Archives de catégorie : Phonétique

Les phonèmes [s] et [z]

En phonétique articulatoire, on dit qu’une consonne est fricative (ou constrictive) lorsqu’elle obstrue le canal oral (produite par le resserrement de la bouche par exemple) sans qu’il y ait une fermeture complète de celle-ci.

Pour produire les sons [s] et [z], la langue se creuse un peu tout en se levant. La pointe de la langue (appelée aussi « apex ») se rapproche du palais dur (osseux) situé juste derrière les incisives supérieures, tandis que les bords latéraux de la langue « s’écrasent » contre les gencives de l’arcade dentaire supérieure. Le son passe comme un souffle par le canal qu’a formé la langue en se creusant.

On dit que le [z] est sonore, car les cordes vocales (et la langue aussi) vibrent. Ce n’est pas le cas pour le [s], on dit qu’il est sourd. Le [s] et le [z] sont des consonnes sifflantes qui se distinguent entre elles grâce à leur opposition sourde / sonore.

Il me semble tout à fait possible d’articuler ces deux sons avec l’apex (pointe de la langue) posé sur la base des incisives inférieures. A vous de trouver le bon accord… 🙂

On fait le son [s] … comme un serpent…

Le cassis (fruit) se prononce [kasis] , contrairement à la ville de Cassis [kasi] avec un -s muet à la fin.

Quand la lettre s :

tasse, cassis, Suisse, associé…

  • est doublée dans les mots (tasse, cassis, Suisse, associé…)
  • commence un mot (silence, sortir, savoir, serviette…)
  • se trouve entre une voyelle et une consonne (rester, asperge, histoire, susceptible…)
  • se trouve entre une consonne et une voyelle (verser, adversité, pacser, course…)
  • se trouve entre une voyelle nasale et une consonne (danse, réponse, insécurité, insensé…)
  • est sonore à la fin de certains mots (ours, plus (+), Reims, consensus…)

Quand la lettre c :

Indice, cédille, citron, Cyril…

  • est suivi des voyelle e, é, i, y (indice, cédille, citron, Cyril…)

Quand le c cédille – ç :

  • se trouve devant les voyelles a, o, u (garçon, façade, reçu, déçu…)

On fait le son [z] … comme un moustique…

Zéro, zébu, zèbre, douze…

Quand la lettre z :

  • se trouve dans un mot (zéro, zébu, zèbre, douze, trapèze…)
Un trapèze (géométrie)

et quand la lettre s :

  • se trouve entre deux voyelles (Isabelle, maison, isotherme, mayonnaise…)
  • marque une liaison entre un pronom personnel (nous, vous, ils, elles…) et un verbe commençant par une voyelle (nous‿appelons, vous‿épelez, ils‿adorent, elles‿utilisent)
Epeler [eple] : Nommer successivement les lettres composant un mot
  • marque une liaison entre un article au pluriel (les, des, nos, vos…) et un nom commençant par une voyelle ou un h muet (les‿enfants, des‿humains, nos‿habitudes, vos‿animaux…)


Entendez-vous la différence entre la consonne sourde [s] et la consonne sonore [z] ?

Assis, Asie… Cuisse, cuise…

Un bon exercice pour les hispanophones :

Son [s]Son [z]
Assis [asi]Asie [azi]
Cuisse [kɥis]Cuise [kɥiz] (verbe cuire)
Douce [dus]Douze [duz]
Elles s’adorent [εl sadɔr]Elles‿adorent [εl zadɔr]
Elles cèdent [εl sεd]
(verbe céder)
Elles‿aident [εl zεd]
(verbe aider)
Elles s’améliorent [εl sameljɔr]Elles‿améliorent [εl zameljɔr]
Elles s’arrêtent [εl sarεt]Elles‿arrêtent [εl zarεt]
Ils s’écoutent [il sekut]Ils‿écoutent [il zekut]
Ils s’écrivent [il sekriv]Ils‿écrivent [il zekriv]
Ils sont (être) [il sɔ̃]Ils‿ont (avoir) [il zɔ̃]
Ils s’organisent [il sɔrganiz]Ils‿organisent [il zɔrganiz]
Les sœurs [le sœr]Les‿heures [les zœr] 
Les soies [le swa]Les‿oies [les zwa]
Les cieux (pluriel de ciel) [le sjɶ]Les‿yeux [le zjø]
Nièce [njεs]Niaise [njεz]
Nous savons [nu savɔ̃]
(verbe savoir)
Nous‿avons [nu zavɔ̃]
(verbe avoir)
Cesse [sεs]Seize (16) [sεz]
Six cents (600) [si sɑ̃]Six‿ans [si zɑ̃]
Une sucette [yn sysεt]Suzette [suzεt]
Tresse [trεs]Treize (13) [trεz]
Baisser [bese]Un baiser [œ̃ beze]
Un coussin  [œ̃ kusε̃]Un cousin  [œ̃ kuzε̃]
Un dessert [œ̃ desεr]Un désert [œ̃ dezεr]
Un poisson [œ̃ pwasɔ̃]Un poison [œ̃ pwazɔ̃]
Un sauna [œ̃ sona]Un zona [œ̃ zona]
Un seau [œ̃ so]Un zoo [œ̃ zo]
Une Russe [yn rys]Une ruse [yn ryz]
Visser [vise]Viser [vize]
Vous centrez [vu sɑ̃tre]
(verbe centrer)
Vous‿entrez [vu zɑ̃tre]
(verbe entrer)
Vous saucez [vu sose]
(verbe saucer)
Vous‿osez [vu zoze]
(verbe oser)
Vous sautez [vu sote]
(verbe sauter)
Vous‿ôtez [vu zote]
(verbe ôter)

Pour aller plus loin…

Les deux O : [o] [ɔ]

[o] est un o fermé.

On dit qu’il est fermé, car la langue s’élève vers le palais. La bouche est ronde.

On le trouve généralement :

  • à la fin des mots


Un agneau

Fontainebleau [fɔ̃tεnblo]
Manteau [mɑ̃to]
Rideau [rido]
Météo [meteo]

Lot [lo]
L’eau [lo]
Bureau [byro]
Agneau [aɲo]

Anneau [ano]
Mot [mo]
Maux
(pluriel de mal) [mo]

  • quand il précède le son [z]


Un bouquet de roses roses…

Cause [koz]
Chose [ʃoz]
Hypnose [ipnoz]
Morose  [mɔroz]
Rose  [roz]

  • Lorsqu’un mot est orthographié avec un -ô


Côte [kot]
Hôtel [otεl]
Tôt [to]

Nôtre, vôtre [notr, votr]

La Côte d’Azur

[ɔ] est un o ouvert.

On dit qu’il est ouvert, car la langue reste en bas. La bouche est ronde.

On le trouve généralement :



  • devant le son [l]
Une colline verdoyante

Oligo-élément [ɔligɔelemɑ̃]
Olive [ɔlive]
Paul [pɔl]
Colline [kɔlin]

  • devant le son [r]

Orange [ɔrɑ̃ʒ]
Mort [mɔr]
Nord [nɔr]
Encore [ɑ̃kɔr]

  • et les consonnes doubles
Une pomme

Sonnerie [sɔnri]
Pomme [pɔm]
Comme [kɔm]
Gomme [gɔm]
Colle [kɔl]
Correct [kɔrεkt]

On différencie parfois les homophones :



Mode [mɔd]
Maud (Prénom) [mod]
Paul (Prénom)
[pɔl]
Paule (Prénom)
[pol]
Pôle (Nord/Sud) [pol]

Paume (de la main) [pom]
Pomme
[pɔm]
Rock [rɔk]
Roc [rɔk]
Rauque
[rok]

La paume de la main

Et aussi :



Aude (Département) [od]
Ode (Poème lyrique) [ɔd]
Beaune (Ville) [bon]
Bonne [bɔn]
Côme (Italie) [kom]
Comme [kɔm]

Causse [kos]
Cosse [kɔs]
Nôtre / Vôtre [notr / votr]

Notre / Votre [nɔtr / vɔtr]
Saône (Département) [son]
Sonne (verbe sonner) [sɔn]

La cosse enveloppe les petits pois.



Les locutions verbales – verbe faire (partie 1)

Beaucoup de locutions sont construites à partir d’un verbe suivi d’un ou de plusieurs mots. Certaines locutions verbales sont construites selon le schéma : Verbe + article défini ou indéfini + nom, tandis que d’autres se composent simplement d’un verbe + nom (sans article).

Ex. Faire route / Faire la route

Coucher de soleil sur une rue de Paris…

L’absence ou la présence d’un article dans une locution verbale utilisant le même verbe et le même nom a quelquefois une incidence sur le sens.

Pour reprendre mon exemple, Faire route / Faire la route sont deux locutions qui ont des significations complètement différentes. La première signifie « se diriger vers une destination » alors que la seconde veut dire « partir à l’aventure, en voyageant à pied ou en auto-stop et avec peu d’argent » ou « accompagner quelqu’un » (faire la route avec quelqu’un).

J’ai répertorié une cinquantaine de locutions verbales avec faire, mais la liste n’est pas exhaustive. En espérant qu’elle vous aidera à mieux comprendre les nuances qui font la richesse de notre langue.

Les locutions verbales avec « faire »

  • Faire abstraction (de)  [fɛr‿ap.strak.sjɔ̃] / Faire l’abstraction (de) est également possible sans changement du sens : ignorer, ne pas tenir compte de quelque chose.
  • Faire acte de candidature [fɛr‿ak.tə də kɑ̃.di.da.tyr] (Plus rarement, faire un acte de candidature) : présenter sa candidature.
  • Faire acte de présence [fɛr‿ak.tə də pre.zɑ̃s] : être présent sans vraiment participer à une activité commune. (Faire un acte de présence n’est pas vraiment reconnu, il vaut mieux rester sur la formulation d’origine).
  • Faire allusion (à) [fɛr‿a.ly.zjɔ̃] / Faire une allusion (à) est également possible sans changement du sens : mentionner quelque chose sans le nommer explicitement dans un écrit ou dans un discours. Sous-entendre quelque chose.
  • Faire amende honorable [fɛr‿a.mɑ̃.d‿ɔ.nɔ.rabl] (toujours sans article) : s’excuser, demander pardon.
  • Faire ami-ami (familier) [fɛr‿a.mi ami] (toujours sans article) : Se lier d’amitié, être de connivence.
  • Faire appel [fɛ.r‿a.pɛl] possède plusieurs sens : en droit, signifie refuser un jugement prononcé et demander un nouveau procès ; plus généralement, utiliser les services de quelqu’un ou de quelque chose. Cette locution verbale n’a rien en commun avec cette autre location verbale : Faire l’appel qui consiste à lire à haute voix une liste de noms.
  • Faire attention (à) [fɛ.r‿a.tɑ̃.sjɔ̃] (toujours sans article) : prendre garde, agir avec prudence.
  • Faire bonne chère [fɛ.r‿bɔn ʃεr] (toujours sans article) : manger avec grand appétit.
  • Faire bonne figure [fɛ.r‿bɔn ʃigyr] (toujours sans article) : se montrer à son avantage, faire bonne impression.
  • Faire chou blanc [fɛʁ ʃu blɑ̃] (toujours sans article) : échouer.
  • Faire confiance (à) [fɛr kɔ̃.fjɑ̃s] (toujours sans article) : Se fier, croire quelqu’un ou quelque chose.
  • Faire connaissance (de)[fɛr kɔ.nɛ.sɑ̃s] / « Faire la connaissance de » est une variante. Les deux signifient : entrer en relation avec quelqu’un.
  • Faire corps [fɛr kɔr] (toujours sans article) : s’unir pour ne faire qu’une seule chose.
  • Faire date [fɛr dat] (toujours sans article) : marquer un changement très important.
  • Faire demi-tour [fɛr də.mi.tur] a plusieurs sens. Le premier, repartir dans le sens opposé ; le second au sens figuré, changer d’avis. Faire un demi-tour est une variante, mais ne s’emploie qu’au sens propre du rebroussement de chemin.
  • Faire diligence (vocabulaire soutenu) [fɛr di.li.ʒɑ̃s] : agir rapidement et efficacement. On peut rencontrer aussi l’expression « faire une diligence » sans que ça ne change le sens.
  • Faire droit [fɛr drwa] (toujours sans article) : donner suite avec bienveillance.
  • Faire écho [fɛr‿eko] : accueillir favorablement qq chose et le répéter. Locution variante « Se faire l’écho de » qui signifie la même chose.
  • Faire effet [fɛr‿efɛ] ou faire un effet … dans le sens « produire un résultat. Variantes : faire beaucoup/peu d’effet.
  • Faire état [fɛr‿eta] : manifester un intérêt pour quelque chose. A ne pas confondre avec « faire un état des lieux » qui signifie dresser un inventaire.
  • Faire exprès [fɛ.r‿ɛks.prɛ] (toujours sans article) : faire de manière intentionnée.
  • Faire face [fɛr fas] (toujours sans article) a au moins trois sens : être en vis-a-vis ; s’opposer à quelque chose ; affronter et assumer ses responsabilités.
  • Faire faux bond [fɛr fo bɔ̃] (toujours sans article) : manquer à un engagement auprès de quelqu’un.
  • Faire feu [fɛr fø] : tirer avec une arme. A ne pas confondre avec « faire un feu » qui signifie « allumer un feu ».
  • Faire fi [fɛr fi] (de) (toujours sans article) : mépriser, ne pas tenir compte.
  • Faire foi [fɛr fwa] (toujours sans article) : servir de preuve ; attester en tant qu’élément de référence.
  • Faire fureur [fɛr fy.rœr] (toujours sans article) : être en vogue, à la mode, attiser la curiosité du grand public.
  • Faire grass mat [fɛr gras mat] / deux variantes possibles : faire la grasse matinée et faire une grasse matinée. Prolonger son cycle de sommeil, paresser au lit.
  • Faire grief [fɛr ɡri.jɛf] : contester quelque chose (droit) ou en vouloir à quelqu’un pour quelque chose qui a ou n’a pas été fait. Locution variante « Faire un grief » signifie contester quelque chose par plainte contre une personne.
  • Faire grise mine [fɛr ɡriz min] : ne s’utilise qu’au sens figuré ; avoir une attitude négative, triste, froide ou contrariée.
  • Faire halte fɛr ‘alt] / faire une halte : s’arrêter quelque part.
  • Faire honneur [fɛr ɔ.nœʁ] (à): garantir la bonne réputation de quelqu’un ou de quelque chose auxquels on est lié. La variante « faire l’honneur (de) » est synonyme de « montrer du respect » ou « faire honneur à quelqu’un ».
  • Faire irruption [fɛ.r‿i.ryp.sjɔ̃] / Faire une irruption : entrer, arriver quelque part sans prévenir et de façon brusque.
  • Faire main basse (sur) [fɛr mε̃ bas] / faire la/une main basse sur : s’emparer de quelque chose. Critiquer.
  • Faire montre [fɛr mɔ̃.trə də] (toujours sans article) : faire preuve, afficher, étaler (expression soutenus).
  • Faire mouche [fɛr muʃ] (toujours sans article) : toucher en plein cœur/centre d’une cible. Atteindre son objectif.
  • Faire naufrage [fɛr nofraʒ] (généralement sans article) : couler à pic ; échouer (sens figuré).
  • Faire obstacle (à) [fɛr ɔp.stakl] (généralement sans article) : s’opposer à quelqu’un ou quelque chose.
  • Faire obstruction [fɛ.r‿ɔp.stryk.sjɔ̃] (généralement sans article) : s’opposer par des manœuvres à la réalisation d’un projet.  
  • Faire office de [fɛ.r‿ɔfis də] (généralement sans article) remplacer, jouer un rôle.
  • Faire opposition [fɛ.r‿ɔ.po.zi.sjɔ̃] / faire l’opposition : déclarer la perte d’une carte bancaire ou d’un chéquier et s’opposer à leur usage (banque) ; s’opposer à quelque chose / faire une opposition
  • Faire part [fɛr par] (toujours sans article) : communiquer une information ; faire participer quelqu’un à quelque chose.
  • Faire partie [fɛr parti] (toujours sans article) : appartenir.
  • Faire peur [fɛr pœr] / « faire une peur bleue » est une variante : effrayer.
  • Faire preuve [fɛr pœv] (toujours sans article) : démontrer quelque chose, se faire reconnaître pour un talent.
  • Faire rage [fɛr raʒ] (toujours sans article) : se déchainer avec violence.
  • Faire route [fɛr rut] : se diriger vers une destination. La variante « Faire la route » exprime l’idée de partir à l’aventure, en voyageant à pied ou en auto-stop » ou « accompagner quelqu’un » (faire la route avec quelqu’un). Une autre variante existe : « Faire de la route » et signifie « faire des kilomètres ».
  • Faire sien [fɛr sjε̃] (toujours sans article) : s’approprier quelque chose.
  • Faire table rase [fɛr tablə raz] (toujours sans article) : repartir sur de nouvelles bases en ne tenant pas compte de ce qui a déjà été entrepris.
  • Faire trempette [fɛr trɑ̃pεt] (toujours sans article) : se baigner.
  • Faire usage [fɛr tablə raz] / faire bon/mauvais usage : utiliser quelque chose de la meilleure ou de la pire façon qui soit.
  • Faire volte-face [fɛr vɔltə fas] : pivoter, se retourner pour faire face.

Que [kə] / que de [kə.də]

Pour exprimer une comparaison entre deux actions, on emploie la conjonction « que » [KƏ] (ou qu’ devant une voyelle ou un h muet). Les formulations sont introduites par des verbes d’appréciation, comme préférer, valoir mieux… suivi de « que » ou de « plutôt que ».

Exemples :

– Il vaut mieux apprendre tard que rester dans l’ignorance.
Mieux vaut marcher sans savoir où aller que rester assis sans rien faire.
– Je préfère aller au bureau plutôt que rester chez moi.
– Cet agriculteur a préféré donner ses tomates plutôt que les jeter.
– Je préfère qu’elle se dépense au judo plutôt que la voir tourner en rond dans mon salon et s’ennuyer.

Lorsque « que » est suivi d’un verbe à l’infinitif, il est possible d’insérer la préposition « de » entre « que » et le verbe à l’infinitif. C’est facultatif mais beaucoup de Français l’utilisent, ne soyez pas étonné de l’entendre souvent.

Exemples :

– Je préfère marcher dans la nature plutôt que de courir sur un tapis en salle (de sport).
– Il vaut mieux sortir plutôt que de rester ici à se tourner les pouces.
– Mon enfant préfère aller nager que d’aller à l’école.

Il y a beaucoup d’occasions où il vaut mieux se taire que de parler.
Jaimerais mieux mourir que de faire une si mauvaise action.

Attention, toutefois, de ne pas oublier la conjonction « que », car cela pourrait changer complètement le sens de la phrase !

Exemple :

– Affronter une situation délicate, c’est mieux que de fuir. Affronter une situation délicate, c’est mieux de fuir.

Formes irrégulières du verbe faire

Faire [fεr] au présent de l’indicatif

Il existe des formes irrégulières au présent de l’indicatif, mais aussi à l’imparfait… Ecoutez :

Faire… je fais… tu fais…

– Je fais [ʒə.fε]
– Tu fais [ty.fε]
– Elle/il/on fait [εl/il/ɔ̃.fε]
– Nous faisons [nu.fəzɔ̃]
– Vous faites [vu.fεt]
– Elles/ils font [εl/il.fɔ̃]

Faire [fεr] à l’imparfait

– Je faisais [ʒə.fəzε]
– Tu faisais [ty.fəzε]
– Elle/il/on faisait [εl/il/ɔ̃.fəzε]
– Nous faisions [nu.fəzjɔ̃]
– Vous faisiez [vu.fəzje]
– Elles/ils faisaient [εl/il.fəzε]

A noter : « En faisant » se prononce [ɑ̃fəzɑ̃]

L’alternance phonétique (Partie 2)

L’alternance phonétique [ə] et [ε] ne concerne pas que les verbes du premier groupe. On la retrouve également dans les noms et adjectifs de la même famille ainsi que dans les apocopes (abréviations)…

Rappel : c = consonne ; v = voyelle



Adjectifs et noms avec [ə] : əcv

Chancelier [ʃɑ̃səlje]
Chandelier [ʃɑ̃dəlje]
Chapelet [ʃap(ə)lε]
Écervelé [esεrvəle]
Échelon [eʃ(ə)lɔ̃]
Hôtelier [otəlje]
Lunetier [lyn(ə)tje]
Mamelon [mam(ə)lɔ̃]
Vaisselier [vεsəlje]

Noms avec [ε] : εc

Chancellerie [ʃɑ̃sεlri]
Chandelle [ʃɑ̃dεl]
Chapelle [ʃɑpεl]
Cervelle [sεrvεl]
Échelle [eʃεl]
Hôtel [otεl]
Lunette [lynεt]
Mamelle [mamεl]
Vaisselle  [vεsεl]

Apocopes (Abréviations)

Bénéfice [benefis] => bénef  [benεf]
Ex. C’est tout bénef ! (c’est toujours ça de pris /il n’y a pas de petit profit)
Premier [prəmje] => prem’s [prεms]
Il existe une autre variante : prems \pʁœms\

L’alternance phonétique (Partie 1)

L’alternance phonétique [ə] et [ε] se remarque dans la conjugaison des verbes suivants : acheter, achever, amener, appeler, crever, élever, emmener, enlever, épeler, feuilleter, ficeler, geler, harceler, mener, parsemer, peler, peser, relever, rejeter, renouveler…

Attention cette liste de verbes n’est pas exhaustive !
D’ailleurs, vous pouvez la compléter en m’envoyant un petit message. 🙂
acheter [aʃte], achever [aʃve], amener [amne], appeler [aple], élever [elve], emmener [ɑ̃mne] …

La moitié de ces verbes du premier groupe perdent vocalement leur « e » [ə] à l’infinitif : acheter [aʃte], achever [aʃve], amener [amne], appeler [aple], élever [elve], emmener [ɑ̃mne], enlever [ɑ̃lve], épeler [eple], feuilleter [fɶjte], ficeler [fisle], relever [rəlve], rejeter [rəʒte], renouveler [rənuvle], sauf crever [krəve], geler [ʒəle], harceler [ʼarsəle], mener [məne], parsemer [parsəme], peler [pəle], peser [pəse] …

Conjugaison des verbes


Apprenez à prononcer correctement le français avec des exercices de phonétique !

Acheter [aʃte]
J’achète [ʒaʃεt]
Tu achètes [ty.aʃεt]
Il/elle◡achète [il/εlaʃεt]
Nous◡achetons [nu.zaʃtɔ̃]
Vous◡achetez [vu.zaʃte]
Ils/elles◡achètent [il/εl.zaʃεt]
Appeler [aple]
J’appelle [ʒapεl]
Tu appelles [ty.apεl]
Il/elle◡appelle [il/εlapεl]
Nous◡appelons [nu.zaplɔ̃]
Vous◡appelez [vu.zaple]
Ils/elles◡appellent [il/εl.zapεl]
Epeler [eple] son nom.
J’épelle [ʒepεl] mon nom.
Tu épelles [ty.epεl] ton nom.
Il/elle◡épelle [il/εlepεl] son nom.
Nous◡épelons [nu.zeplɔ̃] notre nom.
Vous◡épelez [vu.zeple] votre nom
Ils/elles◡épellent [il/εl.zepεl] leur nom.
Jeter [ʒəte]
Je jette əʒεt]
Tu jettes [ty.ʒεt]
Il/elle jette [il/εlʒεt]
Nous jetons [nu.ʒ(ə)tɔ̃]
Vous jetez [vu.ʒ(ə)te]
Ils/elles jettent [il/εl.ʒεt]

ÉTYMOLOGIE : Heur

L’heur [lɶr] est un mot masculin d’origine latine qui évoque la chance [ʃɑ̃s].

« L’heur que j’avais est tourné en malheur, Malheureux est qui n’a aucun confort… » (Clément Marot, « Chanson première », L’Adolescence clémentine, 1532 – 1538).

« heur » vient de augurium qui a donné le mot  augure [ogyr]. Le bonheur [bɔnɶr] – bon heur – est donc le bon augure.

Le site dictionnaire-académie.fr en donne une définition intéressante  : L’augure est un « présage tiré de l’observation faite sur le vol & le chant des oiseaux. » L’heur, initialement, désigne un présage – bon ou mauvais.

« heur » – bien que rare – se rencontre encore dans l’expression soutenue « avoir l’heur de » qui signifie « avoir le plaisir de ». Ainsi, si vous entendez ou lisez « J’ai l’heur de vous rencontrer », il faudra comprendre « J’ai le plaisir de faire votre connaissance ».

Bonheur [bɔnɶr] se compose de bon [bɔ̃] et de heur [ɶr].
Malheur [malɶr] vient de mal [mal] et de heur [ɶr].

Bonheur a donné l’adjectif bienheureux [bjε̃nɶrø] ou [bjε̃nørø] – bonheureux n’existe pas – ou plus simplement heureux [ɶrø] ou [ørø]. Malheur a créé l’adjectif malheureux [malɶrø] ou [malørø].

Si l’on veut procéder à une césure, il faudra écrire bon-heur plutôt que bo-nheur et mal-heur plutôt que ma-lheur.

Attention, Heur, heure, heurter n’ont aucun lien de parenté. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’Académie Française.

Extrait Le Noël d’Hercule Poirot de Agatha Chrisitie

Révision d’été 2020 (suite)

V = Voyelle / C = Consonne

Mots français avec VCCC / VCCCC

Abstraction[apstraksjɔ̃]« ap » ou « ab »
Abstrait[apstrε]« ap » ou « ab »
Actrice[aktri:s]On allonge le i
Altruisme[altrɥism][ɥi] = [y plus long] + [i]
Arbre[arbr]Langue « couchée » 🙂
Asphalte[asfalt]= bitume
Baltringue[baltrε̃g]Argot : nul, incompétent
Construire[kɔ̃strɥir][ɥi] = [y plus long] + [i]
Distraction[distraksjɔ̃][j] = YOD
Distrait[distrε][ε] = ouvert
Escrime[εskrim][ε] = ouvert
Esplanade[εsplanad][ε] = ouvert
Maltraiter[maltrete]Deux [e] fermés
Ordre[ɔrdr][ɔ] ouvert
Perspective[pεrspεktiv]Deux [ε] ouverts
Perspicace[pεrspikas][ε] = ouvert
Perspicacité[pεrspikasite][e] final fermé
Resplendir[rεsplɑ̃dir]en = ɑ̃
Sculpteur[skyltɶr]On oublie le p
Sculpture[skyltyr]On oublie le p
Mots avec 3 ou 4 consonnes se suivant

Mots français avec VVV / VVVV

Agréée[agree]On prononce deux [e] consécutifs
Aïeul[ajɶl]On prononce le [l] final
Aïeux[ajø]Le [iks] est muet
Aïoli[ajɔli]Mayonnaise à l’ail
Août[ut]Facile 🙂
Ayant[εjɑ̃]Faire un [ε] pour Ay
Ayez[εje]Ouvert puis fermé
Bœuf[bɶf]Lèvres pas trop arrondies
Bouée[bwe] [bue]Comme on préfère
Bouillie[buji]YOD + i
Boyau[bwajo]YOD + o fermé
Brouillard[brujar]On évite de dire [brwijar]
Caoutchouc[kautʃu]Le c final est muet
Chef d’œuvre[ʃedɶvr]On ne prononce pas le f
Cœur[kɶr]Lèvres pas trop arrondies
Crayon[krεjɔ̃]Le y vaut deux i
Créée[kree]On prononce deux [e] consécutifs
Eau[o]Oh ! 🙂
Ecœuré[ekɶre]Deux é fermés autour du ɶ
Glaïeul[glajɶl]Le ï est un YOD ici
Joyeux[ʒwajø]Le [ø] est plus rond que ɶ
Manœuvre[manɶvr]Lèvres pas trop arrondies
Nœud[nɶ]On ne prononce pas le d final
Noyade[nwajad]Le y vaut deux i
Noyau[nwajo]O fermé en fin de mot
Noyer[nwaje]er = [e] fermé
Œil[ɶj]Yeux au pluriel [jø]
Œillet[ɶjε]et = [ε] ouvert
Œuf[ɶf]Lèvres pas trop arrondies
Œuvre[ɶvr]Lèvres pas trop arrondies
Ouïr[wir]Entendre
Rancœur[rɑ̃kɶr]Rancune 
Royaume[rwajom]Le y vaut deux i
Saoul[su]On ne prononce pas le l au masc
Sœur[sɶr]Lèvres pas trop arrondies
Soyeux[swajø]Le y vaut deux i
Tuyau[tɥijo][ɥi] = [y plus long] + [i]
Vieille[vjej]Deux YOD
Vieilli[vjeji]Deux YOD + i
Vœu[vø]Vœux (pluriel) se prononce pareil
Yaourt[jaurt]En deux syllabes
Mots avec 3 ou 4 voyelles se suivant

Apprenez à prononcer correctement le français avec des exercices de phonétique !