « vivants ». Ma méthode peut sembler un peu à contre-courant de ce que l’on propose actuellement dans les écoles ou les collèges, mais le français n’est-il pas avant tout une langue vivante ? Devons-nous croire absolument que, pour connaître une langue, il faut commencer par étudier consciencieusement toutes les règles grammaticales ? Un livre de grammaire n’est-il pas, après tout, qu’un ensemble d’observations recueillies à partir des meilleures œuvres de la littérature française ?

En choisissant des textes d’auteur, je cherche à mettre les élèves en contact avec la littérature pour que nous retrouvions ensemble le plaisir d’extraire les lois du langage. Comprendre la pensée des grands écrivains, offrir de beaux textes sans banaliser l’enseignement grammatical, telle est la mission que je me donne depuis plusieurs mois déjà. Espérons qu’elle portera ses fruits…

Je parle essentiellement de grammaire, mais je n’oublie pas l’orthographe. Les dictées qui paraissaient rétrogrades il y a encore quelques années semblent être remises au goût du jour. Là encore je remarque que beaucoup d’enseignants « triomphent » de l’ignorance des collégiens et semblent éprouver un plaisir sadique en rendant les mauvaises copies. Le zéro pointé est parfois accompagné d’un mot assassin « NUL ! ». Que cela signifie-t-il au juste ? Veut-on réellement tirer les enfants vers le haut ou veut-on les traumatiser ou les décourager ? Un bon enseignant n’est pas celui qui cherche à tendre des pièges vicieux dans lesquels les élèves tomberont forcément… Je précise que je suis contre les dictées apprises par cœur. Je ne trouve pas d’intérêt dans cet acte mécanique. Etudier à l’avance une dictée ne garantit pas à l’enfant inattentif de ne plus faire de fautes, même s’il connaît le texte parfaitement. D’ailleurs, l’expérience montre qu’un mot mal orthographié est mieux ancré dans la mémoire de celui qui l’a écrit que le mot corrigé. Tout simplement, parce que la personne qui a fait l’effort de construire le mot aura beaucoup de mal à enregistrer la correction. Lors de l’effort, elle était active, lors de la correction, elle est passive !

Alors, que faire ? Dans mes cours, j’essaie de stimuler et piquer la curiosité, parce qu’au fond, beaucoup de textes littéraires sont toujours d’actualité, parce qu’ils n’ont pas perdu l’attrait de la nouveauté ! Je prépare toujours avec le même plaisir des extraits tirés des plus grands auteurs : Rousseau, Voltaire, La Bruyère, Descartes, Victor Hugo, Balzac, Daudet, Gauthier, Zola, Bazin, Colette, Flaubert… pour ne citer que quelques-uns !

Ma méthode d’accompagnement est simple : 

  • Lecture du texte avec l’élève avant de le lui dicter… Cela lui permet d’avoir le temps d’examiner les mots qu’il ne connaît pas (mémoire visuelle). 
  • Ecriture et épellation des mots difficiles (mémoires graphique et auditive).

Ecrire une dictée ne doit plus être une corvée, mais au contraire quelque chose de stimulant.

Très prochainement, je mettrai en ligne quelques audios afin que chacun puisse s’entraîner à la dictée, à son propre rythme, sans pression, par amour pour notre belle langue ou tout simplement pour le plaisir d’écouter un texte joliment écrit.

Si vous avez de jolis extraits à me proposer, n’hésitez pas à m’envoyer un petit message à l’adresse contact@savoirecrire.fr

 

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