Archives de catégorie : Culture

Le e prépausal : une mode à ne pas suivre…

« Bonjour-e Valéri-e  » : ce tic de prononciation (et de langage) consiste à sonoriser des « e » muets et même d’en ajouter à la fin des mots qui n’en contiennent normalement pas. (Attention, il ne s’agit pas du « heu » qui marque l’hésitation.)

 

Il en existe une variante, encore plus « curieuse », celle d’ajouter des « an » ou des « in » ! Mais d’où vient ce mystérieux phénomène ? On a mis un nom sur ce drôle de tic : on l’appelle le « e » prépausal, et la tendance est telle que de nombreux linguistes l’étudient sérieusement, notamment Anita Berit Hansen, professeur de linguistique à l’université de Copenhague. Pour tout comprendre, regardez la vidéo ci-dessous…

« Alors-e, tu as aimé l’article-an ? »

Phonétique : les groupes consonantiques

Fable ou Histoire

Louis-Napoléon Bonaparte, à l’image de son oncle Napoléon Ier qui avait pris le pouvoir par la violence, a, par un coup d’État, usurpé le trône d’empereur. Dans son recueil poétique Les Châtiments, le poète, exilé par l’imposteur devenu Napoléon III, dénonce ses « crimes », ses exactions et son appétit de pouvoir. Ici, il le dépeint sous les traits d’un singe qui tente d’imiter son illustre prédécesseur…

Un jour, maigre et sentant un royal appétit,
Un singe d’une peau de tigre se vêtit.
Le tigre avait été méchant, lui, fut atroce.
Il avait endossé le droit d’être féroce.
Il se mit à grincer des dents, criant : « Je suis
Le vainqueur des halliers1, le roi sombre des nuits ! »
Il s’embusqua2, brigand des bois, dans les épines ;
Il entassa l’horreur, le meurtre, les rapines3,
Égorgea les passants, dévasta la forêt,
Fit tout ce qu’avait fait la peau qui le couvrait.
Il vivait dans un antre4, entouré de carnage.
Chacun, voyant la peau, croyait au personnage.
Il s’écriait, poussant d’affreux rugissements :
« Regardez, ma caverne est pleine d’ossements ;
Devant moi tout recule et frémit, tout émigre,
Tout tremble ; admirez-moi, voyez, je suis un tigre ! »
Les bêtes l’admiraient, et fuyaient à grands pas.
Un belluaire5 vint, le saisit dans ses bras,
Déchira cette peau comme on déchire un linge,
Mit à nu ce vainqueur, et dit : « Tu n’es qu’un singe ! »

Victor Hugo, Les Châtiments, III, 3, 1853.

1. Groupes de buissons serrés et touffus.
2. Se cacher pour pouvoir agresser.
3. Pillages.
4. Caverne, grotte servant de repaire à une bête fauve.
5. Gladiateur qui, dans l’Antiquité, combattait les bêtes féroces dans les amphithéâtres.

Victor Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon en France, est un poète, romancier et dramaturge. Victor Hugo est sans conteste l’un des géants de la littérature française. Ses romans les plus connus sont entre autres « Notre-Dame de Paris » (1831) et »Les Misérables » (1862).

Phonétique : les nasales

Une chanson douce interprétée par Henri Salvador

Une chanson douce
Que me chantait ma maman,
En suçant mon pouce
J’écoutais_en m’endormant(liaison s sonore [z])
Cette chanson douce,
Je veux la chanter pour toi
Car ta peau est douce
Comme la mousse des bois.
La petite biche est aux_abois. (liaison s sonore [z])
Dans le bois se cache le loup,
Ouh, ouh, ouh ouh !
Mais le brave chevalier passa.
Il prit la biche dans ses bras.
La, la, la, la.
La petite biche,
Ce sera toi, si tu veux.
Le loup, on s’en fiche.
Contre lui, nous serons deux.
Une chanson douce
Que me chantait ma maman,
Une chanson douce
Pour tous les petits_enfants(liaison s sonore [z])
Oh ! Le joli conte que voilà,
La biche, en femme, se changea,
La, la, la, la
Et dans les bras du beau chevalier,
Belle princesse elle_est restée, (liaisons l [l])
à tout jamais.
La belle princesse
Avait tes jolis cheveux,
La même caresse
Se lit_au fond de tes_yeux(liaisons t puis s sonore [z])
Cette chanson douce
Je veux la chanter aussi,
Pour toi, ô ma douce,
Jusqu’à la fin de ma vie,
Jusqu’à la fin de ma vie.

 « Ce sont des chansons qui sont dans les gênes même si la jeune génération ne sait pas qui est forcément Henri Salvador » (Louis Chédid)

Henri Salvador, né à Cayenne en Guyane en 1917 et mort à Paris en 2008 est un chanteur français. Compositeur et guitariste, il joue dans des orchestres de jazz avant de commencer une longue carrière de chanteur en 1948. Artiste populaire, apprécié d’un large public, on lui doit de nombreuses chansons qui aujourd’hui encore demeurent dans les mémoires : Syracuse ; Maladie d’amour ; Une chanson douce connue aussi sous le nom de Le loup, la biche et le chevalier…

Bise ou pas bise ?

La bise pour se dire bonjour

Pour l’humoriste anglais Paul Taylor, la coutume française qui consiste à se faire la bise pour se dire bonjour est aberrante. Au travers de la vidéo ci-dessous, Taylor met en avant le dilemme de savoir s’il faut faire la bise ou serrer la main d’une femme que l’on rencontre pour la première fois, s’il faut faire une, deux, trois ou quatre bises, s’il faut commencer par la joue gauche ou celle de droite, ou encore s’il faut, sur son lieu de travail, faire la bise à tous ses collègues ou à personne pour n’attiser aucune jalousie.

La vérité sur la bise…

Dans l’Est de la France, on vous fera deux bises, en commençant généralement par la joue droite.
Dans le Sud de la France, on pratique soit 2, soit 3 bises, en commençant généralement par la joue gauche.
A Paris, dans tout le Bassin Parisien et en Picardie, vous aurez le droit à deux ou quatre bises, en commençant généralement par la joue gauche.
En Bretagne, dans la région de Brest, vous n’aurez qu’une bise…
Enfin, à Montpellier et dans la région du Gard, vous devrez faire 3 bises à la personne que vous saluerez.

Pour en savoir plus : 

http://rue89.nouvelobs.com/blog/americanmiroir/2012/07/24/la-bise-un-rituel-so-chic-qui-deroute-les-americains-228080

http://www.combiendebises.com

 

Les Français, sont-ils trop polis ?


Trop de formules de politesse.
Des fois [formule à éviter], même, entre deux étages, dans un ascenseur, tu peux en faire NEUF [9] des formules de politesse, tu sais !
Tu rentres.
« Bonjour… Pardon… Excusez-moi… Pardon ? Quel étage ? Deuxième. Merci. »
T’attends un peu.
« Oups ! Pardon. »
T’arrives. Les portes s’ouvrent.
« Excusez-moi, je veux sortir. C’est à moi de sortir. »
« Ben, oui, je vais vous laisser passer. »
« Ben, merci. »
« Attention… Pardon… Excusez-moi… Bonne journée ! »
« Ben vous aussi ! »
« Merci, au revoir, à bientôt, merci, pardon, oups ! »