Archives de catégorie : Phonétique

Les liaisons particulières

Liaisons avec un groupe de consonnes -r + consonne :

Nord-Est, Nord-Ouest…

-RD
– Nord-Est [nɔrεst] / Nord-Ouest [nɔrwεst]
– Nord-Africain [nɔrafrikε̃]
– Nord-Américain [nɔramerikε̃]
– Un lourd animal [œ̃luranimal]
– Sourd et muet [suremɥε]
– Un motard heureux (liaison facultative) [œ̃mɔtarɶrø]
– Un regard étonné (liaison facultative) [œ̃rəgaretɔne]

Mais on dira :
– Une lourde amende [ynlurdamɑ̃d]
– Sourde et muette [surdemɥεt]

Vers elle, cours avec lui…


-RS
– Vers elle [vεrεl]
– Cours avec lui. [kuravεklɥi]
– Pars avec elle. [paravεkεl]
– A travers une fenêtre [atravεrynfənεtr]
Toujours est-il que… [tuʒurεtilkə]
– Il est toujours à se plaindre. [ilεtuʒurasəplε̃dr]
– Je suis toujours en retard. [ʒəsɥituʒurɑ̃rətar]
– Nous trouverons toujours un moyen. [tuʒurœ̃mwajε̃]
– Il fait toujours aussi froid ! [tuʒurosifrwa]
– Je peux toujours en avoir besoin. [tuʒurɑ̃navwarbəzwε̃]
– Tu peux toujours essayer. [tuʒureseje]
– Ils n’ont pas été toujours aussi gentils. [tuʒurosiʒɑ̃ti]
Envers et contre tous ! [ɑ̃vεrekɔ̃trətus]
– Envers eux / elles [ɑ̃vεrø/εl]
– Cinq heures et demie [sε̃kœredmi]

Mais on dira :
– Le TiersEtat [tjεrzeta]

Vert amande, vert anis…

-RT
– Vert amande [vεramɑ̃d] / Vert anis [vεrani]
À part entière [aparɑ̃tjεr]
– Prendre part à quelque chose [parakεlkəʃoz]   
De part en part [dəparɑ̃par]
– Un court instant [œ̃kurε̃stɑ̃]
– Un départ annoncé (liaison facultative) [deparanɔ̃se]
– Ouvert ou fermé ? [uvεrufεrme] 
– On part avec eux. [ɔ̃paravεkø]
– Mort en direct [mɔrɑ̃dirεkt]
– Elle sort avec ses amis. [εlsɔravεksezami]
– Donner tort à quelqu’un. [tɔrakεlkœ̃]
À tort ou à raison [tɔruarεzɔ̃]
À tort et à travers [tɔreatravεr]

Mais on dira :
– Une courte expérience [ynkurtεksperjɑ̃] / une courte attente
[ynkurtatɑ̃t]
– Sort-elle souvent ? [sɔrtεl]
– Part-il tôt le matin ? [partil]
– Court-on vite ou lentement ? [kurtɔ̃]
– Un arc-en-ciel [arkɑ̃sjεl]
– Un porc-épic [pɔrkepik] (pluriel porcs-épics)
De part et d’autre [dəpartedotr]   

Le ə muet ou schwa

Boulangerie, médecin, événement…

Le -e [ə] peut disparaître à la condition qu’il ne crée pas un groupe de consonnes complexe difficilement prononçable.

Si nous prenons comme exemple le verbe revenir, on se rend compte que la disparition du -e [ə] situé entre le -v et le -n facilite la pronon-ciation du mot : [rəvnir].

Cette règle est valable pour tous les mots de la langue française. On peut donc avancer l’idée qu’un -e [ə] situé entre 1 consonne et 1 autre consonne : C[ə]C disparait à l’oral.

Boulangerie [bulɑ̃ʒri] ; médecin [medsε̃] ; événement [evεnmɑ̃] ; seulement [sɶlmɑ̃]

Pour les autres cas de figure, la disparition du -e [ə] peut s’avérer impossible à moins de créer un groupe consonantique imprononçable. En règle générale, le -e [ə] ne disparaît pas lorsqu’il est précédé de 2 consonnes et suivi de 1 consonne : CC[ə]C ne peut pas disparaître à l’oral.

Appartement [apartəmɑ̃] ; gouvernement [guvεrnəmɑ̃] ; brusquement [bryskəmɑ̃] ; partenaire [partənεr]

On note également que le [ə] ne peut pas disparaître dans le pronom « le » lorsque sa position est à la fin d’un groupe (par exemple à l’impératif) ou qu’il précède un mot commençant par un -h aspiré.

Ex. Le hibou. Pose-le ici.

D’autre part, on évite de créer des confusions dans quelques cas : Dehors qui deviendrait Dors ou D’or. Pelage qui deviendrait Plage.

Veillez à respecter cette règle quand le -e [ə] à la fin d’un mot est précédé de 2 consonnes et suivi de 1 consonne. Ex. Le risque zéro n’existe pas. [lə.risk[ə]zero.nεgzist[ə].pa]
En voici d’autres exemples :

Le merle moqueur CC[ə]C
Un meurtre sordide CC[ə]C
Un arbre feuillu. CC[ə]C
Un large progrès CC[ə]C
La verte prairie CC[ə]C
Vivre dans la joie CC[ə]C
Un ocre rouge CC[ə]C
L’aigle des montagnes CC[ə]C
Un coffre-fort CC[ə]C
Quatre points CC[ə]C
Un cadre supérieur CC[ə]C
Un orque blanc et noir CC[ə]C
Quelque chose CC[ə]C
Une marche blanche CC[ə]C
Un charme fou CC[ə]C
Le cercle des poètes disparus CC[ə]C
Un texte poétique CC[ə]C
Les Alpes de Haute-Provence CC[ə]C
Le Golfe du Morbihan CC[ə]C
Un axe majeur CC[ə]C
Au rythme du djembé CC[ə]C
Le Ministre de la Santé CC[ə]C
L’ordre des choses CC[ə]C
Les muscles du dos CC[ə]C


Pour éviter que trois consonnes se suivent et ne créent un groupe inprononçable, on crée un -e [ə] à l’oral :

Un ours brun [œ̃nurs[ə]brœ̃]
Des mœurs spéciales [demɶrs[ə]spesjal] (si l’on prononce le « s » de mœurs, les deux étant possibles.)

Il me manque des exemples pour ce dernier type de cas, merci de m'aider à enrichir ce billet si vous en trouvez d'autres... :)

Liaisons avec les voyelles nasales


Les liaisons avec « il y a » / « il y en a » …

Il y a, il y a eu…

Il◡y◡a  / Il◡y◡a eu / Il◡y en◡a / Il◡y en◡a un / Il◡y en◡a eu un
Qu’y◡a-t-il ?
Il◡y◡a quelqu’un ? Y a-t-il quelqu’un ?

Les liaisons avec en-an / un / on

En en vendant un et en en achetant un…

En◡en◡vendant un et en◡en◡achetant un, on◡est contents ! En◡un◡an / En◡un◡an, on◡en◡a eu.
En◡un◡an, on◡en◡a eu un.
Un◡instant / En◡un◡instant / En◡un court◡instant
De la chance, on◡en◡a, on n’en◡a pas. Pourquoi en◡a-t-on ?On◡en◡a parlé lundi. On n’en◡a jamais parlé.
En◡a-t-on parlé lundi ? N’en◡a-t-on jamais parlé ?
On◡en◡a un. On◡en◡a encore◡un◡autre.
En◡a-t-on un ? En◡a-t-on encore un◡autre ?

On en apprend tous les jours…


On◡en◡apprend tous les jours. En◡apprend-on tous les jours ?
On◡en◡a mis un de côté. En◡a-t-on mis un de côté ?
On◡n’en◡entend jamais parler. N’en◡entend-on jamais parler ?
On◡en◡entend de temps◡en temps. En◡entend-on de temps en temps ?
Sitôt qu’on◡en◡ôte un, on marche plein d’entrain.
En◡en◡ôtant un, on marche plein d’entrain.

Le blanc Dindon de Ionesco

Le blanc dindon de Ionesco

Jean : Dans la basse-cour, depuis dimanche, le blanc dindon dont ta tante et toi vous me fîtes don, lundi dernier, fait la cour à la dinde blanche de mon cousin fils d’oncle Aron.

Gaston : Ce n’était pourtant pas un lundi, mais bien un vendredi que moi, Gaston, ton cousin, je te fis don d’un blanc dindon dont tu m’apprends qu’il fait la cour, dans la basse-cour, à la blanche dinde dont te fit don l’autre cousin, fils d’oncle Aron, mari de la tante Angèle que tant tu aimes.

Jean : Gaston !

Gaston : Hein ?

Jean : Gaston, entends-tu, ne trouves-tu pas que cette conversation pour apprendre à prononcer le son « on », le son « an », le son « in », à l’air con ?

Gaston : Jean, tu as raison. Abstenons-nous en donc. Quand nous reverrons-nous ?

Jean : un de ces lundis !

La confusion entre [ø], [ɶ] et [ɔ], [o]

[ø] est une voyelle antérieure (la langue vers l’avant de la bouche), mi-fermée (aperture ou ouverture moyennement fermée de la bouche) et arrondie (les lèvres sont rondes mais moins tendues que pour le son [ə]).
[ɶ] est une voyelle antérieure (la langue vers l’avant de la bouche), mi-ouverte (aperture ou ouverture moyennement ouverte de la bouche) et arrondie (attention les lèvres sont très légèrement rondes).
[Ɔ] est une voyelle postérieure (la langue se rétracte vers le fond ou l’arrière de la bouche mais ne se lève pas comme pour le o fermé [o]), mi-ouverte (aperture ou ouverture moyennement ouverte de la bouche) et arrondie (les lèvres sont très rondes).
[O] est une voyelle postérieure (la langue se rétracte vers l’arrière de la bouche et se rapproche du palais), mi-fermée (aperture ou ouverture presque fermée de la bouche) et arrondie (les lèvres sont très rondes).

Beurre, bord, buteur, butor, cheveux, chevaux…


beurre [bɶr]        bord [bɔr]
buteur [bytɶr] butor [bytɔr]
cheveu(x) [ʃvø] [ʃəvø] chevaux [ʃvo] [ʃəvo]
cœur [kɶr]   corps / cor [kɔr]
collecteur [kɔlεktɶr]collector [kɔlεktɔr]
deux [dø] dos [do]
d’heure [dɶr] dort / d’or / d’ores [dɔr]
en chœur [ɑ̃kɶr] encore / Ankor [ɑ̃kɔr]
épagneul [epaɲɶl] espagnol [εspaɲɔl]
feu [fø] faux [fo]
fleur [flɶr] flore [flɔr]
honneur [ɔnɶr]             au nord [onɔr]    
horreur [ɔrɶr] Aurore [ɔrɔr]
jeune [ʒɶn] jaune [ʒon]
l’heure [lɶr]                     l’or [lɔr]  
majeur [maʒɶr] major[maʒɔr]
menteur [mɑ̃tɶr]  mentor [mɑ̃tɔr]
meurt [mɶr] / mœurs [mɶr(s)] mort / maure [mɔr] / morse
[mɔrs]
moniteur [mɔnitɶr]monitor [mɔnitɔr]
Peul / Peule [pøl] Paul [pɔl]/ Paule / Pôle [pol]
peur [pɶr] porc / port / pore [pɔr]
saveur [savɶr] dévore [devɔr]
seigneur [sεɲɶr] senior [senjɔr]
Seul / Seule [sɶl] Sol [sɔl] / Saule [sol]
sœur [sɶr] sort [sɔr]
teneur [tənɶr]ténor [tenɔr]
treize heures [trεzɶr] trésor [trezɔr]

Apprendre à distinguer les homophones

Les homophones se prononcent de la même façon, même s’il n’ont pas obligatoirement la même orthographe. Apprenez à les distinguer car ceux-ci n’ont pas la même signification lorsqu’ils possèdent un genre différent (féminin/masculin).

Une course, des courses…

1. Une course [yn.kurs]Des courses [de.kurs]
2. Une crêpe [yn.krεp]Un crêpe [œ̃.krεp]
3. Une livre [yn.livr]Un livre [œ̃.livr]
4. Une manche [yn.mɑ̃ʃ]Un manche [œ̃.mɑ̃ʃ]
5. Une mémoire [yn.memwar]Un mémoire [œ̃.memwar]
Des mémoires [de.memwar]
6. Une mode [yn.mɔd]Un mode [œ̃.mɔd]
7. Une moule [yn.mul]Un moule [œ̃.mul]
8. Une mousse [yn.mus]Un mousse [œ̃.muss]
9. Une pendule (Tic tac !)
[yn.pɑ̃dyl]
Un pendule [œ̃.pɑ̃dyl]
10. La Poste [la.pɔst]Un poste [œ̃.pɔst]
11. Une somme [yn.sɔm]Un somme [œ̃.sɔm]
12. Une tour [yn.tur]Un tour [œ̃.tur]
13. Une vase [yn.vaz]Un vase [œ̃.vaz]
14. Une voile [yn.vwal]Un voile [œ̃.vwal]
15. Une solde [yn.sɔld] Un solde [œ̃.sɔld]
  1. Faire des courses : Le terme course désigne une épreuve sportive, mais aussi les déplacements pour assurer la pérennité d’un foyer (nourriture, confort…). On utilise l’expression « faire des/les courses » quand on se rend par exemple au supermarché.

2. Faire des crêpes : Le 2 février, jour de la Chandeleur, les Français mangent traditionnellement des crêpes. Leur forme ronde et leur couleur dorée représentent à la fois le soleil et le grand retour de la lumière. N’oublions pas que les jours commencent à rallonger en février.

4. Une manche est la partie d’un vêtement qui entoure le bras.

La manche d’une veste

Un manche est la partie d’un instrument ou d’un outil par laquelle on le tient (ex. manche à balai, manche d’un couteau, manche d’un marteau…).

5. Des mémoires sont une œuvre littéraire qui retrace le récit de sa propre vie.

7. Une moule est un coquillage comestible qui vit à l’état naturel fixé sur des rochers.

Recette des moules marinières

Un moule est un récipient qui permet le moulage et le démoulage des préparations culinaires telles que gâteaux, cakes…

9. Un pendule est un objet qui oscille sous l’effet de forces variées.

11. Faire un somme est l’équivalent de faire une sieste.

12. Faire un tour signifie faire une promenade.

13. La vase est un sédiment meuble fortement humide dans laquelle on s’enfonce plus ou moins.

La vase d’un marécage

14. Faire de la voile signifie faire du bateau, naviguer…

15. Une solde est le salaire du militaire.

Commercialement parlant, les soldes (masculin pluriel) consistent à vendre des surplus en baissant le prix.

Assimilation du son


Lorsqu’on parle vite, et dans un temps très court, on a tendance à modifier certains sons sans vraiment s’en rendre compte. C’est un phénomène courant en français mais aussi dans beaucoup d’autres langues. Le français est une succession de mots phoniques à l’intérieur desquels on assimile des sons.

En prononçant rapidement, les phonèmes influent sur d’autres phonèmes. Lorsque deux consonnes sont en contact direct à la jonction de deux syllabes, elles interagissent l’une sur l’autre.

Par exemple, dans le mot « obsession », sous l’influence de la consonne sourde s, la consonne sonore b va se transformer en p consonne sourde. Obsession [ɔbsesjɔ̃] se prononcera [ɔpsesjɔ̃].

Rappel : Une consonne sonore ou voisée, est une consonne articulée avec vibration des cordes vocales, contrairement à une consonne sourde ou non voisée, articulée sans vibrations.
Les consonnes sourdes s’opposent à leur contrepartie sonore : p/b – t/d –
f/v – s/z – k/g.

Au sein d’un même mot, la consonne en position finale agit sur la consonne en position initiale. En d’autres termes, si une consonne sourde suit une consonne sonore, cette dernière se transformera en consonne sourde. (On parle alors d’assourdissement.)

Observer [ɔbsεrve ] => [ɔpsεrve].
Absence [absɑ̃s] => [apsɑ̃s].
Abstrait [abstrε] => [apstrε].
Obtenir [ɔbtənir] => [ɔptənir].
Subtil [sybtil] => [syptil].
decine [medsin] => [metsin]

Prenons d’autres exemples où sous l’influence d’une consonne sonore, une consonne sourde se transforme en consonne sonore. (On parlera dans ce cas précis de sonorisation.)

Chef de vente [ʃεfdəvɑ̃t] => [ʃεvdəvɑ̃t]
Anecdote [anɛkdɔt] => [anɛɡdɔt]
Docteur [dɔktɶr] => [dɔgtɶr]
Paquebot [pakbo] => [pagbo]

En résumé, on parle d’assimilation du son, lorsque qu’une consonne sonore « sonorise » la consonne sourde qui la précède ou quand une consonne sourde « assourdit » une consonne sonore.

Le tréma ¨

Le tréma  « ¨ » désigne les deux petits points que l’on place au-dessus de certaines voyelles. Il se place sur la deuxième voyelle et sert à indiquer qu’il faut la prononcer séparément. Par exemple, le mot « maïs » se prononce [ma.is] et non mais [mɛ].

Naïf / La Jamaïque / Les Caraïbes / Thaïlande / Taïwan / Moïse / inouï / Noël / Joël / une coïncidence / archaïque / héroïne / thyroïde / stoïque / tabloïd / mosaïque / maïs …

Toutefois, pour les mots féminins suivants, le tréma est placé sur un e muet  :

Aigu (masculin) / aiguë (féminin) [e.gy]

Ambigu (masculin) ambiguë (féminin) [ɑ̃.bi.gy]

Contigu (masculin) / contiguë (féminin) [kɔ̃.ti.gy]

Exigu (masculin) / exiguë [ɛg.zi.gy]

Le mot féminin ciguë [si.gy] (plante herbacée toxique) :

La ciguë (Conium maculatum) est très toxique, elle a empoisonné Socrate en 399 avant J.-C. (source : Wikipédia)

Attention, le mot « monoï » ne se prononce pas [mɔ.nɔ.i] mais [mɔ.nɔj]. Idem pour les mots « thaï » [taj], « raï » [raj] (musique).

mots/verbes en -OYER

Tutoyer, Vouvoyer, Envoyer…

Tutoyer [ty.twa.je] (verbe) : On peut se tutoyer ? On se tutoie ? Puis-je te tutoyer ? (Se dire « tu »)
Le tutoiement

Vouvoyer [vu.vwa.je] (verbe) : Je préfère que l’on se vouvoie. (Se dire « vous »)
Le vouvoiement

Envoyer [ɑ̃.vwa.je] (verbe) : Je décide de t’envoyer un colis. Je t’envoie un colis. Nous t’envoyons un colis.
Un◡envoi

Aboyer [a.bwa.je] (verbe) : Le chien aboie.

Un◡aboiement

S’apitoyer [sa.pi.twa.je] (verbe): Arrête de t’apitoyer sur ton sort. (Se plaindre)
Un◡apitoiement

Un plaidoyer [plε.dwa.je] (nom) : Un plaidoyer en faveur des Droits de l’Homme (Défense orale ou écrite pour défendre une cause).
La plaidoirie : Défense orale de l’avocat.

Côtoyer [ko.twa.je] (verbe) : Je suis en contact avec lui, je le côtoie souvent.
Un côtoiement

Se noyer [nwa.je] (verbe) : Je me noie dans la paperasse ! (s’immerger)
Une noyade
Un noyer est◡aussi un grand◡arbre que l’on cultive pour ses noix.

Tournoyer [tur.nwa.je] (verbe, tourner sur soi-même) : Les feuilles tournoient au vent et tombent sur le sol.
Un tournoiement

Foudroyer [fu.drwa.je] (verbe) : On peut◡être foudroyé par◡une maladie mortelle ou foudroyé par la foudre (l’orage).
Un foudroiement

Festoyer [fɛs.twa.je] (verbe) : faire un festin de roi (bien manger). Festoyons pour mon◡anniversaire.
Un festin

Loyer [lwa.je] (nom) : Prix d’une chose immobilière. N’oubliez pas de payer votre loyer !
Une location, louer (verbe)

Enivrer : Prononciation et orthographe

Enivrer signifie rendre une personne ivre (par l’alcool). En d’autres termes, on peut être enivré d’alcool ou on peut aussi enivrer quelqu’un en le faisant boire. Toujours dans son sens propre, le verbe enivrer désigne également toutes substances, vapeurs ou fumées dont l’effet est le même que l’alcool.

Parlons maintenant de son sens figuré. Lorsque Colette écrit dans les Vrilles de la Vigne, La Baie de Somme, « La jeune maman, sous l’ombrelle de toile rayée, oublie délicieusement ses deux gosses et s’enivre, les joues chaudes, d’un roman mystérieux, habillé comme elle de toile écrue… », cela signifie simplement que le personnage du roman est exalté par sa lecture. Enivrer évoque les troubles ou sensations agréables dont on se remplit parfois. Ainsi, l’air marin peut enivrer, tout comme une musique ou n’importe quel son agréable.

Le verbe « enivrer » ne respecte pas la logique phonétique de la langue française. On a vu pendant les cours de phonétique que la combinaison « EN » faisait le son [ɑ̃] lorsqu’elle était suivie d’une consonne (Ex : ensemble [ɑ̃sɑ̃bl], enfant [ɑ̃fɑ̃]). On aurait donc la tentation de prononcer [enivre]. Il faudrait donc ajouter un « n » pour lever toutes les ambiguïtés : EN-NI-VRER. Littré a constaté l’incohérence de l’Académie française qui écrit énamourer maisenivrer.

La prononciation correcte est [ɑ̃nivre].

Enivrer… Enivrer… Enivrer…

Enfin pour terminer ce billet et mettre en pratique la prononciation de « enivrer », je vous propose de lire ou d’écouter le merveilleux poème de Baudelaire, tiré du Spleen de Paris, « Enivrez-vous ».

Enivrez-vous lu par VR

Enivrez-vous

« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

    Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

    Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »