Quand la lettre d se prononce [t]

Avec la conjonction « Quand » [kɑ̃]

Avec les verbes se terminant en -dre

Avec l’adjectif « Grand » [grɑ̃] + mots d’origine étrangère

  1. Avec la conjonction « Quand » [kɑ̃] :

    [kɑ̃tɔ̃na] « Quand◡ona soixante-cinqannées de politesse derrière soi, est-on capable d’en faire fi ? « (Les Catilinaires, Amélie Nothomb)

    [kɑ̃tεl] « Juliette, qui étaitencore plus frêle que menue, avait le visage gai même quandelle ne souriait pas. » (Les Catilinaires, Amélie Nothomb)

    [kɑ̃tyn] « Quand◡une guerre éclate, les gens disent : Ça ne durera pas, c’est trop bête. » (La Peste, Albert Camus)

    [kɑ̃til] « L’amitié, ce n’est pas d’êtreavec sesamis quandilsont raison, c’est d’êtreaveceux même quandilsont tort. » (André Malraux)

    [kɑ̃tœ̃] « EnAfrique, quandun vieillard meurt, c’estune bibliothèque qui brûle. » (Amadou Hampâté Bâ, discours prononcé en 1960 à l’UNESCO)

    Lorsque « quand » joue le rôle d’un adverbe interrogatif avec inversion sujet verbe, alors la liaison est interdite.

    [kɑ̃ ε ty dispɔnibl] Quand#es-tu disponible ?

    [kɑ̃ a ty sese də krwar o pεr nɔεl] Quand#as-tu cessé de croire◡au Père Noël ?

    [kɑ̃ ale vu admεtr kə vu zave pεrdy le zelεktjɔ̃] Quand#allez-vous admettre que vousavez perdu lesélections, Monsieur ?

    Toutefois, si ce même adverbe est suivi de l’adverbe interrogatif « est-ce que », alors la liaison est obligatoire. La formulation « Quand◡est-ce que » [kɑ̃tεskə] appartient au langage courant, elle est donc moins formelle que la question posée avec inversion du sujet.

    [kɑ̃tεskɔ̃ par] Quand◡est-ce qu’onpart ?

    [kɑ̃tεskə lə trε̃ arivra a pari] Quandest-ce que le train arrivera à Paris ? 

    [kɑ̃tεskə səla prɑ̃dra fε̃] Quandest-ce que cela prendra fin ?

  2. Avec les verbes se terminant en -dre

    A la forme interrogative avec inversion du sujet, les verbes qui se terminent en -dre font une liaison en -t avec la voyelle qui suit.

    Attendre [atɑ̃dr] – Entendre [ɑ̃tɑ̃dr] – Prendre [prɑ̃dr] – Apprendre [aprɑ̃dr] – vendre [vɑ̃dr] – Mordre [mɔrdr] – Perdre [pεrdr] – Eteindre [etε̃dr], etc.

    [atɑ̃til dəpɥi lɔ̃tɑ̃] Attend-il depuis longtemps ?

    [ɑ̃tɑ̃tεl lə ʃɑ̃ de zwazo] Entend-elle le chant des◡oiseaux ?


    [prɑ̃tɔ̃ swε̃ də swa] Prend-on soin de soi ?


    [ nu zaprɑ̃til εgzaktəmɑ̃] Que nous apprend-il exactement ?

    [purkwa vɑ̃tɔ̃ tɑ̃ də vwatyr alɔr kilja plyzɑ̃ply dɑ̃butεjaʒ] Pourquoi vend-on tant de voitures, alors qu’ily a de plusen plus d’embouteillages ?

    [vɔtr ʃjε̃ purkwa mɔrtil] Votre chien, pourquoi mord-il ?

    [ɑ̃ notɔn purkwa pεrtɔ̃ se ʃ(ə)vø] Enautomne, pourquoi perd-on ses cheveux ?

    Lorsque des verbes en -dre, comme le verbe éteindre, possèdent déjà un -t final à la troisième personne du singulier (J’éteins, tu éteins, il/elle/on éteint), on garde le principe du pronom personnel inversé à l’aide du trait d’union.

    [purkwa netε̃tεl pa la lymjεr kɑ̃tεl sə kuʃ] Pourquoi n’éteint-elle pas la lumière quandelle se couche ?

    Pour beaucoup d’autres verbes, il convient d’ajouter un -t euphonique après un -a, un -e ou encore un -c afin que la prononciation soit plus facile et harmonieuse. La règle exige qu’on intercale un -t entre le verbe et le pronom, et qu’on relie l’ensemble par deux traits d’union.

    [kεlaʒatil] Quelâgea-t-il ?

    [pɑ̃stεl a se zami] Pense-t-elle à sesamis ?

    [ki kɔ̃vε̃til] Qui convainc-t-il ?

  3. Avec l’adjectif « Grand » [grɑ̃]

    [grɑ̃tεr] Prendre le grand◡air au bord de la mer.

    [grɑ̃tɔm] C’est un grand◡homme !

    [grɑ̃tɔ̃kl] C’est mon grand-oncle.

    [grɑ̃tarbr] Quel grand◡arbre.

  4. Avec certains mots d’origine étrangère

    – Steward [stiwart]
    Vodka [vɔtka]
    Windsurf [wintsœrf]

Quand pourra-t-on reprendre l’avion ?

Les chiffres / nombres : prononciation et écriture

La prononciation des chiffres et des nombres

Un, une (1)



Quand un ou une précède un mot commençant par une voyelle ou un h muet, on fait une liaison en [n].

  • Il ne me reste qu’un◡euro en poche. [il.nə.mə.rɛst(ə).kœ̃nøro.ã.pɔʃ]
  • Dans cette collection, il ne me reste qu’une◡assiette. [dã.sɛt.kɔlɛksjɔ̃.il.nə.mə.rɛst(ə).kynasjɛt]

Quand un ou une signifie premier, on ne fait pas de liaison avec le mot qui suit. Idem pour les nombres composés avec 1 (un)*.

  • Mets le numéro 1 avec lesautres magazines. [mɛ.lə.nymero.œ̃.avɛk.le.zotrə.magazin]
  • Tu es né le vingt-et-un octobre*. [ty.e.ne.lə.vẽteœ̃.ɔktɔbr]
  • Elle fait la Une avec son mari [ɛl.fɛ.la.yn.avɛk.sɔ̃.mari]
Une pile de magazines

Deux (2) et trois (3)



On prononce deux [dø] et trois [trwɑ] lorsque ceux-ci sont suivis d’un nom qui commence par une consonne ou un h aspiré.
On prononce deux [døz] et trois [trwɑz] quand ils sont suivis d’un nom commençant par une voyelle ou un h muet.

  • Tu as deux sœurs. [ty.a.dø.sɶr]
  • Tu as deux◡heures. [ty.a.dø.zɶr]
  • Ila trois filles. [ila.trwa.fij]
  • Ila trois◡enfants. [ila.trwɑ.zãfã]

Les consonnes finales de deux et trois sont muettes quand ils sont des éléments d’une série. Dans ce cas précis, on ne fait pas de liaison.

  • La place numéro deux est réservée.  [la.plas.nymero.dø.ɛ.rezɛrve]
  • Les deux et trois sont les plus joués au loto. [le.dø.e.trwa.sɔ̃.le.ply.ʒwe.o.lɔto]

 Quand deux et trois sont employés comme pronom ou nom, on ne fait pas de liaison.

  • Ils sont deux à attendre dans le couloir. [il.sɔ̃.dø.a.atãdr(ə).dã.lə.kulwar]
  • Trois et trois font six. [trwa.e.trwa.fɔ̃.sis]
  • Il◡a deux en math. [ila.y.dø.ã.mat]
Deux mésanges sur une branche

Quatre (4)



On prononce normalement le -e final de quatre [katrə] lorsqu’il est suivi d’une consonne ou d’un h muet.

  • Quatre bouteilles de champagne [katrə.butɛj.də.ʃɑ̃paɲ] 

Mais on entend très souvent [kat].

  • Le quatre-quarts (cake) est resté dans la 4×4 (Voiture). [lə.kat-kar.ɛ.rɛste.dã.la.kat-kat] 

On prononce [katr] et on fait la liaison quand quatre est suivi d’un nom commençant par une voyelle ou un h muet.

  • Un paquet de café coûte◡en moyenne quatre◡euros. [œ̃.pake.d(ə)kafe.kutã.mwajɛn.katrøro]
  • Il faut quatre◡œufs pour faire◡une bonne◡omelette. [il.fo.katrø.pur.fɛryn.bɔnɔmlεt]
Une voiture à quatre roues motrices : 4×4

Cinq (5)



On prononce le -q final [k] lorsque cinq est suivi d’un mot commençant par une voyelle ou un h muet. Lorsque cinq précède un nom dont la première lettre est une consonne ou un h aspiré, alors les deux prononciations [sẽk] et [sẽ] sont possibles.

  • Quarante-cinq◡actrices ont joué dans ce film. [karãtsẽkakris.ɔ̃.ʒwe.dã.sə.film]
  • Il y a cinq◡hôpitaux dans cette ville [ilja.sẽkɔpito.dã.sɛt.vil]
  • Il y a cinq minutes que j’attends. [ilja.sẽ.minyt.kə.ʒatã] ou [ilja.sẽk.minyt.kə.ʒatã]
  • Il fait vingt-cinq degrés. [il.fɛ.vẽtsẽ.dəgre] ou [il.fɛ.vẽtsẽk.dəgre]

La consonne finale de cinq [k] se prononce quand il est l’élément d’une série. On fait, si nécessaire, la liaison avec le mot suivant.

  • Rendez-vous ici le 5 (cinq)◡avril ou le 5 mai prochain. [rãdevu.isi.lə.sẽkavril.u.lə.sẽk.mε.prɔʃε̃]
  • Sa fille est née le 5 (cinq)◡août. [sa.fij.ε.ne.lə.sẽkut]
  • Elle part le 5 (cinq)◡au matin. [εl.par.lə.sẽko.matẽ]

Quand il est pronom, cinq se prononce [sẽk]. Idem pour les nombres composés avec cinq.

  • J’en◡ai cinq. [ʒɑ̃.ne.sẽk]  
  • J’en◡ai cinq◡à faire. [ʒɑ̃.ne.sẽka.fεr]

Devant « pour cent » (%), le -q final de cinq se prononce quand il s’agit d’un chiffre.

  • Cinq pour cent (5 %) des◡électeurs sont contre. [sẽk.pur.sã.de.zelεktɶr.sɔ̃.kɔ̃tr]

Ce n’est plus le cas lorsqu’il s’agit d’un nombre se terminant par cinq.

  • Cinquante-cinq pour cent (55 %) des◡électeurs sont contre. [sẽkãtsẽ.pur.sã.de.zelεktɶr.sɔ̃.kɔ̃tr]
Cinq fauteuils en couleurs

Six (6) et dix (10)



On peut les prononcer différemment en fonction de leur emploi dans la phrase et le mot qui les suit. Devant un nom ou un adjectif commençant par une consonne ou par un h aspiré, la consonne finale -x est muette : [si][di].

  • Nos◡amis passent six jours◡en Grèce. [no.zami.pas.si.ʒurã.grεs]
  • Nous serons dix personnes à assister au concert. [nu.sərɔ̃.di.pɛrsɔn.a.asiste.o.kɔ̃sεr]

Lorsqu’ils sont suivis d’un nom ou d’un adjectif commençant par une voyelle ou par un h muet, alors la consonne finale -x se prononcera [z] : [siz] [diz].

  • Six◡oiseaux sur la branche. [sizwazo.syr.la.brɑ̃ʃ]
  • Dix◡oiseaux magnifiquement colorés. [dizwazo.maɲifikmɑ̃.kɔlɔre]

Quand ils sont employés comme élément d’une série, on prononcera [sis] et [dis].

  • Nous sommes six◡à table. [nu.sɔm.sisa.tabl]
  • Lis la page dix. [li.la.paʒ.dis]
  • Il m’en reste six◡à préparer. [il.mɑ̃.rεst.sisa.prepare]

Pour les dates, les prononciations sont [si] [di] et [siz] et [diz] devant un nom de mois commençant par une voyelle. Certains Français font une liaison en -s [sis] [dis].

  • Le 10◡août et le 6◡octobre. [lə.dizut.e.lə.dizɔktɔbr] et parfois [lə.disut.e.lə.disɔktɔbr]
  • Le 10 septembre et le 6 novembre. [lə.di.sεptɑ̃br.e.lə.si.nɔvɑ̃br]
  • Le 6◡avril et le 10◡avril. [lə.sizavrile.lə.dizavril] et parfois [lə.sisavrile.lə.disavril]

Quand six et dix sont des noms, la consonne finale -x se prononce [s].

  • Tu peux jouer ton six ou ton dix de cœur. (Jeu de cartes) [ty.pø.ʒwe.tɔ̃.sis.u.tɔ̃.dis.də.kœr]

En ce qui concerne les pourcentages, on ne prononce pas la consonne finale -x : [si][di].

  • 10 % (Dix pour cent) des ventes. [di.pur.sã.de.vɑ̃t]
  • 6 % (Six pour cent) des personnes interrogées. [si.pur.sã.de.pεrsɔn(z)ε̃terɔʒe]
Dix sujets en bois

Sept (7)



La consonne finale -t de sept se prononce toujours, tandis que le -p est muet : [sɛt].

  • Les sept jours de la semaine. [le.sεt.ʒur.də.la.s(ə)mεn]
  • Nous sommes un groupe de sept. [nu.sɔm.(z)œ̃.grup.də.sεt]
  • Nous sommes déjà le 7 novembre. [nu.sɔm.deʒa.lə.sεt.nɔvɑ̃br]
l’Everest, à plus de 7000 mètres d’altitude

Huit (8)



Quand huit précède un nom commençant par une consonne ou un h aspiré, on ne prononce pas le -t final : [ɥi].

  • Huit personnes sont◡entendues par le juge, ce matin. [ɥi.pεrsɔn.sɔ̃.tɑ̃tɑ̃dy.par.lə.ʒyʒ.sə.matẽ]
  • Huit jours sans bruit. [ɥi.ʒur.sɑ̃.brɥi]

On prononce le -t final de huit lorsqu’il est suivi d’un mot qui commence par une voyelle ou un h muet : [ɥit].

  • Huit◡ans d’un bonheur sans nuages. [ɥitɑ̃.də.bɔnœr.sɑ̃.nɥaʒ]
  • Huit◡hôtels seront construits en face de la plage. [ɥitotεl.sərɔ̃.kɔ̃strɥi.ɑ̃.fas.də.la.plaʒ]

Quand huit est l’élément d’une série, on prononce le -t final : [ɥit].

  • Le huit est mon chiffre préféré. [lə.ɥit.ε.mɔ̃.ʃifrə.prefere]

En ce qui concerne les dates, on prononce généralement [ɥi] quand huit est suivi d’une consonne et [ɥit] quand on fait une liaison avec un mois commençant par une voyelle.

  • Le 8 septembre et 8 avril [lə.ɥi.sɛptãbr.e.lə.ɥitavril]
    (Le -h de huit est toujours aspiré.)

Pour les pourcentages, huit se prononce généralement [ɥi].

  • 18 % des personnes interrogées sont satisfaites des résultats. [dizɥi.pur.sã.de.pεrsɔn(z)ε̃terɔʒe.sɔ̃.satisfεt.de.rezylta]
Huit sacs de céréales

Neuf (9)



Le chiffre neuf a la particularité de se prononcer [nœv] devant les mots « ans » et « heures ». Devant tous les autres mots commençant par une consonne, une voyelle ou par un h muet, il se prononce [nœf].

  • Tu as neuf◡ans. [ty.a.nœvã]
  • Sois prêt à neuf◡heures. [swa.prε.a.nœvœʀ]
  • Elle◡a neuf sœurs et frères. [εla.nœf.sœr.e.frεr]
  • Neuf◡avions sur dix sont restés au sol. [nœfavjɔ̃.syr.dis.sɔ̃.rεste.o.sɔl]
Bientôt 9 heures…

Vingt (20)



Le nombre vingt se prononce [vẽ] quand il est suivi d’un nom commençant par une consonne ou un h aspiré.

  • Quatre-vingts personnes dont vingt personnalités sont◡attendues sur scène. [katrəvẽ.pɛrsɔn.dɔ̃.vẽ.pɛrsɔnalite.sɔ̃.tatãdy.sur.sɛn]

Lorsque quatre-vingts est suivi d’un nom commençant par une voyelle ou un h muet, alors on fait une liaison en [z].

  • Il◡y a environ quatre-vingts◡erreurs dans le texte. [ilja.ãvirɔ̃.katrəvẽ.zɛrœr.dã.lə.tɛkst]

On fait la liaison quand vingt précède un mot commençant par une voyelle ou un h muet : on prononce uniquement le -t final [vẽt], le -g est muet.

  • Vingt◡ans, ça se fête ! [vẽtã.sa.sə.fɛt]
  • Vingt◡hélicoptères survolent la zone protégée. [vẽtelikɔptɛr.syrvɔl.la.zon.prɔteʒe]

On prononce le -t de vingt [vẽt] dans les nombres de 21 à 29.

  • 21 [vẽteœ̃], 22 [vε̃tdø], 23 [vε̃t trwa], 24 [vε̃tkatr], 25 [vε̃tsε̃k] … 29 [vε̃t nœf]

On ne doit pas prononcer le -t de vingt dans tous les nombres qu’il compose.

  • 85 [katrəvẽsẽk], 91 [katrəvẽɔ̃z] … 99 [katrəvẽdiznœf]
Tous les âges se fêtent, 1 an, 10 ans, 20 ans, 100 ans…

L’écriture des chiffres et des nombres



Les chiffres et les nombres se placent devant un nom pour indiquer une quantité précise. On fait la liaison, car ils sont étroitement attachés au nom qui les suit. Par conséquent, phonétiquement parlant, on doit entendre la liaison quand le nom commence par une voyelle ou par un muet.

  • Vingt◡euros – Cent◡euros – Quatre-vingts◡euros – Trois cents◡euros – Cinquante◡euros
  • Cinq doigts – Dix◡orteils – Un◡œil – Deux◡yeux – Deux◡oreilles
  • Douze kilos – Deux cents grammes – Mille cinq cent trente litres
  • Sept jours – Quatre trimestres – Trente◡ans – Six mois
  • Cent kilomètres – Mille mètres – Cinq mille quatre cent quarante◡hectares
  • Cinq mille cinq cents marches – Huit◡escaliers – Quatre◡ascenceurs

Quatre-vingts et cent s’accordent uniquement quand ils ne sont pas suivis d’un chiffre.

Deux cents◡erreurs – Quatre-vingts◡escargots
Deux cent dix◡élèves – Quatre-vingt-huit◡abeilles

Remarque : On doit placer un trait d’union entre les dizaines et les unités.

Deux yeux, deux oreilles…

Mille est toujours invariable



  • Mille◡ans

Devant mille, cent est invariable : Deux cent mille personnes

Entre mille cent (1100) et mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf (1999), on prononce soit en énonçant les milliers, soit en énonçant les centaines.

  • 1100 se prononce mille cents [milsã] ou onze cents [ɔ̃zsã].
  • 1968 se prononce mille neuf cent soixante-huit [milnœfsãswasãtɥi] ou dix-neuf cent soixante-huit  [diznœfsãswasãtɥi]
Des milliards de grains de sable

Il ne faut pas confondre les nombres avec les noms tels que dizaine, centaine, millier, million, milliard, qui s’accordent comme tous les noms.

  • Deux douzaines d’huîtres 
  • Trois centaines de pommiers
  • Cinq millions d’euros


Zéro est un nom, il prend donc un « s » quand il est précédé d’un déterminant pluriel.

  • Deux zéros après la virgule
  • Faire zéro faute
Le zéro est une bulle.

Les adjectifs numéraux ordinaux



Ils s’accordent en nombre et en genre.

  • Les premières places 
  • Les secondes classes
  • Les derniers◡instants

Mais les noms de nombre employés comme des adjectifs numéraux ordinaux sont invariables.

  • La page quatre cent, le numéro vingt

Remarques : les noms désignant les parties d’un entier s’accordent avec les déterminants qui les précèdent.

  • Deux moitiés [dø.mwatje]
  • Trois dixièmes [trwa.dizjεm]
  • Quatre quarts… [katrə.kar] [kat.kar]
Les premières places sont toujours plus chères.

Phonétique : [ɑ̃][ε̃][ɔ̃][œ̃]

Apprenez à bien différencier les quatre voyelles nasales en français grâce à la phonétique.

Un chaton
De « Allant » à « commun »

De « dent / dans » à « luttons »

De « marrant » à « raison »

De « rang » à « vont »

 [ɑ̃]  [ε̃][ɔ̃][œ̃] 
allant (aller)Alainallons (aller)alun
ambretimbreombrehumble
amantamont (en)
AndalousieIndonésie
Andes (Les)Indeonde
angleongle / oncle 
antérieurintérieur
attendre / entendre / étendreéteindre
bans / bancbainbon / bond
blanc blond
boucanbouquin
Bouthanbutinbouton
branchebronche
brinbrun
campagnecompagne
campeurQuimper
cantinecomptine
châtain chaton
commentCaumontcommun
dent / dansdon / dont
enduireinduire
enfant enfin
faonfin / faimfond / font (faire)
fendre feindrefondre
francfreinfront
gens / Jeangeint (geindre)joncjeun (à)
grandgrain
importantimportun
instantinstinct
langelingelonge (longer)
lanterne long terme 
lentlinlongl’un
liant lienlion / Lyon
lutinluttons (lutter)
marrantmarinmarron
mentmainmont
menthe / Mantes (La jolie)maintesmonte (monter)
MeulanmelonMelun
n’ennainnom
pan / paonpain / pinpont / pond (pondre)
paraventbar à vin
pendre peindre pondre 
penserpincerponcer
perdant pardon 
plan plomb
planteplainte
prise de sangprise de son
Provenceprovince
quand / qu’en / Caenqu’un
raisinraison
rangrein / Rhinrond
rancerince (rincer)ronce
sang / s’en / sanssein / saintson
savant savon
seize◡anssaison
t’en / tant / tempsteintton
tente / tante teintetonte
train tronc
ventvin / vainvont (aller)
Un bouquet de menthe fraîche

Phonétique : Novembre de Flaubert

Attention de bien prononcer le son [ə] que l’on trouve dans le mot « regarder ». Les e caduques (muets) ont été remplacés par une étoile *. Enfin, le signe ◡ indique qu’il faut faire une liaison ou un enchainement.

Extrait de Novembre de Gustave Flaubert

        J’aim* l’automn*, cett* trist[ə] saison va bien aux souv*nirs. Quand les◡arbr*s n’ont plus d[ə] feuill*s, quand l[ə] ciel conserv*◡encor*◡au crépuscul* la teint* rouss* qui dor* l’herb[ə] fané*, il est doux d[ə] r[ə]garder s’éteindr* tout c[ə] qui naguèr* brûlait encor*◡en vous.


        J[ə] viens d[ə] rentrer d[ə] ma prom*nad* dans les prairi*s vid*s, au bord des fossés froids où les saul*s s[ə] mir*nt ; l[ə] vent faisait siffler leurs branch*s dépouillé*s, quelqu[ə]fois il s[ə] taisait, et puis r[ə]commençait tout◡à coup ; alors les p[ə]tit*s feuill*s qui rest*nt◡attaché*s aux broussaill*s tremblai*nt d[ə] nouveau, l’herb[ə] frissonnait en s[ə] penchant sur terr*, tout semblait d[ə]v*nir plus pâl* et plus glacé ; à l’horizon l[ə] disqu[ə] du soleil s[ə] perdait dans la couleur blanch* du ciel, et l[ə] pénétrait alentour d’un peu d[ə] vi* expirant*. J’avais froid et presqu[ə] peur.


       J[ə] m[ə] suis mis◡à l’abri derrièr*◡un monticul* d[ə] gazon, l[ə] vent avait cessé. J[ə] n[ə] sais pourquoi, comm* j’étais là, assis par terr*, n[ə] pensant à rien et r[ə]gardant au loin la fumé* qui sortait des chaum*s, ma vi* entièr* s’est placé* d[ə]vant moi comm*◡un fantôme, et l’amer parfum des jours qui n[ə] sont plus m’est r[ə]v*nu avec l’odeur d[ə] l’herb[ə] séché* et des bois morts ; mes pauvr[ə]s◡anné*s ont r[ə]passé d[ə]vant moi, comm*◡emporté*s par l’hiver dans◡un* tourment* lamentabl* ; quelqu[ə] chos* d[ə] terribl* les roulait dans mon souv*nir, avec plus d[ə] furi* qu[ə] la bris* n[ə] faisait courir les feuill*s dans les sentiers paisibl*s ; un*◡ironi* étrang* les frôlait et les r[ə]tournait pour mon spectacl*, et puis tout*s s’envolai*nt ensembl* et s[ə] perdai*nt dans◡un ciel morn*.


        Ell*◡est trist*, la saison où nous somm*s : on dirait qu[ə] la vi* va s’en◡aller avec l[ə] soleil, l[ə] frisson vous court dans l[ə] cœur comm* sur la peau, tous les bruits s’éteign*nt, les horizons pâliss*nt, tout va dormir ou mourir. J[ə] voyais tantôt les vach*s rentrer, ell*s beuglai*nt en s[ə] tournant vers l[ə] couchant, l[ə] p[ə]tit garçon qui les chassait d[ə]vant lui avec◡un* ronc* gr[ə]lottait sous ses◡habits d[ə] toil*, ell*s glissai*nt sur la bou* en r[ə]descendant la côt*, et écrasai*nt quelqu[ə]s pomm*s resté*s dans l’herb*. L[ə] soleil j[ə]tait un dernier◡adieu derrièr* les collin*s confondu*s, les lumièr*s des maisons s’allumai*nt dans la vallé*, et la lun*, l’astr[ə] d[ə] la rosé*, l’astr[ə] des pleurs, commençait à s[ə] découvrir dans les nuag*s et à montrer sa pâl* figur*.


        J’ai savouré longu*ment ma vi* perdu* ; j[ə] m[ə] suis dit avec joi* qu[ə] ma jeunesse était passé*, car c’est◡une joi* d[ə] sentir l[ə] froid vous v[ə]nir◡au cœur, et d[ə] pouvoir dir*, l[ə] tâtant d[ə] la main comm*◡un foyer qui fum*◡encore : il n[ə] brûl* plus. J’ai r[ə]passé lent*ment dans tout*s les chos*s d[ə] ma vi*, idé*s, passions, jours d’emport[ə]ment, jours d[ə] deuil, batt*ments d’espoir, déchir*ments d’angoiss*. J’ai tout r[ə]vu, comm*◡un◡homm* qui visit* les catacomb*s et qui r[ə]gard* lent*ment, des deux côtés, des morts rangés après des morts. À compter les◡anné*s c[ə]pendant, il n’y◡a pas longtemps qu[ə] j[ə] suis né, mais j’ai à moi des souv*nirs nombreux dont j[ə] m[ə] sens accablé, comm* l[ə] sont les vieillards d[ə] tous les jours qu’ils◡ont vécus ; il m[ə] sembl* quelqu[ə]fois qu[ə] j’ai duré pendant des siècl*s et qu[ə] mon◡êtr* renferm* les débris d[ə] mill* existenc*s passé*s. Pourquoi c[ə]la ? Ai-j*◡aimé ? ai-j* haï ? ai-j* cherché quelqu[ə] chos* ? j’en dout*◡encor* ; j’ai vécu en d[ə]hors d[ə] tout mouv*ment, d[ə] tout*◡action, sans m[ə] r[ə]muer, ni pour la gloir*, ni pour l[ə] plaisir, ni pour la scienc*, ni pour l’argent.



Pour voir l’extrait d’origine, cliquez sur la page suivante :

Les phonèmes [s] et [z]

En phonétique articulatoire, on dit qu’une consonne est fricative (ou constrictive) lorsqu’elle obstrue le canal oral (produite par le resserrement de la bouche par exemple) sans qu’il y ait une fermeture complète de celle-ci.

Pour produire les sons [s] et [z], la langue se creuse un peu tout en se levant. La pointe de la langue (appelée aussi « apex ») se rapproche du palais dur (osseux) situé juste derrière les incisives supérieures, tandis que les bords latéraux de la langue « s’écrasent » contre les gencives de l’arcade dentaire supérieure. Le son passe comme un souffle par le canal qu’a formé la langue en se creusant.

On dit que le [z] est sonore, car les cordes vocales (et la langue aussi) vibrent. Ce n’est pas le cas pour le [s], on dit qu’il est sourd. Le [s] et le [z] sont des consonnes sifflantes qui se distinguent entre elles grâce à leur opposition sourde / sonore.

Il me semble tout à fait possible d’articuler ces deux sons avec l’apex (pointe de la langue) posé sur la base des incisives inférieures. A vous de trouver le bon accord… 🙂

On fait le son [s] … comme un serpent…

Le cassis (fruit) se prononce [kasis] , contrairement à la ville de Cassis [kasi] avec un -s muet à la fin.

Quand la lettre s :

tasse, cassis, Suisse, associé…

  • est doublée dans les mots (tasse, cassis, Suisse, associé…)
  • commence un mot (silence, sortir, savoir, serviette…)
  • se trouve entre une voyelle et une consonne (rester, asperge, histoire, susceptible…)
  • se trouve entre une consonne et une voyelle (verser, adversité, pacser, course…)
  • se trouve entre une voyelle nasale et une consonne (danse, réponse, insécurité, insensé…)
  • est sonore à la fin de certains mots (ours, plus (+), Reims, consensus…)

Quand la lettre c :

Indice, cédille, citron, Cyril…

  • est suivi des voyelle e, é, i, y (indice, cédille, citron, Cyril…)

Quand le c cédille – ç :

  • se trouve devant les voyelles a, o, u (garçon, façade, reçu, déçu…)

On fait le son [z] … comme un moustique…

Zéro, zébu, zèbre, douze…

Quand la lettre z :

  • se trouve dans un mot (zéro, zébu, zèbre, douze, trapèze…)
Un trapèze (géométrie)

et quand la lettre s :

  • se trouve entre deux voyelles (Isabelle, maison, isotherme, mayonnaise…)
  • marque une liaison entre un pronom personnel (nous, vous, ils, elles…) et un verbe commençant par une voyelle (nous‿appelons, vous‿épelez, ils‿adorent, elles‿utilisent)
Epeler [eple] : Nommer successivement les lettres composant un mot
  • marque une liaison entre un article au pluriel (les, des, nos, vos…) et un nom commençant par une voyelle ou un h muet (les‿enfants, des‿humains, nos‿habitudes, vos‿animaux…)


Entendez-vous la différence entre la consonne sourde [s] et la consonne sonore [z] ?

Assis, Asie… Cuisse, cuise…

Un bon exercice pour les hispanophones :

Son [s]Son [z]
Assis [asi]Asie [azi]
Cuisse [kɥis]Cuise [kɥiz] (verbe cuire)
Douce [dus]Douze [duz]
Elles s’adorent [εl sadɔr]Elles‿adorent [εl zadɔr]
Elles cèdent [εl sεd]
(verbe céder)
Elles‿aident [εl zεd]
(verbe aider)
Elles s’améliorent [εl sameljɔr]Elles‿améliorent [εl zameljɔr]
Elles s’arrêtent [εl sarεt]Elles‿arrêtent [εl zarεt]
Ils s’écoutent [il sekut]Ils‿écoutent [il zekut]
Ils s’écrivent [il sekriv]Ils‿écrivent [il zekriv]
Ils sont (être) [il sɔ̃]Ils‿ont (avoir) [il zɔ̃]
Ils s’organisent [il sɔrganiz]Ils‿organisent [il zɔrganiz]
Les sœurs [le sœr]Les‿heures [les zœr] 
Les soies [le swa]Les‿oies [les zwa]
Les cieux (pluriel de ciel) [le sjɶ]Les‿yeux [le zjø]
Nièce [njεs]Niaise [njεz]
Nous savons [nu savɔ̃]
(verbe savoir)
Nous‿avons [nu zavɔ̃]
(verbe avoir)
Cesse [sεs]Seize (16) [sεz]
Six cents (600) [si sɑ̃]Six‿ans [si zɑ̃]
Une sucette [yn sysεt]Suzette [suzεt]
Tresse [trεs]Treize (13) [trεz]
Baisser [bese]Un baiser [œ̃ beze]
Un coussin  [œ̃ kusε̃]Un cousin  [œ̃ kuzε̃]
Un dessert [œ̃ desεr]Un désert [œ̃ dezεr]
Un poisson [œ̃ pwasɔ̃]Un poison [œ̃ pwazɔ̃]
Un sauna [œ̃ sona]Un zona [œ̃ zona]
Un seau [œ̃ so]Un zoo [œ̃ zo]
Une Russe [yn rys]Une ruse [yn ryz]
Visser [vise]Viser [vize]
Vous centrez [vu sɑ̃tre]
(verbe centrer)
Vous‿entrez [vu zɑ̃tre]
(verbe entrer)
Vous saucez [vu sose]
(verbe saucer)
Vous‿osez [vu zoze]
(verbe oser)
Vous sautez [vu sote]
(verbe sauter)
Vous‿ôtez [vu zote]
(verbe ôter)

Pour aller plus loin…

Les deux O : [o] [ɔ]

[o] est un o fermé.

On dit qu’il est fermé, car la langue s’élève vers le palais. La bouche est ronde.

On le trouve généralement :

  • à la fin des mots


Un agneau

Fontainebleau [fɔ̃tεnblo]
Manteau [mɑ̃to]
Rideau [rido]
Météo [meteo]

Lot [lo]
L’eau [lo]
Bureau [byro]
Agneau [aɲo]

Anneau [ano]
Mot [mo]
Maux
(pluriel de mal) [mo]

  • quand il précède le son [z]


Un bouquet de roses roses…

Cause [koz]
Chose [ʃoz]
Hypnose [ipnoz]
Morose  [mɔroz]
Rose  [roz]

  • Lorsqu’un mot est orthographié avec un -ô


Côte [kot]
Hôtel [otεl]
Tôt [to]

Nôtre, vôtre [notr, votr]

La Côte d’Azur

[ɔ] est un o ouvert.

On dit qu’il est ouvert, car la langue reste en bas. La bouche est ronde.

On le trouve généralement :



  • devant le son [l]
Une colline verdoyante

Oligo-élément [ɔligɔelemɑ̃]
Olive [ɔlive]
Paul [pɔl]
Colline [kɔlin]

  • devant le son [r]

Orange [ɔrɑ̃ʒ]
Mort [mɔr]
Nord [nɔr]
Encore [ɑ̃kɔr]

  • et les consonnes doubles
Une pomme

Sonnerie [sɔnri]
Pomme [pɔm]
Comme [kɔm]
Gomme [gɔm]
Colle [kɔl]
Correct [kɔrεkt]

On différencie parfois les homophones :



Mode [mɔd]
Maud (Prénom) [mod]
Paul (Prénom)
[pɔl]
Paule (Prénom)
[pol]
Pôle (Nord/Sud) [pol]

Paume (de la main) [pom]
Pomme
[pɔm]
Rock [rɔk]
Roc [rɔk]
Rauque
[rok]

La paume de la main

Et aussi :



Aude (Département) [od]
Ode (Poème lyrique) [ɔd]
Beaune (Ville) [bon]
Bonne [bɔn]
Côme (Italie) [kom]
Comme [kɔm]

Causse [kos]
Cosse [kɔs]
Nôtre / Vôtre [notr / votr]

Notre / Votre [nɔtr / vɔtr]
Saône (Département) [son]
Sonne (verbe sonner) [sɔn]

La cosse enveloppe les petits pois.



Les locutions verbales – verbe faire (partie 1)

Beaucoup de locutions sont construites à partir d’un verbe suivi d’un ou de plusieurs mots. Certaines locutions verbales sont construites selon le schéma : Verbe + article défini ou indéfini + nom, tandis que d’autres se composent simplement d’un verbe + nom (sans article).

Ex. Faire route / Faire la route

Coucher de soleil sur une rue de Paris…

L’absence ou la présence d’un article dans une locution verbale utilisant le même verbe et le même nom a quelquefois une incidence sur le sens.

Pour reprendre mon exemple, Faire route / Faire la route sont deux locutions qui ont des significations complètement différentes. La première signifie « se diriger vers une destination » alors que la seconde veut dire « partir à l’aventure, en voyageant à pied ou en auto-stop et avec peu d’argent » ou « accompagner quelqu’un » (faire la route avec quelqu’un).

J’ai répertorié une cinquantaine de locutions verbales avec faire, mais la liste n’est pas exhaustive. En espérant qu’elle vous aidera à mieux comprendre les nuances qui font la richesse de notre langue.

Les locutions verbales avec « faire »

  • Faire abstraction (de)  [fɛr‿ap.strak.sjɔ̃] / Faire l’abstraction (de) est également possible sans changement du sens : ignorer, ne pas tenir compte de quelque chose.
  • Faire acte de candidature [fɛr‿ak.tə də kɑ̃.di.da.tyr] (Plus rarement, faire un acte de candidature) : présenter sa candidature.
  • Faire acte de présence [fɛr‿ak.tə də pre.zɑ̃s] : être présent sans vraiment participer à une activité commune. (Faire un acte de présence n’est pas vraiment reconnu, il vaut mieux rester sur la formulation d’origine).
  • Faire allusion (à) [fɛr‿a.ly.zjɔ̃] / Faire une allusion (à) est également possible sans changement du sens : mentionner quelque chose sans le nommer explicitement dans un écrit ou dans un discours. Sous-entendre quelque chose.
  • Faire amende honorable [fɛr‿a.mɑ̃.d‿ɔ.nɔ.rabl] (toujours sans article) : s’excuser, demander pardon.
  • Faire ami-ami (familier) [fɛr‿a.mi ami] (toujours sans article) : Se lier d’amitié, être de connivence.
  • Faire appel [fɛ.r‿a.pɛl] possède plusieurs sens : en droit, signifie refuser un jugement prononcé et demander un nouveau procès ; plus généralement, utiliser les services de quelqu’un ou de quelque chose. Cette locution verbale n’a rien en commun avec cette autre location verbale : Faire l’appel qui consiste à lire à haute voix une liste de noms.
  • Faire attention (à) [fɛ.r‿a.tɑ̃.sjɔ̃] (toujours sans article) : prendre garde, agir avec prudence.
  • Faire bonne chère [fɛ.r‿bɔn ʃεr] (toujours sans article) : manger avec grand appétit.
  • Faire bonne figure [fɛ.r‿bɔn ʃigyr] (toujours sans article) : se montrer à son avantage, faire bonne impression.
  • Faire chou blanc [fɛʁ ʃu blɑ̃] (toujours sans article) : échouer.
  • Faire confiance (à) [fɛr kɔ̃.fjɑ̃s] (toujours sans article) : Se fier, croire quelqu’un ou quelque chose.
  • Faire connaissance (de)[fɛr kɔ.nɛ.sɑ̃s] / « Faire la connaissance de » est une variante. Les deux signifient : entrer en relation avec quelqu’un.
  • Faire corps [fɛr kɔr] (toujours sans article) : s’unir pour ne faire qu’une seule chose.
  • Faire date [fɛr dat] (toujours sans article) : marquer un changement très important.
  • Faire demi-tour [fɛr də.mi.tur] a plusieurs sens. Le premier, repartir dans le sens opposé ; le second au sens figuré, changer d’avis. Faire un demi-tour est une variante, mais ne s’emploie qu’au sens propre du rebroussement de chemin.
  • Faire diligence (vocabulaire soutenu) [fɛr di.li.ʒɑ̃s] : agir rapidement et efficacement. On peut rencontrer aussi l’expression « faire une diligence » sans que ça ne change le sens.
  • Faire droit [fɛr drwa] (toujours sans article) : donner suite avec bienveillance.
  • Faire écho [fɛr‿eko] : accueillir favorablement qq chose et le répéter. Locution variante « Se faire l’écho de » qui signifie la même chose.
  • Faire effet [fɛr‿efɛ] ou faire un effet … dans le sens « produire un résultat. Variantes : faire beaucoup/peu d’effet.
  • Faire état [fɛr‿eta] : manifester un intérêt pour quelque chose. A ne pas confondre avec « faire un état des lieux » qui signifie dresser un inventaire.
  • Faire exprès [fɛ.r‿ɛks.prɛ] (toujours sans article) : faire de manière intentionnée.
  • Faire face [fɛr fas] (toujours sans article) a au moins trois sens : être en vis-a-vis ; s’opposer à quelque chose ; affronter et assumer ses responsabilités.
  • Faire faux bond [fɛr fo bɔ̃] (toujours sans article) : manquer à un engagement auprès de quelqu’un.
  • Faire feu [fɛr fø] : tirer avec une arme. A ne pas confondre avec « faire un feu » qui signifie « allumer un feu ».
  • Faire fi [fɛr fi] (de) (toujours sans article) : mépriser, ne pas tenir compte.
  • Faire foi [fɛr fwa] (toujours sans article) : servir de preuve ; attester en tant qu’élément de référence.
  • Faire fureur [fɛr fy.rœr] (toujours sans article) : être en vogue, à la mode, attiser la curiosité du grand public.
  • Faire grass mat [fɛr gras mat] / deux variantes possibles : faire la grasse matinée et faire une grasse matinée. Prolonger son cycle de sommeil, paresser au lit.
  • Faire grief [fɛr ɡri.jɛf] : contester quelque chose (droit) ou en vouloir à quelqu’un pour quelque chose qui a ou n’a pas été fait. Locution variante « Faire un grief » signifie contester quelque chose par plainte contre une personne.
  • Faire grise mine [fɛr ɡriz min] : ne s’utilise qu’au sens figuré ; avoir une attitude négative, triste, froide ou contrariée.
  • Faire halte fɛr ‘alt] / faire une halte : s’arrêter quelque part.
  • Faire honneur [fɛr ɔ.nœʁ] (à): garantir la bonne réputation de quelqu’un ou de quelque chose auxquels on est lié. La variante « faire l’honneur (de) » est synonyme de « montrer du respect » ou « faire honneur à quelqu’un ».
  • Faire irruption [fɛ.r‿i.ryp.sjɔ̃] / Faire une irruption : entrer, arriver quelque part sans prévenir et de façon brusque.
  • Faire main basse (sur) [fɛr mε̃ bas] / faire la/une main basse sur : s’emparer de quelque chose. Critiquer.
  • Faire montre [fɛr mɔ̃.trə də] (toujours sans article) : faire preuve, afficher, étaler (expression soutenus).
  • Faire mouche [fɛr muʃ] (toujours sans article) : toucher en plein cœur/centre d’une cible. Atteindre son objectif.
  • Faire naufrage [fɛr nofraʒ] (généralement sans article) : couler à pic ; échouer (sens figuré).
  • Faire obstacle (à) [fɛr ɔp.stakl] (généralement sans article) : s’opposer à quelqu’un ou quelque chose.
  • Faire obstruction [fɛ.r‿ɔp.stryk.sjɔ̃] (généralement sans article) : s’opposer par des manœuvres à la réalisation d’un projet.  
  • Faire office de [fɛ.r‿ɔfis də] (généralement sans article) remplacer, jouer un rôle.
  • Faire opposition [fɛ.r‿ɔ.po.zi.sjɔ̃] / faire l’opposition : déclarer la perte d’une carte bancaire ou d’un chéquier et s’opposer à leur usage (banque) ; s’opposer à quelque chose / faire une opposition
  • Faire part [fɛr par] (toujours sans article) : communiquer une information ; faire participer quelqu’un à quelque chose.
  • Faire partie [fɛr parti] (toujours sans article) : appartenir.
  • Faire peur [fɛr pœr] / « faire une peur bleue » est une variante : effrayer.
  • Faire preuve [fɛr pœv] (toujours sans article) : démontrer quelque chose, se faire reconnaître pour un talent.
  • Faire rage [fɛr raʒ] (toujours sans article) : se déchainer avec violence.
  • Faire route [fɛr rut] : se diriger vers une destination. La variante « Faire la route » exprime l’idée de partir à l’aventure, en voyageant à pied ou en auto-stop » ou « accompagner quelqu’un » (faire la route avec quelqu’un). Une autre variante existe : « Faire de la route » et signifie « faire des kilomètres ».
  • Faire sien [fɛr sjε̃] (toujours sans article) : s’approprier quelque chose.
  • Faire table rase [fɛr tablə raz] (toujours sans article) : repartir sur de nouvelles bases en ne tenant pas compte de ce qui a déjà été entrepris.
  • Faire trempette [fɛr trɑ̃pεt] (toujours sans article) : se baigner.
  • Faire usage [fɛr tablə raz] / faire bon/mauvais usage : utiliser quelque chose de la meilleure ou de la pire façon qui soit.
  • Faire volte-face [fɛr vɔltə fas] : pivoter, se retourner pour faire face.

Que [kə] / que de [kə.də]

Pour exprimer une comparaison entre deux actions, on emploie la conjonction « que » [KƏ] (ou qu’ devant une voyelle ou un h muet). Les formulations sont introduites par des verbes d’appréciation, comme préférer, valoir mieux… suivi de « que » ou de « plutôt que ».

Exemples :

– Il vaut mieux apprendre tard que rester dans l’ignorance.
Mieux vaut marcher sans savoir où aller que rester assis sans rien faire.
– Je préfère aller au bureau plutôt que rester chez moi.
– Cet agriculteur a préféré donner ses tomates plutôt que les jeter.
– Je préfère qu’elle se dépense au judo plutôt que la voir tourner en rond dans mon salon et s’ennuyer.

Lorsque « que » est suivi d’un verbe à l’infinitif, il est possible d’insérer la préposition « de » entre « que » et le verbe à l’infinitif. C’est facultatif mais beaucoup de Français l’utilisent, ne soyez pas étonné de l’entendre souvent.

Exemples :

– Je préfère marcher dans la nature plutôt que de courir sur un tapis en salle (de sport).
– Il vaut mieux sortir plutôt que de rester ici à se tourner les pouces.
– Mon enfant préfère aller nager que d’aller à l’école.

Il y a beaucoup d’occasions où il vaut mieux se taire que de parler.
Jaimerais mieux mourir que de faire une si mauvaise action.

Attention, toutefois, de ne pas oublier la conjonction « que », car cela pourrait changer complètement le sens de la phrase !

Exemple :

– Affronter une situation délicate, c’est mieux que de fuir. Affronter une situation délicate, c’est mieux de fuir.

Formes irrégulières du verbe faire

Faire [fεr] au présent de l’indicatif

Il existe des formes irrégulières au présent de l’indicatif, mais aussi à l’imparfait… Ecoutez :

Faire… je fais… tu fais…

– Je fais [ʒə.fε]
– Tu fais [ty.fε]
– Elle/il/on fait [εl/il/ɔ̃.fε]
– Nous faisons [nu.fəzɔ̃]
– Vous faites [vu.fεt]
– Elles/ils font [εl/il.fɔ̃]

Faire [fεr] à l’imparfait

– Je faisais [ʒə.fəzε]
– Tu faisais [ty.fəzε]
– Elle/il/on faisait [εl/il/ɔ̃.fəzε]
– Nous faisions [nu.fəzjɔ̃]
– Vous faisiez [vu.fəzje]
– Elles/ils faisaient [εl/il.fəzε]

A noter : « En faisant » se prononce [ɑ̃fəzɑ̃]

L’alternance phonétique (Partie 2)

L’alternance phonétique [ə] et [ε] ne concerne pas que les verbes du premier groupe. On la retrouve également dans les noms et adjectifs de la même famille ainsi que dans les apocopes (abréviations)…

Rappel : c = consonne ; v = voyelle



Adjectifs et noms avec [ə] : əcv

Chancelier [ʃɑ̃səlje]
Chandelier [ʃɑ̃dəlje]
Chapelet [ʃap(ə)lε]
Écervelé [esεrvəle]
Échelon [eʃ(ə)lɔ̃]
Hôtelier [otəlje]
Lunetier [lyn(ə)tje]
Mamelon [mam(ə)lɔ̃]
Vaisselier [vεsəlje]

Noms avec [ε] : εc

Chancellerie [ʃɑ̃sεlri]
Chandelle [ʃɑ̃dεl]
Chapelle [ʃɑpεl]
Cervelle [sεrvεl]
Échelle [eʃεl]
Hôtel [otεl]
Lunette [lynεt]
Mamelle [mamεl]
Vaisselle  [vεsεl]

Apocopes (Abréviations)

Bénéfice [benefis] => bénef  [benεf]
Ex. C’est tout bénef ! (c’est toujours ça de pris /il n’y a pas de petit profit)
Premier [prəmje] => prem’s [prεms]
Il existe une autre variante : prems \pʁœms\

Prononcer correctement le français grâce à la phonétique !