Phonétique les voyelles

Tu Verras par Claude Nougaro

Ah, tu verras, tu verras 
Tout recommencera, tu verras, tu verras 
L´amour c´est fait pour ça, tu verras, tu verras 
Je ferai plus le con, j´apprendrai ma leçon 
Sur le bout de tes doigts, tu verras, tu verras 
Tu l´auras, ta maison avec des tuiles bleues 
Des croisées d´hortensias, des palmiers plein les cieux 
Des hivers crépitants, près du chat angora 
Et je m´endormirai, tu verras, tu verras 
Le devoir accompli, couché tout contre toi 
Avec dans mes greniers, mes caves et mes toits 
Tous les rêves du monde 

Ah, tu verras, tu verras  
Tout recommencera, tu verras, tu verras 
La vie, c´est fait pour ça, tu verras, tu verras 
Tu verras mon stylo emplumé de soleil 
Neiger sur le papier l´archange du réveil 
Je me réveillerai, tu verras, tu verras 
Tout rayé de soleil, ah, le joli forçat! 

Et j´irai réveiller le bonheur dans ses draps 
Je crèv´rai son sommeil, tu verras, tu verras 
Je crèv´rai le sommier, tu verras, tu verras 
En t´inventant l´amour dans le cœur de mes bras 
Jusqu´au matin du monde 

Ah, tu verras, tu verras 
Tout recommencera, tu verras, tu verras 
Le diable est fait pour ça, tu verras, tu verras 
Je ferai le voyou, tu verras, tu verras 
Je boirai comme un trou et qui vivra mourra 
Tu me ramasseras dans tes yeux de rosée 
Et je t´insulterai dans du verre brisé 
Je serai fou furieux, tu verras, tu verras 
Contre toi, contre tous, et surtout contre moi 
La porte de mon cœur grondera, sautera 
Car la poudre et la foudre, c´est fait pour que les rats 
Envahissent le monde 

Ah, tu verras, tu verras 
Tout recommencera, tu verras, tu verras 
Mozart est fait pour ça, tu verras, entendras 
Tu verras notre enfant étoilé de sueur 
S´endormir gentiment à l´ombre de ses sœurs 
Et revenir vers nous scintillant de vigueur 
Tu verras mon ami dans les os de mes bras 
Craquer du fin bonheur de se sentir aidé 
Tu me verras, chérie, allumer des clartés 
Et tu verras tous ceux qu´on croyait décédés 
Reprendre souffle et vie dans la chair de ma voix 
Jusqu´à la fin des mondes 

Ah, tu verras, tu verras

(1929-2004) – Auteur, Interprète, Claude Nougaro est né à Toulouse d’une mère professeur de piano et d’un père premier baryton à l’Opéra de Paris. Enfant, il passe son enfance à Toulouse dans un collège où il est pensionnaire. Il aime la poésie mais pas les études. A cette époque, il découvre le jazz et les chansons de Charles Trenet, de Vincent Scotto ou d’Edith Piaf à la radio. A 25 ans, il rencontre à Paris Georges Brassens et le poète Jacques Audiberti, qui deviendra son ami. Puis il se lance et chante lui-même ses textes, qu’il interprète pour la première fois au Lapin Agile (Montmartre) en 1955, puis en première partie de Dalida, et d’Edith Piaf. Inspiré par le jazz, la musique africaine et les rythmes brésiliens, il emprunte à Gilberto Gil la musique du « Brésilien » (« Viramundo ») et à Chico Buarque celle de « Tu verras, tu verras » (« O que sera ») qui recevra le prix spécial de l’Académie du disque en 1978. 

Phonétique pour les apprenants hispanophones

Une chanson douce interprétée par Henri Salvador

Une chanson douce
Que me chantait ma maman,
En suçant mon pouce
J’écoutais_en m’endormant(liaison s sonore [z])
Cette chanson douce,
Je veux la chanter pour toi
Car ta peau est douce
Comme la mousse des bois.
La petite biche est aux_abois. (liaison s sonore [z])
Dans le bois se cache le loup,
Ouh, ouh, ouh ouh !
Mais le brave chevalier passa.
Il prit la biche dans ses bras.
La, la, la, la.
La petite biche,
Ce sera toi, si tu veux.
Le loup, on s’en fiche.
Contre lui, nous serons deux.
Une chanson douce
Que me chantait ma maman,
Une chanson douce
Pour tous les petits_enfants(liaison s sonore [z])
Oh ! Le joli conte que voilà,
La biche, en femme, se changea,
La, la, la, la
Et dans les bras du beau chevalier,
Belle princesse elle_est restée, (liaisons l [l])
à tout jamais.
La belle princesse
Avait tes jolis cheveux,
La même caresse
Se lit_au fond de tes_yeux. (liaisons t puis s sonore [z])
Cette chanson douce
Je veux la chanter aussi,
Pour toi, ô ma douce,
Jusqu’à la fin de ma vie,
Jusqu’à la fin de ma vie.
« Ce sont des chansons qui sont dans les gênes même si la jeune génération ne sait pas qui est forcément Henri Salvador » (Louis Chédid)

Henri Salvador, né à Cayenne en Guyane en 1917 et mort à Paris en 2008 est un chanteur français. Compositeur et guitariste, il joue dans des orchestres de jazz avant de commencer une longue carrière de chanteur en 1948. Artiste populaire, apprécié d’un large public, on lui doit de nombreuses chansons qui aujourd’hui encore demeurent dans les mémoires : Syracuse ; Maladie d’amour ; Une chanson douce connue aussi sous le nom de Le loup, la biche et le chevalier…

La phonétique vue par Molière

Le bourgeois gentilhomme de Molière

Extrait de l’Acte II Scène IV 

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE, MONSIEUR JOURDAIN.


Le Bourgeois Gentilhomme

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— Que voulez-vous donc que je vous apprenne ?

MONSIEUR JOURDAIN.
— Apprenez-moi l’orthographe.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— Très volontiers.

MONSIEUR JOURDAIN.
— Après vous m’apprendrez l’almanach, pour savoir quand il y a de la lune, et quand il n’y en a point.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— Soit. Pour bien suivre votre pensée, et traiter cette matière en philosophe, il faut commencer selon l’ordre des choses, par une exacte connaissance de la nature des lettres, et de la différente manière de les prononcer toutes. Et là-dessus j’ai à vous dire, que les lettres sont divisées en voyelles, ainsi dites voyelles, parce qu’elles expriment les voix ; et en consonnes, ainsi appelées consonnes, parce qu’elles sonnent avec les voyelles, et ne font que marquer les diverses articulations des voix. Il y a cinq voyelles, ou voix, A, E, I, O, U.

MONSIEUR JOURDAIN.
— J’entends tout cela.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— La voix, A, se forme en ouvrant fort la bouche, A.

MONSIEUR JOURDAIN.
— A, A, Oui.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— La voix, E, se forme en rapprochant la mâchoire d’en bas de celle d’en haut, A, E.

MONSIEUR JOURDAIN.
— A, E, A, E. Ma foi oui. Ah que cela est beau !

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— Et la voix, I, en rapprochant encore davantage les mâchoires l’une de l’autre, et écartant les deux coins de la bouche vers les oreilles, A, E, I.

MONSIEUR JOURDAIN.
— A, E, I, I, I, I. Cela est vrai. Vive la science.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— La voix, O, se forme en rouvrant les mâchoires, et rapprochant les lèvres par les deux coins, le haut et le bas, O.

MONSIEUR JOURDAIN.
— O, O. Il n’y a rien de plus juste. A, E, I, O, I, O. Cela est admirable ! I, O, I, O.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— L’ouverture de la bouche fait justement comme un petit rond qui représente un O.

MONSIEUR JOURDAIN.
— O, O, O. Vous avez raison, O. Ah la belle chose, que de savoir quelque chose !

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— La voix, U, se forme en rapprochant les dents sans les joindre entièrement, et allongeant les deux lèvres en dehors, les approchant aussi l’une de l’autre sans les rejoindre tout à fait, U.

MONSIEUR JOURDAIN.
— U, U. Il n’y a rien de plus véritable, U.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— Vos deux lèvres s’allongent comme si vous faisiez la moue : d’où vient que si vous la voulez faire à quelqu’un, et vous moquer de lui, vous ne sauriez lui dire que U.

MONSIEUR JOURDAIN.
— U, U. Cela est vrai. Ah que n’ai-je étudié plus tôt, pour savoir tout cela.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— Demain, nous verrons les autres lettres, qui sont les consonnes.

MONSIEUR JOURDAIN.
— Est-ce qu’il y a des choses aussi curieuses qu’à celles-ci ?

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— Sans doute. La consonne, D, par exemple, se prononce en donnant du bout de la langue au-dessus des dents d’en haut : DA.

MONSIEUR JOURDAIN.
— DA, DA. Oui. Ah les belles choses ! les belles choses !

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— L’F, en appuyant les dents d’en haut sur la lèvre de dessous, FA.

MONSIEUR JOURDAIN.
— FA, FA. C’est la vérité. Ah ! mon père, et ma mère, que je vous veux de mal !

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— Et l’R, en portant le bout de la langue jusqu’au haut du palais ; de sorte qu’étant frôlée par l’air qui sort avec force, elle lui cède, et revient toujours au même endroit, faisant une manière de tremblement, RRA.

MONSIEUR JOURDAIN.
— R, R, RA; R, R, R, R, R, RA. Cela est vrai. Ah l’habile homme que vous êtes ! et que j’ai perdu de temps ! R, r, r, ra.

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.
— Je vous expliquerai à fond toutes ces curiosités.

 

Bise ou pas bise ?

La bise pour se dire bonjour

Pour l’humoriste anglais Paul Taylor, la coutume française qui consiste à se faire la bise pour se dire bonjour est aberrante. Au travers de la vidéo ci-dessous, Taylor met en avant le dilemme de savoir s’il faut faire la bise ou serrer la main d’une femme que l’on rencontre pour la première fois, s’il faut faire une, deux, trois ou quatre bises, s’il faut commencer par la joue gauche ou celle de droite, ou encore s’il faut, sur son lieu de travail, faire la bise à tous ses collègues ou à personne pour n’attiser aucune jalousie.

La vérité sur la bise…

Dans l’Est de la France, on vous fera deux bises, en commençant généralement par la joue droite.
Dans le Sud de la France, on pratique soit 2, soit 3 bises, en commençant généralement par la joue gauche.
A Paris, dans tout le Bassin Parisien et en Picardie, vous aurez le droit à deux ou quatre bises, en commençant généralement par la joue gauche.
En Bretagne, dans la région de Brest, vous n’aurez qu’une bise…
Enfin, à Montpellier et dans la région du Gard, vous devrez faire 3 bises à la personne que vous saluerez.

Pour en savoir plus : 

http://rue89.nouvelobs.com/blog/americanmiroir/2012/07/24/la-bise-un-rituel-so-chic-qui-deroute-les-americains-228080

http://www.combiendebises.com

 

Différence entre les sons EUR et OR

Problèmes phonétiques EUR /OR
   
beurre        bord
buteur butor
cœur      corps / cor
collecteur collector
d’heure dort / d’or / d’ores
en chœur encore
fleur       flore
honneur                       au nord
horreur Aurore
l’heure                     l’or
majeur           major
menteur    mentor
meurt                mort
moniteur monitor
peur          porc / port / pore
saveur     dévore
seigneur senior
sœur       sort
teneur ténor
treize heures    trésor      
   
La Morte de Maurice Carême
   
Il entendit la mort  
Derrière cette porte,
Il entendit la mort  
Parler avec la morte.  
Il savait que la porte
Etait mal refermée  
Et que, seule, la mort
En possédait la clé.   
Mais il aimait la morte
Et quand il l’entendit,  
Il marcha vers la porte
Et l’ouvrit. Il ne vit  
Ni la mort ni la morte ;
Il entra dans la nuit  
Et doucement, la porte
Se referma sur lui.  
   

Lire un texte à haute voix

La lecture à haute voix est un exercice que je recommande à toutes les personnes qui souhaitent s’exprimer clairement en français.

En lisant à voix haute, on apprend à bien positionner sa langue et ses lèvres, mais aussi à identifier les sons et à comprendre le sens des mots. En apprenant à bien articuler, on améliore sa diction.

En lisant à voix haute, on s’ouvre à l’autre (l’auditeur), et l’on redécouvre le plaisir de la lecture et du partage. La lecture à haute voix met les sens en éveil et demande de l’attention, un effort de concentration et une bonne respiration. En lisant dans sa « tête », l’apprenti lecteur laisse parfois passer des erreurs de lecture, d’où l’intérêt de lire à voix haute pour les corriger.

Lire à voix haute des textes choisis est une expérience enrichissante qui permet de découvrir des auteurs et de beaux textes. Si l’exercice nécessite de la patience pour les débutants, le chemin parcouru reste une expérience unique où chacun découvre le plaisir de rendre un texte intelligible, en maîtrisant des phrases fleuves, en respectant la ponctuation, la musicalité et le sens du texte. 

La langue française par la dictée…

J’ai vécu quelques expériences qui montrent qu’une personne peut très bien connaître une règle de grammaire et ne savoir ni l’appliquer, ni même la reconnaître ! C’est pourquoi je propose aujourd’hui de rompre avec les lois codifiées des livres de grammaire et de commencer un vrai travail à partir de jolis textes. J’aimerais exercer l’intelligence de tous mes élèves non pas avec la matière « morte » des grammaires, mais avec des textes « vivants ». Ma méthode peut sembler un peu à contre-courant de ce que l’on propose actuellement dans les écoles ou les collèges, mais le français n’est-il pas avant tout une langue vivante ? Devons-nous croire absolument que, pour connaître une langue, il faut commencer par étudier consciencieusement toutes les règles grammaticales ? Un livre de grammaire n’est-il pas, après tout, qu’un ensemble d’observations recueillies à partir des meilleures œuvres de la littérature française ?

En choisissant des textes d’auteur, je cherche à mettre les élèves en contact avec la littérature pour que nous retrouvions ensemble le plaisir d’extraire les lois du langage. Comprendre la pensée des grands écrivains, offrir de beaux textes sans banaliser l’enseignement grammatical, telle est la mission que je me donne depuis plusieurs années. 

Je parle essentiellement de grammaire, mais je n’oublie pas l’orthographe. Les dictées qui paraissaient rétrogrades il y a encore quelques années semblent être remises au goût du jour. Par contre, je ne trouve pas d’intérêt dans l’acte mécanique d’apprendre une dictée par coeur. Etudier à l’avance une dictée ne garantit pas à l’enfant inattentif de ne plus faire de fautes, même s’il connaît le texte parfaitement. D’ailleurs, l’expérience montre qu’un mot mal orthographié est mieux ancré dans la mémoire de celui qui l’a écrit que le mot corrigé. Tout simplement, parce que la personne qui a fait l’effort de construire le mot aura beaucoup de mal à enregistrer la correction. Lors de l’effort, elle était active, lors de la correction, elle est passive !

 


Pour voir la correction, cliquez sur L’eau Dictée Bernard Pivot