seoir : un verbe d’un autre temps ?

Le verbe seoir [swa:r]

– Palamède ! Cela sied à votre côté mallarméen : « Un coup de dés jamais n’effacera le hasard ! » (Les Catilinaires, Amélie Nothomb)

« Cela vous sied bien », « cela vous sied à merveille » [s(ə)lɑ vu sje bjɛ̃, s(ə)la vu sje ɑ mɛrvɛj]

Le verbe à l’infinitif seoir signifie « aller bien » ; « convenir».
Après quelques recherches sur l’origine de ce verbe, j’ai découvert que ce verbe, employé très rarement aujourd’hui, signifiait au Xème siècle « s’asseoir » ou « être assis ». Peu à peu, au fil du temps, son sens a évolué en « convenir » (dès le XIIème siècle).

Dans le Cours éducatif de langue maternelle à l’usage des écoles et des familles : Volume 1 (1876), on peut lire que « Seoir » est un verbe unipersonnel. Cela veut dire qu’il ne peut être utilisé qu’à la troisième personne du singulier, comme le verbe « importer » (Il importe que, cela importe peu que…).
Au présent, à l’imparfait et au futur simple (Indicatif)

Par ailleurs, dans le même ouvrage, il est indiqué que « le verbe « sied » a un pluriel » :

Seyant(e), participe présent de seoir

Enfin, il est encore courant aujourd’hui de dire que quelque chose (un vêtement, une coiffure, une étoffe, etc.) est très seyant ou seyante [sεjɑ̃ ; sεjɑ̃t] sur quelqu’un pour exprimer que cette chose flatte la personne qui la porte.

On peut faire un lien avec son origine « s’asseoir », « être assis ». En effet, « seyant » vient probablement de « séant » nom familier qui désigne les fesses, le postérieur. 

Dans une phrase impersonnelle, il est séant de + infinitif ou il est séant que + subjonctif renvoie à des notions de convenance ou décence. On fait vite le lien avec les termes de bienséance, malséance pour désigner quelque chose qui est admis comme convenable ou au contraire qui choque ou va à l’encontre de la morale.

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